Déchets en trek au Népal : les règles sur le plastique et les gestes qui comptent

Par Louis-Simon Roy, qui a vécu au total 8 ans au Népal au cours des 15 dernières années · Informations vérifiées le

En bref

  • Dans la région de l’Everest, la municipalité de Khumbu Pasang Lhamu interdit depuis le 1er janvier 2020 les plastiques de moins de 30 microns et les boissons en bouteille plastique, au profit des canettes ; l’application reste jugée faible (Onlinekhabar, 2025).
  • Selon CNN, les bouteilles d’eau n’étaient pas visées au départ : le plus sûr reste de traiter son eau, en la faisant bouillir une minute ou en associant microfiltre et désinfectant (CDC).
  • Les expéditions à l’Everest versent une caution déchets remboursable de 4 000 USD, et chaque grimpeur doit redescendre 8 kg de déchets, dont 2 kg pris au camp 2 ou plus haut depuis 2026 ; un projet de loi veut en faire une redevance non remboursable.
  • Pour les simples trekkeurs, nous n’avons trouvé aucune caution obligatoire au 14 octobre 2026 ; le programme volontaire Carry Me Back fait redescendre des sacs d’environ 1 kg vers Lukla (plus de 45 tonnes en quatre ans).
  • Dans l’aire de conservation de l’Annapurna, 32 650 kg de déchets ont été collectés en neuf mois de l’exercice 2025-2026, dont 23 223 kg de verre.

Les déchets en trek au Népal sont devenus l’un des grands défis des sentiers himalayens : chaque bouteille, chaque pile et chaque emballage monté à dos d’homme ou de mulet doit un jour redescendre, faute de quoi il s’accumule dans la montagne. Bonne nouvelle : le voyageur a beaucoup de prise sur ce problème. Voici les règles en vigueur sur le plastique dans la région de l’Everest, les cautions de déchets et ce qu’elles imposent vraiment, la situation dans les Annapurnas et les gestes concrets qui réduisent votre empreinte, du départ au retour. Informations vérifiées le 14 octobre 2026.

Déchets en trek au Népal : l’ampleur du problème

Les chiffres donnent la mesure du défi. Selon un dossier d’Onlinekhabar publié en juin 2025, la région de l’Everest produit près de 400 kg de déchets par jour : plastique, canettes, restes alimentaires et déchets humains. Le même article estime qu’un trekkeur laisse 3 à 5 kg de déchets non biodégradables au cours d’un trek de 10 jours. Il cite aussi une campagne de nettoyage de 2024 selon laquelle plus de 80 % des déchets plastiques ramassés dans l’Himalaya sont des emballages de nourriture et de boissons à usage unique, et que 70 % sont des plastiques multicouches non recyclables.

Dans la région des Annapurnas, le quotidien Republica rapporte en mai 2026 que l’ACAP, l’organisme qui gère l’aire de conservation, a collecté 32 650 kg de déchets au cours des neuf premiers mois de l’exercice népalais 2025-2026 : 23 223 kg de verre, 6 203 kg de plastique et 3 224 kg de canettes et de boîtes, grâce à 11 centres de collecte. L’ACAP a cessé de brûler les déchets sur place, pour des raisons de pollution, et envoie les déchets non biodégradables vers une filière de recyclage à Pokhara. La région avait déjà accueilli 152 486 touristes étrangers entre janvier et avril 2026 : à cette échelle, chaque geste compte.

Les règles sur le plastique dans la région de l’Everest

En août 2019, la municipalité rurale de Khumbu Pasang Lhamu, dans la région de l’Everest, a décidé d’interdire à partir du 1er janvier 2020 les plastiques de moins de 30 microns ainsi que les boissons vendues en bouteille plastique, selon le Kathmandu Post. Son directeur administratif, Ganesh Ghimire, expliquait que seules les boissons en canette seraient autorisées, les canettes étant jugées moins dangereuses pour l’environnement que le plastique. La municipalité prévoyait aussi de remettre gratuitement cinq sacs de remplacement à chacun de ses quelque 2 000 foyers. Selon CNN, la règle devait empêcher à la fois les randonneurs d’apporter ces plastiques et les commerces d’en vendre.

Deux nuances importantes. D’abord, toujours selon CNN, les bouteilles d’eau en plastique n’étaient pas concernées au départ : la municipalité disait consulter toutes les parties pour leur trouver une solution. Ensuite, aucune sanction n’était fixée lors de l’annonce, et en juin 2025, Onlinekhabar jugeait l’application de l’interdiction faible, le plastique restant un problème majeur. Nous n’avons pas trouvé de texte plus récent qui modifie ces règles au 14 octobre 2026. Côté parc national de Sagarmatha, nous n’avons pas non plus trouvé de règlement sur le plastique à usage unique publié en ligne à cette date ; sur les sentiers et autour des camps de base, c’est le SPCC, présenté plus bas, qui gère les déchets. Faites-vous donc confirmer les consignes en vigueur à votre arrivée à Lukla, et partez du principe que tout plastique monté doit redescendre avec vous.

