|
TREK OUEST NÉPAL Livre de bord de Dany.
30 jours prévus à partir du 25 juillet 2010 (Permis spécial pour Humla du 3 au 9 août, et Dolpa du 22 Août au 4 Septembre
Dany, Gopal : guide and Bira : porteur local.
RÉCIT 1/3 Trek Ouest du Népal
J 1 25/07 Pokhara – Nepalgung Bus local pour Nepalgung, 14 h. A Nepalgung, c’est la chaleur torride... Les mecs vont acheter le nécessaire de portage (un panier), et le réchaud à kérosène, seule possibilité pour cuisiner.
J 2 26/07 Nepalgung – Rakum Bus « local » (bonjour le confort…) pour Surket à 6 h du mat, puis changement pour Rakum. La qualité se dégrade au fur et à mesure qu’on s’enfonce dans le pays. Le terminus est Manman, mais le bus ne peut aller plus loin car la route est coupée par les glissements de terrain. Au passage, j’apprécie les prouesses du chauffeur, et l’expérience qu’il a du acquérir pour nous conduire sans encombre au milieu des glissements de terrain et de l’eau sur la route… Un pro ! Arrivée à Rakum vers 16 h. Gopal descend rapidement du bus pour les derniers achats. Quand moi je descend, je suis immédiatement entourée d’une vingtaine d’hommes (je les ai comptés…) qui me dévisagent de la tête aux pieds.
Ils n’ont jamais vu de blancs, et je comprends que c’est la 1ère mais pas la dernière fois que je risque d’attirer les regards. Rapidement, on commence à marcher, à la recherche d’un lieu pour poser les tentes. Quasi immédiatement, le ciel ouvre grand ses vannes et nous tombe sur la tête. En quelques minutes, nous sommes complètement trempés. Les garçons ont l’air de s’en fiche, mais j’ai horreur d’être mouillée. Eux, ils s’abritent sous des plastiques par dessus leur tête… Moi, j’ai ma veste de Goretex qui finit par être mouillée à l’intérieur, et je rajoute la cape de pluie… La pluie dégringole en cataractes sur la route, la coupant totalement, et il faut courir car des pierres tombent depuis les glissements de terrain.
Il faut traverser des passages où j’ai de l’eau jusque par dessus les chevilles et donc par-dessus mes chaussures qui se remplissent immédiatement… Je grommelle : on m’avait dit mousson peu active… Après une heure et demi de marche, je suggère qu’on trouve un toit pour la nuit. Je ne me vois pas monter les tentes (d’abord la terre est détrempée et pas plane, de plus le contexte est dangereux). Seule possibilité, un hôtel très local plus que miteux (si pas vu, pas imaginable pour un français), où l’on arrive dans une cave, 1,60 m de plafond, sol crasseux, une mini lucarne donnant dehors et une porte bancale. Mais on est content, il n’y pleut pas, on peut se changer, et on m’apporte même un sommier que je prends pour une table (une planche avec 4 pieds. Je commence à me gratter… Bref, après avoir mangé, dodo moi sur la planche, les gars sur des plastiques par terre. Le lendemain matin, je découvre plus ‘une cinquantaine de piqûres à la taille et sur le ventre… Le prix d’être au sec… Tout ça est un drôle de début…
J 3 27/07 Rakum – Nangam Départ à 6 h 15 sous un petit crachin. Évidemment, rien n’a séché cette nuit... Toujours de nombreux glissements de terrain qui coupent la route, à franchir, plus l’eau qui fait de même. Route boueuse et très glissante. Mes chaussures de marche étant comme des éponges mouillées, j’ai décidé de faire comme les garçons, marcher en tongs. Au moins, elles ne seront pas plus mouillées. Et aussi, retirer le dernier étage de mon pantalon de trek. Ca évite qu’il soit boueux et trempé - au moins les jambes sèchent plus vite… Arrêt dans un hôtel local, cahute le plus souvent en terre ou en pierre, cuisine au feu de bois dehors sous un auvent et principale ressource, les « noodle soup », trucs précuits comme des gros vermicelles avec sachets d’assaisonnement très hot inclus (dont je me passe)… Le ciel à nouveau s’ouvre et les cataractes recommencent.
