Par Louis-Simon Roy, qui a vécu au total 8 ans au Népal au cours des 15 dernières années · Informations vérifiées le
En bref
Le Diamox en altitude fait partie des questions que se posent presque tous les trekkeurs avant de partir au Népal. Ce médicament, dont le principe actif est l’acétazolamide, aide l’organisme à s’acclimater plus vite et peut prévenir ou soulager le mal aigu des montagnes. Ce n’est pourtant pas une assurance : il se délivre sur ordonnance, pour certaines situations, et ne dispense jamais d’une montée lente. Voici ce que disent le CDC américain, le gouvernement du Canada, l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) et les autorités françaises. Vous ne trouverez ici aucune posologie, volontairement : la dose, le moment de début et la durée ne peuvent être fixés que par un médecin ou une clinique santé-voyage. Informations vérifiées le 14 octobre 2026.
En montagne, chaque inspiration apporte moins d’oxygène, et le corps met plusieurs jours à s’adapter. Selon le CDC (Yellow Book 2026), l’acétazolamide agit en faisant éliminer des bicarbonates par les urines, ce qui stimule la respiration et améliore l’oxygénation, surtout pendant le sommeil. Le CDC estime qu’il réduit à environ une journée une phase d’adaptation respiratoire qui prend normalement de trois à cinq jours.
Les autorités sanitaires lui reconnaissent trois usages en altitude :
En France, le Diamox 250 mg est un médicament de la liste I, délivré uniquement sur ordonnance, selon la base de données publique des médicaments. Il se discute donc avant le départ, avec un professionnel de santé.
Le CDC classe les voyageurs en trois niveaux de risque de mal aigu des montagnes, en partant d’une altitude inférieure à 1 200 m. Il croise trois critères : les antécédents de mal d’altitude, l’altitude de la première nuit et la vitesse de montée au-dessus de 3 000 m.
| Niveau de risque (CDC) | Critères | Position du CDC |
|---|---|---|
| Faible | Aucun antécédent ou mal des montagnes léger ; première nuit sous 2 750 m ; moins de 500 m de plus par jour au-dessus de 3 000 m | Pas de prévention ; emporter un antalgique et de l’acétazolamide pour traiter un début de symptômes |
| Moyen | Mal des montagnes modéré à sévère par le passé ; première nuit entre 2 750 et 3 400 m ; ou plus de 500 m par jour avec des jours d’acclimatation tous les 1 000 m | Prévention bénéfique, à envisager ; dexaméthasone possible pour les urgences |
| Élevé | Antécédent d’œdème pulmonaire ou cérébral de haute altitude ; première nuit au-dessus de 3 400 m ; ou plus de 500 m par jour sans jour d’acclimatation | Prévention fortement encouragée ; dexaméthasone à emporter |
Au Népal, l’avion crée souvent ce genre de situation. Un vol vous dépose à Lukla, porte d’entrée de la région de l’Everest, à 2 846 m d’altitude selon l’aviation civile népalaise : si vous y dormez le premier soir, vous êtes dans la tranche que le CDC classe en risque moyen. Le CDC note aussi que, sur certains itinéraires népalais comme celui du camp de base de l’Everest, le mal d’altitude peut approcher 30 % aux altitudes les plus élevées, même avec un programme d’acclimatation classique. Sa recommandation, quand c’est possible : ajouter des jours au trek. Voir notre guide du trek du camp de base de l’Everest et notre page sur les vols vers Lukla.
Les autorités s’accordent sur l’essentiel, un usage sur prescription chez les voyageurs à risque, mais divergent sur des détails pratiques, comme le moment où commencer. Voici leurs positions, sans posologie.
| Autorité | Ce qu’elle dit de l’acétazolamide | Début et arrêt du traitement préventif |
|---|---|---|
| CDC, États-Unis (Yellow Book 2026) | Prévention à envisager en cas de risque moyen, fortement encouragée en cas de risque élevé ; utile aussi pour traiter un début de mal aigu des montagnes | La veille de la montée, puis pendant les deux premiers jours en altitude, plus longtemps si l’ascension continue |
| Gouvernement du Canada (voyage.gc.ca, page modifiée le 2 septembre 2026) | Ne nomme aucun médicament : il invite à prendre des médicaments préventifs « tels que prescrits » par un professionnel de la santé | Consulter de préférence six semaines avant le voyage |
| INSPQ, Québec (guide mis à jour le 13 mars 2026) | Premier choix pour prévenir le mal aigu des montagnes et l’œdème cérébral chez les personnes à risque modéré ou élevé, y compris chez l’enfant | 24 heures avant de franchir 2 500 m ; arrêt dès le début de la descente ou après deux jours à l’altitude maximale |
| Haut Conseil de la santé publique, France (recommandations 2022, reprises par l’Institut Pasteur de Lille) | Traitement préventif possible en l’absence de contre-indication aux sulfamides ; avis médical spécialisé avant toute randonnée au-dessus de 2 500 m | Deux jours avant l’arrivée en haute altitude, jusqu’à deux jours après le point culminant |
Ces écarts montrent qu’il n’existe pas de mode d’emploi universel à recopier d’un récit de trek : la dose, le moment de début et la durée dépendent de votre poids, de votre santé et de votre itinéraire jour par jour, et c’est à votre médecin de les fixer.