Pour entrer dans la région, il faut le droit d’entrée du parc national de Sagarmatha et le permis local de Khumbu Pasang Lhamu, à 3 000 NPR chacun pour un étranger au 14 octobre 2026 : les modalités sont détaillées dans notre page sur les permis de la région de l’Everest.

Cautions de déchets : qui paie quoi ?

Le système de caution vise d’abord les alpinistes. Au 14 octobre 2026, nous n’avons trouvé aucune caution de déchets imposée aux simples trekkeurs, qu’ils marchent vers le camp de base de l’Everest ou ailleurs.

QuiRègleMontantSource
Expéditions à l’EverestCaution versée par l’agence au Département du tourisme, rendue après vérification par le SPCC ; chaque grimpeur redescend au moins 8 kg de déchets pris au-dessus du camp de base, dont au moins 2 kg au camp 2 ou plus haut depuis la saison 20264 000 USD, remboursablesNepali Times, juin 2026
Grimpeurs de l’Everest, du Lhotse, du Nuptse et de l’Ama DablamRègle locale de 2024 : au moins 8 kg de déchets à redescendre à l’Everest, au Lhotse et au Nuptse, 3 kg à l’Ama Dablam ; sacs à excréments obligatoires au-dessus du camp de base—Onlinekhabar, juin 2025
Sommets gérés par la NMACaution déchets liée au permis d’ascension des 27 sommets de la Nepal Mountaineering Association500 USD selon la FAQ de la NMANepal Mountaineering Association
TrekkeursAucune caution trouvée ; programme volontaire Carry Me Back—Nepali Times, juin 2026

Ce système pourrait changer. Le projet de loi intégré sur le tourisme, adopté à l’unanimité par l’Assemblée nationale en février 2026, transformerait la caution remboursable en redevance non remboursable, alimentant un fonds permanent de nettoyage, selon le Kathmandu Post. En juillet 2026, le texte était examiné article par article en commission, avec 263 amendements déposés par 58 députés, dont des propositions d’interdire le plastique à usage unique dans les zones d’alpinisme et d’adopter une politique « zéro déchet ». Au 14 octobre 2026, nous n’avons pas trouvé trace de son adoption définitive : faites confirmer la règle applicable par votre agence. Si vous visez un sommet, notre page sur l’alpinisme au Népal présente les permis et les redevances.

Carry Me Back : redescendre 1 kg pour la montagne

Dans le Khumbu, la collecte est organisée par le Sagarmatha Pollution Control Committee (SPCC), actif depuis 1991. Selon le Nepali Times (juin 2026), il gère 125 poubelles, neuf stations environnementales, 18 autres étant prévues, et un centre de tri et de prétraitement à Namche Bazaar, un second étant prévu à Lukla. Les déchets triés et compactés doivent ensuite quitter la montagne, et c’est là que vous pouvez intervenir.

Le programme volontaire Carry Me Back confie à chaque trekkeur un sac d’environ 1 kg de déchets prétraités à redescendre jusqu’à l’aérodrome de Lukla, d’où ils partent vers Katmandou pour être recyclés. Selon Onlinekhabar, les sacs se récupèrent à des points de collecte comme Namche Bazaar. En quatre ans, plus de 35 000 participants ont ainsi sorti plus de 45 tonnes de déchets de la région, selon le Nepali Times. Demandez où récupérer un sac en redescendant de Namche : c’est l’un des gestes les plus utiles que vous puissiez faire dans le Khumbu, pour environ 1 kg de plus dans le sac. Pour préparer l’itinéraire, voyez notre guide du trek du camp de base de l’Everest.

Dans les Annapurnas et ailleurs

Dans l’aire de conservation de l’Annapurna, des poubelles ont été installées en plusieurs points et l’ACAP gère 11 centres de collecte, mais Republica note que des touristes continuent de jeter leurs déchets le long des sentiers. Nous n’avons pas trouvé, au 14 octobre 2026, de règlement officiel récent sur les bouteilles en plastique destiné aux trekkeurs dans cette aire : appliquez les mêmes réflexes que dans le Khumbu. Le permis ACAP coûte 3 000 NPR pour un étranger au 14 octobre 2026, le double s’il est acheté au poste de contrôle : voir notre page sur le permis ACAP.

Hors des grandes régions de trek, ne comptez pas sur une collecte organisée : prévoyez de redescendre l’ensemble de vos déchets non biodégradables jusqu’à Katmandou ou Pokhara.

L’eau : le geste qui évite le plus de bouteilles

Les bouteilles d’eau sont le déchet le plus visible des sentiers, et le plus facile à éviter. Le CDC (Yellow Book 2026) recommande de faire bouillir l’eau pendant une minute entière. L’ébullition reste efficace en altitude : vers 4 900 m, l’eau bout encore à environ 83 °C, bien au-dessus de ce qu’il faut pour tuer les germes intestinaux. Les microfiltres, dont les pores mesurent moins de 1 micron, retiennent bactéries et parasites, mais pas les virus de façon fiable ; le dioxyde de chlore tue aussi Cryptosporidium aux doses et aux temps de contact pratiques, et les purificateurs à ultraviolets désinfectent 1 à 2 litres d’eau claire à la fois. Pour une eau de surface claire, le CDC cite parmi les méthodes efficaces l’association d’un microfiltre et d’un désinfectant chimique.