On avance quand même, pas le choix. Début d’un long « pas le choix »…
On arrive enfin au pied de Manman, là où le bus aurait dû nous laisser. Village sordide, noir, dont une partie a été détruite par un glissement de terrain, toujours en suspend au-dessus. Mais les gens continuent à vivre là comme si de rien était. Traversée pour la 1ère fois de la Karnali River, sur un pont suspendu de plus de 60 m mini La rivière est quasi aussi large, limoneuse, bouillonnante, très rapide, impressionnante… Le sentier (on quitte la route) monte sur la droite le long d’une falaise presque verticale, boueux à souhait, et continue jusqu’à une quarantaine de mètres au-dessus. On suit un groupe de népalais qui marchent bon train. Bira fonce… Moi, avec mes tongs, trempées, je fais lanterne, Gopal jamais loin devant moi. Heureusement car au moment où le sentier culmine, il penche très dangereusement vers la rivière, et je m’arrête. Certes, les autres sont passés, mais je n’ai pas envie de faire le plongeon, avec mes tongs qui glissent (et une belle coupure là où le plastique passe entre les orteils). Mais Gopal me tend la main, je mets mes pas dans ses pas, et tout se passe bien. Pas eu le temps d’avoir peur avant, et après, je continue d’avancer… Bonne stratégie, passer d’abord en faisant confiance à mon guide et avoir peur ensuite !
On commence à remonter la Karnali River, et je n’ai aucune idée de combien ça va être épuisant et difficile. J’ai cette coupure entre les orteils à cause de mes tongs, les glissements de terrain se multiplient et c’est chaque fois acrobatique à traverser. Le sentier flirte avec les surplombs au dessus de la rivière en marches incroyables ou sentiers très étroits. Vigilance de chaque instant, avec la pluie en prime… je voulais des défis, merci...
Finalement, vers 16 h se présente un terrain plat où pousse en abondance de la… marijuana (c’est le chiendent local), et donc sans vergogne nous la piétinons, en faisant un sol plus confortable sous les tentes... On monte donc les tentes, et Gopal se met à cuire le dhal bhat, plat national biquotidien : du riz et une soupe de lentilles, parfois agrémenté d’un curry de légumes disponibles, bien pimenté… Des gamins arrivent et font cercle pour voir l’événement local, dont je suis la principale attraction bien sûr…
Et pour la 1ère fois, mes problèmes intestinaux commencent. Depuis le thé poivré à Rakum hier avant de partir, je me sentais barbouillée…
La pluie qui s’était calmée repart de plus belle, et n’hésite pas à rentrer dans ma tente pendant la nuit sans invitation…
Aujourd’hui, pour la 1ère fois, Gopal m’a dit que j’étais faible, que je ne marchais pas comme dans l’Everest, qu’on n’avançait pas assez vite. Je suis restée sidérée. Comment peut-il imaginer que je marche de la même manière quand la température est entre 0 et 20°C par temps sec, que l’on dort dans des tea-houses (gîtes améliorés moyennement confortables - mais bien plus que la tente sous la pluie et la cuisine au kérosène) et que l’on marche sur de beaux sentiers, et quand il fait jusqu’à plus de 36°C sous la pluie, sur des sentiers pourris, boueux et glissants, acrobatiques qui n’arrêtent pas de monter et descendre, que les nuits sont difficiles car j’ai dû écoper la nuit dernière, et la bouffe est immangeables (l’odeur du kérosène imprègne les aliments) !!!
