Par Louis-Simon Roy, qui a vécu au total 8 ans au Népal au cours des 15 dernières années · Informations vérifiées le
En bref
L’acclimatation à l’altitude est la règle d’or de tout trek au Népal : montez lentement, dormez à peine plus haut chaque nuit, et redescendez dès que les symptômes s’aggravent. Les CDC américains recommandent, une fois au-dessus de 3 000 m, de ne pas augmenter son altitude de sommeil de plus de 500 m par nuit et d’ajouter une nuit d’acclimatation tous les 1 000 m. Le ministère français est encore plus prudent : pas plus de 400 m de dénivelé positif entre deux nuits au-dessus de 2 500 m. Informations vérifiées le 13 octobre 2026.
Le mal des montagnes touche aussi les sportifs : la forme physique ne protège pas. Les CDC rapportent que sa fréquence peut approcher 30 % sur les itinéraires de trekking du Népal, notamment vers le camp de base de l’Everest. Ce guide complète notre page historique sur le mal des montagnes et notre guide du voyage au Népal.
Plus on monte, moins chaque inspiration apporte d’oxygène. Le corps s’adapte, mais lentement : selon les CDC, l’acclimatation de base prend de trois à cinq jours. Or les grands treks népalais franchissent des altitudes considérables : 4 130 m au camp de base de l’Annapurna, 5 364 m au camp de base de l’Everest, 5 416 m au col de Thorong La sur le circuit des Annapurnas. Les CDC classent le risque de mal aigu des montagnes comme élevé dès que l’on dort au-dessus de 3 400 m le premier jour.
Le piège classique est l’avion. Lukla, porte d’entrée de la région de l’Everest, est perchée à plus de 2 800 m : un simple vol vous fait passer d’une ville de basse altitude à la haute montagne, sans transition. D’où l’importance de suivre un programme progressif dès l’atterrissage, avec des nuits d’acclimatation, comme celles que prévoient la plupart des itinéraires à Namche Bazaar, à plus de 3 400 m.
| Règle | Recommandation | Source |
|---|---|---|
| Premier jour | Ne pas passer de la plaine à une nuit au-dessus de 2 750 m | CDC (d’après la Wilderness Medical Society) |
| Au-dessus de 3 000 m | +500 m maximum d’altitude de sommeil par nuit | CDC |
| Au-dessus de 2 500 m | +400 m maximum de dénivelé positif entre deux nuits | France Diplomatie |
| Jours de repos | Une nuit supplémentaire tous les 1 000 m gagnés | CDC |
| Préacclimatation | 2 à 3 nuits vers 2 450–2 750 m protègent nettement | CDC |
| Premières 48 h en altitude | Pas d’alcool, effort modéré | CDC |
Ce qui compte, c’est l’altitude où vous dormez, pas celle que vous atteignez dans la journée. D’où l’adage des montagnards : « monter haut, dormir bas ». Un jour de repos ne veut pas dire rester au lit : une courte randonnée de quelques centaines de mètres plus haut, suivie d’un retour au même gîte, aide l’organisme à s’adapter.
Les CDC préviennent eux-mêmes que ces règles peuvent être trop rapides pour certains et trop lentes pour d’autres. Écoutez votre corps, pas le programme imprimé de l’agence.
Le mal aigu des montagnes se signale par un mal de tête, accompagné d’au moins un de ces symptômes : perte d’appétit, nausées ou vomissements, fatigue, vertiges. Le ministère français cite aussi l’essoufflement et les troubles du sommeil. Les symptômes apparaissent en général de 2 à 12 heures après l’arrivée en altitude, souvent pendant ou après la première nuit (CDC).
Bonne nouvelle : si vous ne montez pas davantage, le MAM disparaît habituellement en 12 à 48 heures. La règle est simple : avec des symptômes, on ne monte plus. S’ils s’aggravent malgré le repos, on redescend. Les CDC indiquent qu’une descente d’au moins 300 m améliore nettement les symptômes ; le ministère français conseille de redescendre au moins sous 4 000 m, accompagné, et de consulter.
À savoir : la respiration périodique pendant le sommeil (pauses respiratoires suivies de grandes inspirations) est presque universelle au-dessus d’environ 2 700 m selon les CDC. Elle impressionne, mais n’est pas en soi un signe de maladie.