En pratique : emportez une ou deux gourdes, demandez de l’eau bouillie dans les lodges et gardez une méthode de secours, filtre ou comprimés, en cas de panne ou de lodge fermé. Tous les détails sont dans notre guide de l’eau potable au Népal.

Les bons gestes, du départ au retour

DéchetLe bon réflexe
Bouteilles d’eauGourdes et traitement de l’eau, plutôt qu’une bouteille achetée à chaque étape
Emballages d’en-casDéballer à Katmandou ou à Pokhara, transporter les en-cas dans des boîtes ou des sacs réutilisables, redescendre les emballages vides
PilesLes redescendre jusqu’à la ville ; préférer une batterie externe rechargeable
CanettesLes déposer dans les poubelles prévues ou les redescendre
Lingettes et protections hygiéniquesLes garder dans un sac opaque et étanche jusqu’à la ville ; ne jamais les brûler ni les enterrer
Papier toiletteUtiliser les toilettes des lodges ; à défaut, remporter le papier usagé

Avant le départ, glissez dans votre sac un sac réutilisable pour vos courses, un sac étanche réservé aux déchets et votre méthode de traitement de l’eau : notre liste de matériel de trek vous aide à ne rien oublier. Sur le sentier, utilisez les poubelles quand elles existent et proposez votre aide pour Carry Me Back. Dans les lodges, préférez les plats préparés sur place, comme le dal bhat, aux produits emballés montés de la vallée ; notre page sur les lodges de trek explique leur fonctionnement. De retour en ville, déposez piles et emballages dans une poubelle de Katmandou ou de Pokhara, pas au dernier village.

Choisir une agence et des lodges qui jouent le jeu

Onlinekhabar recommande de choisir des opérateurs engagés et de se méfier de l’écoblanchiment, ces entreprises qui revendiquent des engagements environnementaux qu’elles n’appliquent pas. Avant de réserver, posez trois questions simples : comment l’équipe gère-t-elle ses déchets et ceux des clients ? Les porteurs redescendent-ils ce qui a été monté ? L’agence fournit-elle de l’eau traitée plutôt que des bouteilles ? Notre page pour choisir une agence de trek détaille les autres vérifications, et notre dossier sur le tourisme responsable au Népal élargit le sujet aux porteurs et aux animaux.

Les déchets en trek ne sont pas une fatalité : une gourde, un sac étanche et le réflexe de tout redescendre suffisent à alléger la montagne. Règles et chiffres au 14 octobre 2026 ; pour préparer le reste de votre voyage, retrouvez tous nos dossiers sur la page voyage au Népal.

Questions fréquentes

Le plastique est-il interdit dans la région de l’Everest ?

Depuis le 1er janvier 2020, la municipalité de Khumbu Pasang Lhamu interdit les plastiques à usage unique de moins de 30 microns et les boissons en bouteille plastique, au profit des canettes. Selon CNN, les bouteilles d’eau n’étaient pas visées au départ, et Onlinekhabar jugeait l’application faible en 2025.

Les trekkeurs doivent-ils verser une caution déchets au Népal ?

Nous n’avons trouvé aucune caution imposée aux simples trekkeurs au 14 octobre 2026. Les expéditions à l’Everest versent 4 000 USD remboursables, et la NMA indique 500 USD pour ses 27 sommets.

Qu’est-ce que le programme Carry Me Back ?

Un programme volontaire de la région de l’Everest : chaque trekkeur redescend un sac d’environ 1 kg de déchets prétraités jusqu’à Lukla, d’où ils partent vers Katmandou pour être recyclés. Plus de 35 000 participants ont sorti plus de 45 tonnes de déchets en quatre ans.

Combien de déchets un trekkeur produit-il ?

Onlinekhabar estime qu’un trekkeur laisse 3 à 5 kg de déchets non biodégradables au cours d’un trek de 10 jours. Dans l’aire de conservation de l’Annapurna, 32 650 kg de déchets ont été collectés en neuf mois de l’exercice 2025-2026.

Comment éviter les bouteilles en plastique en trek ?

Traitez votre eau : le CDC recommande de la faire bouillir une minute, l’ébullition restant efficace en altitude, ou d’associer un microfiltre à un désinfectant chimique. Deux gourdes et une méthode de secours suffisent.

La caution déchets des alpinistes va-t-elle changer ?

Peut-être : le projet de loi sur le tourisme adopté par l’Assemblée nationale en février 2026 la transformerait en redevance non remboursable. En juillet 2026, le texte était encore examiné en commission, avec 263 amendements.

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Sources consultées