Alors qu’en France on hésite à marcher aux heures chaudes, ici on marche 10 h par jour et l’eau st imbuvable, par moi en tout cas. Mmmm, délicieux, l’eau au kérosène ! Ca donne envie de décoller !!! Je me sens un peu en colère, car je donne le max, et suis plutôt contente de la manière dont j’y arrive dans de telles circonstances, avec ma haine d’être mouillée…
Puis je réalise que son corps à lui fonctionne dans les 2 types de circonstances, et qu’il n’a sans doute pas pensé qu’il puisse en être autrement pour moi, compte tenu de mes « performances » dans l’Everest… On marche – et allons marcher – environ 9 à10 h par jour, parfois plus comme dans l’Everest, mais il est clair que la distance parcourue ne sera pas la même. De plus, tous les handicaps sont réunis avec la pluie violente, les glissements de terrain, les rivières qui débordent, la boue ou les cailloux qui roulent sous les pieds…
Alors Gopal commence à se faire du souci pour son emploi du temps très audacieux, ne tenant pas compte de la mousson, des intempéries, de la chaleur et des problèmes de terrain… On doit être le 3 à Simikot, et c’est mal barré…
J 4 28/07
Namgam – Tatabogar Départ vers 7 h. La pluie s’est arrêtée au petit matin, et le soleil montre le bout de son nez. La Karnali River est marron gris, tumultueuse, rapide comme un torrent bien que la pente soit faible, et large parfois de 40 à50 m ou plus. Le sentier passe d’une rive à l’autre par des ponts suspendus plus ou moins en bon état. Les sentiers sont vertigineux, toujours à flanc de « colline » (s’applique à tout ce qui est en dessous de 5500 m en gros, le vocable montagne étant réservé à… ce qui est digne de ce nom !), ne montant que pour mieux redescendre, la descente étant encore plus difficile que la montée, car si celle-ci est parfois très pentue, la descente risque souvent de se transformer en glissade douloureuse et dangereuse, la rivière attendant en bas son tribut. Je commence à trouver cela un peu risqué, parfois très risqué, et je me confie à mon « ange gardien ». En cas de pépin, pas d’aide possible, la rivière est trop encaissée pour qu’un hélicoptère puisse hélitreuiller, encore moins se poser, pas de téléphone. Seule sortie possible : à dos d’homme. Pas réjouissant… Pas de porte de sortie dans cette aventure. Seule la marche arrière, mais c’est déjà trop tard…
A la fin de la journée on a monté de … 10 m environ, alors qu’en fait, on a bien dû monter 5 à 800 m et descendre autant…
Aujourd’hui, le soleil tape très fort (36,3°C sur la montre de Gopal), je transpire abondamment – ce qui est très rare pour moi, et je crève de soif. Mon eau au kérosène me donne la nausée et je n’ose toucher à l’eau des robinets locaux. Je suppute que ça va devenir un problème majeur…
On s’arrête vers 16h30. Je suis crevée et je n’ai pas faim. Heureusement, Bira a trouvé des pommes et je vais en faire mon dîner.
Les tentes sont à nouveau dans la marijuana qui se transforme, outre en matelas, en balai, éponge ou plus prosaïquement pour se dissimuler pour faire pipi !
J 5 – 29/07
Tatabogar – Sapatay Pluie pendant la nuit. Je dois écoper et couvrir mon sac avec ma cape de pluie. Je commence à prendre l’habitude et me réveille dès les premiers bruits de gouttes sur la tente, à l’affût de l’endroit d’où ça va fuir… Ca dépend du vent, de sa force…
Départ vers 7 h. Il fait rapidement très chaud et je re-transpire (je ne suis pas la seule… Les mecs dégoulinent…). Et puis, je ne trouve pas que mon corps soit faible (Gopal insiste et me casse les pieds). Je trouve même qu’il se débrouille très bien dans les circonstances de température, pluie et sentiers locaux étroits et plein d’embûches que souvent Gopal – longues jambes - doit m’aider à franchir (courte sur pattes !).… On remonte toujours la Karnali River, et je comprends qu’on en a pour un moment au rythme où l’on va. Les sentiers deviennent de plus en plus étroits (certains sont bloqués par des glissements de terrain impossibles à traverser, donc il faut trouver d’autres chemins), toujours en surplomb ou très haut au-dessus de la rivière, de plus en plus étroits au fil de la journée. Tout est hyper pentu et on se demande comment les sentiers sont là… Pas de place pour planter une tente, et pas d’eau, indispensable pour la cuisine. Alors on avance, encore, encore, et encore malgré la fatigue croissante. Pas d’autre choix… Le sentier est tellement critique que plusieurs fois Gopal me demande de m’arrêter et de l’attendre. Il va devant poser son sac à dos et revient me chercher, me tient fermement la main et m’indique où poser mes pieds. Je suis de plus en plus épuisée. A nouveau, il me dit de ne