C’est l’aggravation du MAM. Les signes ressemblent à une ivresse : confusion, somnolence, démarche titubante, troubles du comportement. Selon les CDC, le coma peut survenir dans les 24 heures. L’OCHA est rare sous 4 300 m, mais il ne pardonne pas l’attente.
Il peut survenir sans mal de tête préalable. Les premiers signes : essoufflement anormal à l’effort, toux, baisse nette des performances, sensation de poitrine encombrée. Puis l’essoufflement persiste au repos, avec parfois des crachats teintés de sang.
Dans les deux cas : descente immédiate, de jour comme de nuit, accompagnée, et alerte des secours. Ne laissez jamais une personne malade redescendre seule et ne la laissez pas « dormir pour voir ».
L’acétazolamide (Diamox) peut être prescrit pour prévenir le mal aigu des montagnes, notamment quand une montée rapide est inévitable. Les CDC décrivent ses effets indésirables courants, comme des fourmillements dans les doigts et un goût altéré des boissons gazeuses. D’autres médicaments servent au traitement des œdèmes en situation d’urgence.
Ces médicaments ont des contre-indications et des posologies précises : consultez un professionnel de santé ou une clinique santé-voyage avant le départ, en lui présentant votre itinéraire jour par jour. Et gardez en tête qu’un médicament ne remplace jamais une montée lente : il ne doit pas servir à « gagner » des jours.
Le ministère français déconseille la haute altitude aux enfants, aux femmes enceintes et aux personnes souffrant de maladies cardiaques, pulmonaires, neurologiques ou rénales sans avis spécialisé. Les CDC conseillent aux femmes enceintes de ne pas dormir au-dessus de 3 050 m.
Sur les grands treks, un itinéraire raisonnable ressemble à ceci :
Pour bâtir votre itinéraire, consultez notre liste des treks au Népal, le guide du trek du camp de base de l’Everest et notre page sur Namche Bazaar.
La Himalayan Rescue Association, fondée en 1973, tient des postes médicaux en saison de trek, notamment à Pheriche (région de l’Everest, à plus de 4 300 m) et à Manang (circuit des Annapurnas), ainsi qu’une clinique au camp de base de l’Everest et une antenne à Thorong Phedi. Le ministère français cite les centres de Pheriche et de Manang. Arrêtez-vous à ces postes si vous avez le moindre doute.
Votre guide est aussi un allié : depuis le 1er avril 2023, un guide licencié est obligatoire pour les trekkeurs étrangers dans les parcs nationaux et les aires de conservation (hors région de l’Everest, où il est recommandé). Un bon guide connaît les signes d’alerte et sait organiser une descente. Voyez notre page sur la sécurité en trek au Népal.
Enfin, au Népal, les secours en montagne sont payants : sans garantie de paiement, l’hélicoptère ne décolle pas, rappelle le ministère français. Une assurance qui couvre l’altitude et l’évacuation par hélicoptère est indispensable.
L’acclimatation en altitude n’a rien d’un exploit : c’est de la patience. Montez lentement, dormez bas, et redescendez sans regret. Ces conseils généraux, à jour au 13 octobre 2026, ne remplacent pas l’avis d’un professionnel de santé ou d’une clinique santé-voyage. Pour aller plus loin, lisez aussi nos conseils de trek au Népal.
Au-dessus de 3 000 m, les CDC recommandent de ne pas augmenter son altitude de sommeil de plus de 500 m par nuit, avec une nuit supplémentaire tous les 1 000 m. Le ministère français conseille 400 m maximum entre deux nuits au-dessus de 2 500 m.
Un mal de tête accompagné de nausées, de perte d’appétit, de fatigue ou de vertiges, apparaissant en général 2 à 12 heures après l’arrivée en altitude. Confusion, démarche ivre ou essoufflement au repos signalent une urgence.
Arrêter de monter et se reposer : sans nouvelle montée, les symptômes disparaissent souvent en 12 à 48 heures. S’ils s’aggravent, il faut redescendre, une descente d’au moins 300 m améliorant nettement l’état selon les CDC.
Pas systématiquement. L’acétazolamide peut être prescrit par un médecin selon votre itinéraire et vos antécédents ; il ne remplace jamais une montée progressive.
Selon les CDC, l’acclimatation de base prend trois à cinq jours, puis chaque nouveau palier demande du temps. C’est pourquoi les treks prévoient des journées de repos, par exemple à Namche Bazaar.
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