pas bouger et de l’attendre, et part devant poser son sac. J’obéis, trop naze pour avoir envie de désobéir quand il s’agit de ma sécurité, mais une fraction de seconde après, sans que je fasse quoique ce soit, je suis en train de débouler vers la rivière. Le temps s’étire. J’ai le temps de penser : « Jusqu’où je vais aller ? », puis j’entends Gopal, “I’m coming Mom”, puis je sens que je dois faire quelque chose et j’écarte mes bras et mes jambes, ce qui me freine, et finalement m’arrête entre deux monticules. Gopal est déjà là, Bira sur ses talons. Il veut me relever. Non, attends. Je vérifie mes jambes, mes bras, ma tête, mon dos, tout à l’air de marcher. Je commence à me lever avec leur aide. Bira prend mon sac à dos, et Gopal me fait monter sur son dos et me remonte sur le sentier, toujours aussi étroit. Je m’affale. Je suis en état de choc. “Je suis vivante, je suis VIVANTE, et rien de cassé” sont mes premiers mots. J’ai de l’alcool de menthe dans mon sac, de l’arnica. Gopal récupère tout ça et me le donne. Je demande un peu de temps avant de repartir car il n’y a pas d’autre issue. J’ai des écorchures partout sur les jambes, les mains dont une particulièrement sur la main droite. Quand je me sens mieux, on s’organise. Bira va filer devant (il marche très vite malgré sa charge et ces sentiers sont son quotidien depuis qu’il est petit) pour trouver emplacement pour tentes avec eau et reviendra au devant de nous. Gopal prend mon sac en plus du sien (qui est le mien en fait) me cramponne la main, et j’utilise mon bâton de l’autre. Tout de suite, je sens qu’il y a un problème au genou, tordu apparemment, et très douloureux. Heureusement, j’ai le bâton…
Je ne sais pas comment j’y arrive, mais on marche encore une heure encore avant de revoir Bira qui apporte la bonne nouvelle d’un campement possible et de l’eau à un quart d’heure de celui-ci.
Arrivés, les garçons montent ma tente et je m’écroule dedans, masse mon genou avec du « baume du tigre », remède miracle chinois qu’on trouve partout ici. Je me bourre d’arnica pour éviter que ça enfle (je ne sais où exactement le genou est touché). J’annonce que demain on ne repart pas, j’ai besoin de faire le point sur mon état.
Je m’endors choquée, dans un drôle d’état avec le sentiment qu’il s’en est fallu de peu... Que s’est-il passé ? Seule explication logique : la terre a cédé sous mon pied, micro glissement de terrain… Ouf, je suis là...
J 6 30/07
Sapatay – Rest day (1000 m) Nuit difficile car mon genou est très douloureux et de plus il pleut toute la nuit, y compris dans la tente. Bien que la technique de montage ait été améliorée, ce n’est pas encore parfait et je surveille dès que j’entends la pluie.
Je sens combien j’ai besoin de me reposer, physiquement et émotionnellement. J’ai à digérer cet incident qui aurait pu être grave.
Gopal m’apporte le thé dans la tente (comme d’hab) et le porridge au kérosène dont je n’ai pas envie, mais je me force.
Il n’y a plus de riz (acheté au fil des villages puisque c’est leur nourriture de base, la mienne étant plutôt axée pommes de terre, les deux seules ressources locales hormis les noodle soup). Donc Bira part à la recherche de riz dans un village tout en haut de la colline. Il a un beau glissement de terrain à traverser et je le surveille avec les jumelles. Mais pas d’inquiétude, il sait faire en courant avec aisance…
A peine est-il parti avec Gopal qui l’a accompagné un bout pour s’assurer de la sécurité du chemin, que déboule une dizaine d’hommes locaux (pas génial à voir) qui s’installent à coté de moi. Ils ne sont pas méchants mais curieux. Je suis polie mais trèèès distante et ai hâte que Gopal revienne. Ils parlent, fument avec une énorme pipe leur tabac local qui pue et comme tout bon népalais, crachent abondamment. Lorsque Gopal est de retour, je lui demande de leur dire de partir, mais il me répond qu’ils sont chez eux sur leur territoire et moi pas, et que « ça ne se fait pas ». Je suis très fatiguée, mon genou est douloureux et je me sens devenir nerveuse. Je leur demande en anglais de partir, je râle en français, ça me soulage. Ils essaient de s’approcher de moi, la bête curieuse, mais là, je commence à faire de grands gestes pour les chasser et ils finissent par prendre qq mètres de distance. Quand Bira revient 2 h après environ, ils sont toujours là. Je me déplace avec difficulté et ils observent. Gopal fait à manger, puis j’ai envie de me reposer. La tente est une étuve. Je boitille jusqu’à un rocher un peu plus éloigné d’où je les entends moins (ils parlent très fort) et je finis par somnoler. Quand j’émerge, ils sont partis. Ouf, quel soulagement !!!
Je décide de m’occuper de mon genou, de le masser à nouveau. Je suis pieds nus dans l’herbe, et soudain je vois un insecte piquer mon pied droit juste en avant de la malléole intérieure. Ca démange immédiatement. Je sens que je ne dois pas gratter, mais c’est dur…
Je m’exerce à marcher. Demain, il faut repartir. Mes prouesses avec bâton s’améliorent doucement au cours de l’après midi. Je devrais y arriver.
Je suis avec les gars tandis qu’ils préparent le dîner, assise sur un gros rocher sur lequel ils ont disposé les trucs de cuisine. Ce soir, Gopal me fait un curry de légumes plus un chapati (sorte de crêpe) avec une sorte de nutella… c’est Byzance !
Je note à quel point leur relation est harmonieuse. Gopal est « dhai » (le grand frère) et Bira (« bhai », le petit frère), et tout coule entre eux. Bira est toujours de bonne humeur, chante, est toujours prêt à rendre service. Il ne parle que quelques mots d'anglais, mais plusieurs fois par jour, il vient me voir et me dit avec son immense sourire « I’m happy, Mom, very happy !’ » Et je le crois !!! Je suis heureuse aussi malgré ma chute et ma fatigue, et ne donnerais pas ma place…
Puis Gopal et Bira font un feu pour brûler les ordures. Doucement, Bira transforme le feu d’ordures en feu de bois, mini certes, mais nous terminons la soirée paisiblement avec ce petit feu sympa.
Coucher très tôt. J’espère que mon genou sera OK demain matin. Je l’ai massé autant que j’ai pu, ai avalé les médicaments adéquats… Cela n’a pas enflé... Alors j’ai confiance.
Une seule chose me tracasse. Aujourd’hui, Gopal s’est informé du meilleur chemin pour continuer de remonter la rivière. Du coté où nous sommes, il y a de l’avis général de nombreux glissements de terrain, l’autre coté est plus facile. Il y a bien un pont pour traverser, mais dans un état lamentable. Gopal après avoir été voir dit que ça passera, moi je dis NON. Je ne « sens » pas ce pont, et les images qui me viennent sont celles de quelqu’un qui tombe du pont et disparaît dans la rivière. Un peu de mal à dormir avec ça…
J 7 31/07
Sapatay – Way (700 m) Lever 5 h 30, départ 6 h. On ne peut pas dire que mon genou va mieux, je marche difficilement ce qui nous ralentit, mais on fait avec...
Gopal a toujours l’idée de traverser le pont, et je lui dis que je ne suis pas d’accord. Le pont n’a aucun grillage de sécurité sur les cotés, les planches sont pourries ou absentes et ils penche dangereusement. Il décide de faire un essai, et je n’ai plus qu’à brûler virtuellement un cierge. Le pont est délabré, et ce qui coule en dessous n’a rien d’attractif. Il avance lentement, revient, va un peu plus loin, et finalement déclare que c’est trop dangereux là où ça penche, on pourrait facilement glisser… Bravo… Je suis vraiment soulagée, de toutes façons j’étais décidée à ne pas y aller. Une chute ça me suffit.
Étroit sentier très difficile, beaucoup de glissements de terrain comme annoncé… A un moment, nous sommes arrêtés par un petit ravin d’une dizaine de mètres de haut. Comme un V, avec de la boue au fond et sur les parois, et la lettre V représente bien la pente de ces parois. Le sentier arrive aux ¾ de la hauteur, et je ne vois pas comment on va franchir ça, surtout avec le panier de Bira. (J’ai oublié de préciser que les porteurs accumulent leur charge dans un immense panier en osier en forme de tronc de cône, qu’ils portent au moyen d’une sangle sur leur tête. Le poids peut aller jusqu’à 50kgs.) Gopal réfléchit. Quelques minutes après, Bira et lui s’affairent à passer une corde en haut du panier, puis Gopal grimpe en haut de la ravine, Bira descend dans la boue et Gopal fait descendre le panier avec la corde,Bira réceptionnant en bas. Astucieux. Mais moi, là dedans ? Où est le problème ? Gopal m’a déjà tendu la main, avance en sécurisant ses pas en tassant la boue, et je n’ai plus qu’à mettre mes pieds dans ses empreintes, ce qui est relativement stable si on ne s’éternise pas... On arrive en bas, mais il faut remonter, et c’est vraiment pentu et glissant. Gopal se débrouille pour grimper, puis avec mon bâton comme relais, me tire en haut. Où est le problème ??? Facile, même avec un genou en mauvais état…
Plus loin, un affluent de la Karnali River est devenu obèse et ne tient plus dans son lit. On était censé passer à gué. Bira est déjà dans l’eau jusqu’au haut des cuisses. Là, je coince complètement. Ca me rappelle la fois où en Guadeloupe, j’ai failli y rester. Là rivière où nous trempions paresseusement dans de l’eau à 38° a brutalement monté, il fallait la traverser plusieurs fois pour retrouver le chemin, et en passant entre 2 gros rochers, mes pieds ont été basculés en avant, et j’ai commencé à partir. Je dois la vie au guadeloupéen qui traversait devant moi et qui m’a attrapé le poignet. Je passe les détails. Noway… Mais où est le problème, encore une fois. Gopal est déjà passé sur l’autre rive, a posé son sac à dos, et est revenu, m’offrant son dos pour y grimper. 20 secondes plus tard, je suis de l’autre coté. Pas de quoi en faire un plat…
Plus tard, un autre canyon, pas trop profond mais difficile à cause de l’amas de pierre et de boue. Quand j’y arrive, Gopal et Bira sont déjà de l’autre coté et je ne les vois plus à cause des rochers et de la végétation. Pas très envie de m’aventurer seule avec mon genou tordu. Je décide d’attendre que Gopal vienne me chercher. Mais le temps passe et pas de Gopal. J’appelle. Rien. Bon, il a peut-être un problème... Doucement et précautionneusement je me lance dans la traversée malaisée, mais une nouvelle difficulté apparaît. Il y a au moins 3 ou 4 sentiers qui partent de l’autre coté. Je prends celui qui me paraît le moins difficile. Il erre entre les gros rochers et les arbustes. Cul de sac. Pas de visisbilité. Je commence à me sentir un peu paumée, mais je sais revenir à la ravine. J’appelle. Rien. Demi tour, et essai d’un autre chemin. Et soudain Gopal apparaît… Il semble qu’il ait fait lui aussi une petite dégringolade, sans bobo, mais qui lui a pris du temps… Tout va donc bien. On continue et retrouve Bira un peu plus loin…
Puis le sentier est submergé par la Karnali River. Il faut attendre le moment propice et courir, en souhaitant en avoir le moins haut possible sur les chaussures, mais impossible d’éviter l’eau. Sportif…
Toujours difficile de trouver de l’eau « sûre », donc je bois très peu, malgré le soleil qui tape et la transpiration. Pourtant j’ai soif, mais l’idée de la diarrhée si fréquente me retient. (Comment on fait, quand il n’y a pas un arbre à l’horizon, que c’est hyper pentu et que le sentier mesure 30 cm de large ? Les gars peuvent se tourner de l’autre coté certes, mais ces sentiers sont fréquentés par des népalais du cru, souvent très curieux…) Difficile aussi de trouver un endroit pas pour planter les tentes. Finalement, c’est sur la place d’un tout petit village près de Way, beaucoup plus gros village (à proscrire pour nous, attraction facile) que nous nous installons. Pas d’alternative. Evidemment, tout le village est en cercle autour de nous, adulte et enfants, ceux-ci ayant une réelle attirance à me dévisager… J’ai l’impression d’être une bête curieuse dans un cirque, sauf qu’ils ne me donnent pas de cacahuètes…
Mon genou est toujours douloureux et ma marche boitillante avec le bâton. Ma grosse écorchure à la main droite est gonflée et douloureuse, et je découvre avec horreur que la piqûre d’insecte au pied s’est ouverte avec le frottement sur ma socquette et est infectée. Je commence donc à mettre de l’argile, seul antiseptique que j’aie, sur les 2 pour la nuit, à voir comment c’est demain matin. Je vérifie les autres écorchures ; ça a l’air d’aller.
Je ne sais pas que je commence un fastidieux rituel qui va durer plus d’un mois, les pansements à refaire matin, souvent midi et soir. L’argile creuse et nettoie, mais l’infection s’enfonce. La main va mettre une quinzaine de jours à guérir et se refermer. La piqûre va réellement s’envenimer et terminera d’abord à l’hôpital, sans résultat, ensuite chez un dermato qui déclarera un eczéma allergique sur trauma (piqûre d’insecte) et me donnera antibiotiques et antihistaminiques. A l’heure où je recopie ce journal, (16/09), je suis toujours sous antihistaminiques…
Mauvaise nuit. Des gens n’arrêtent pas de circuler autour des tentes, et il pleut. Depuis quelques jours, il pleut surtout la nuit, ce qui est très bien mais ne permet pas vraiment un repos réparateur. Je ferme maintenant hermétiquement les sacs a dos et prépare la cape de pluie à coté de mon duvet, tout étant à l’abri. Il n’empêche que quand la pluie choisit le bout de mon nez pour tomber, c’est pas génial !!!
|
|
Voyager au Népal:
Informations et réservation de chambres pour le Népal
Livre et enregistrement audio. Dix leçons en profondeur vous permettant une réelle connaissance du Népali. Cours de langue Népali
|
|
Apprendre le népalais
10 leçons + 4h15 de matériel audio
|
|
Valeur de 80€ |
|
Faites vite! |
|
Aventure au Népal Organisez votre aventure à la carte
Informations voyage
· Activités à Katmandou · Arnakot · Apprendre la langue népalaise à Pokhara · Avant de partir au Népal - Conseils · Alternatives pour entrer au Népal · Apporter des photos passeports · Apportez une bonne lotion protectrice contre le soleil · Ascension de l’Everest, aventure d’une vie · Baglung · Bottes de marches pour le trek · Bouddhisme · Buddha Airlines · Café Internet et communication à Pokhara · Chapeau népalais · Conseils voyage avant de partir en trek · Cours de langue népalaise à Paris · Décalage horaire avec le Népal · Dhankuta · Dieux de Katmandou et du Népal · Distributeur de billets (Guichet auto.) · Edmund Hillary · Éléphant (Randonnée à dos) · Escalade de l’Everest · Escalade de l’Annapurna · Everest (montagne la plus haute) · Faune du Népal · Flore du Népal · Gourkha · Guerre civile au Népal · Guide, indispensable au Népal? · Guna Airlines · Habit népalais · Hindouisme · Histoire fascinante du Népal · Hôtel Manang à Katmandou · Informations sur le Trek de l’Annapurna · Itahari · Janakpur · Katmandou, la capitale népalaise · Kumari de Katmandou · Louer une moto au Népal · Lodges, hôtels de hautes montagnes · Lukla · Macchapuchre · Mal des montagnes · Maoïste (Parti politique) · Manteau pour la pluie pour la mousson · Monarchie au Népal · Monnaie népalaise: Roupie Népalaise · Monkey temple à Katmandou · Mystère du Yéti · Nepal Airlines · Patan · Pashupati · Peuple Newari · Pokhara · Politique au Népal · Problèmes politiques au Népal · Porteur, partir avec ou sans? · Ratnagar · Réflexion sur l’identité népalaise · Religions du Népal · Rick-shaw à Katmandou · Rafting and Kayaking au Népal · Sites de l’UNESCO au Népal · Stupa à Katmandou · Températures Annapurna (Oct.-Nov.) · Températures vallée de Katmandou · Thamel · Tibet (voyage du Népal) · Transport entre Katmandou et Pokhara · Transfert aéroport Katmandou · Transfert aéroport de Pokhara · Transport Inde-Népal · Trek au camps de base de l’Everest · Trek au Langtang · Trek dans le Mustang · Trek dans le Haut Mustang · Vélo au Népal · Vipassana · Vols intérieurs au Népal · Vols au-dessus de l’Everest · Waling · Yeti Airlines · Zone à risque et sécurité au Népal?
Autres services offerts
· Para-glidding au Népal · Interprète (anglais-népalais-anglais)
· Récit d’un trek Circuit Annapurna - par Dany · Récit d’un trek dans l’Ouest du Népal - par Dany
|