Ses effets indésirables sont connus, et mieux vaut les connaître avant de partir :
La notice française (RCP de l’ANSM du 15 janvier 2026) liste ces contre-indications : hypersensibilité à l’acétazolamide ou à l’un des excipients, insuffisance hépatique, rénale ou surrénale sévère, intolérance aux sulfamides et antécédents de colique néphrétique ; l’allergie au blé (autre que la maladie cœliaque) y figure aussi. La base de données publique des médicaments précise que le Diamox est contre-indiqué au premier trimestre de la grossesse, qu’il ne doit pas être utilisé aux deuxième et troisième trimestres sauf nécessité absolue, et que l’allaitement est déconseillé.
Sur l’allergie aux sulfamides, les avis divergent. Le CDC estime que les personnes allergiques aux antibiotiques sulfamides peuvent prendre de l’acétazolamide, aucune réaction croisée n’ayant été rapportée, tout en appelant à la prudence en cas d’antécédent d’anaphylaxie à un médicament ou d’allergies multiples. La notice française classe au contraire l’intolérance aux sulfamides parmi les contre-indications, et le HCSP ne mentionne le traitement préventif qu’en l’absence de contre-indication aux sulfamides. Si vous avez déjà réagi à un sulfamide, signalez-le : c’est au médecin de trancher.
Le CDC présente l’acétazolamide comme un moyen d’accélérer l’acclimatation quand une montée rapide est inévitable, et les recommandations françaises rappellent que la prévention repose d’abord sur une ascension progressive. Les règles de base :
| Source | Règle de montée |
|---|---|
| CDC | Au-dessus de 3 000 m, ne pas augmenter son altitude de sommeil de plus de 500 m par nuit, avec une nuit supplémentaire tous les 1 000 m |
| France Diplomatie | Pas plus de 400 m de dénivelé positif entre deux nuits consécutives à partir de 2 500 m |
| Gouvernement du Canada | Deux ou trois nuits entre 2 500 et 3 000 m avant d’aller plus haut, puis une nuit d’acclimatation tous les 600 à 900 m ; ni alcool ni somnifères pendant les 48 heures qui suivent l’arrivée en altitude |
Même sous traitement, restez attentif : si un mal de tête s’accompagne de nausées, de fatigue ou de vertiges, on arrête de monter, on se repose et on s’hydrate ; si les symptômes s’aggravent, on redescend. Une descente d’au moins 300 m améliore rapidement le mal aigu des montagnes selon le CDC, et France Diplomatie conseille de redescendre au minimum sous 4 000 m. Confusion, perte de coordination, essoufflement au repos ou lèvres bleutées, signes graves cités par le gouvernement du Canada, imposent une descente immédiate et un appel à l’aide. Tout est détaillé dans nos pages acclimatation en altitude et mal des montagnes.
Pour les urgences, le CDC décrit aussi la dexaméthasone, à emporter en cas de risque élevé, et la nifédipine, surtout réservée aux personnes sujettes à l’œdème pulmonaire de haute altitude. L’ibuprofène a un effet préventif moindre que l’acétazolamide selon le CDC, et l’INSPQ ne le place qu’en troisième choix. Là encore, parlez-en à votre médecin avant de partir.
Le gouvernement du Canada recommande de consulter un professionnel de la santé ou une clinique santé-voyage de préférence six semaines avant le voyage, en parlant des activités prévues, de vos problèmes de santé et de vos médicaments. Même si le départ est proche, un rendez-vous reste utile. Pour un trek au Népal, apportez :
Rangez ensuite ce traitement, avec son ordonnance, dans votre trousse de voyage : notre page sur la trousse à pharmacie pour le Népal vous aide à la compléter.
Sur les sentiers, la Himalayan Rescue Association, fondée en 1973, tient des postes médicaux saisonniers : France Diplomatie cite ses centres de Pheriche, dans le Khumbu, et de Manang, dans les Annapurnas. Le poste de Pheriche, situé à plus de 4 300 m, est tenu deux fois par an, pendant les saisons de trek, par des médecins bénévoles, et l’association gère aussi une antenne au camp de base de l’Everest. Arrêtez-vous-y au moindre doute.
Si votre itinéraire passe par Manang cet automne, sachez que les crues de fin septembre 2026 ont coupé la route : selon le Kathmandu Post du 14 octobre 2026, au-delà de Chame, une passerelle provisoire en bois ouverte depuis le soir du 13 octobre ne laisse passer que les jeeps et les motos. Faites vérifier l’état des routes par votre agence et par la police de district avant de partir.
Enfin, au Népal, les secours en montagne sont payants : selon France Diplomatie, l’hélicoptère ne décolle que si le paiement est garanti. Une assurance qui couvre l’altitude et l’évacuation par hélicoptère est indispensable, et notre page sur les hôpitaux et cliniques de Katmandou et Pokhara vous indique où vous faire soigner en ville.
En résumé, le Diamox est un outil utile dans un cadre précis : sur prescription, pour un risque identifié, et en complément d’une montée lente. Ces informations générales, vérifiées le 14 octobre 2026, ne remplacent pas l’avis d’un professionnel de santé ou d’une clinique santé-voyage. Pour préparer le reste de votre séjour, retrouvez tous nos dossiers sur la page voyage au Népal.
Pas systématiquement. Le CDC ne le recommande pas en prévention aux voyageurs à faible risque et le réserve aux risques moyen ou élevé ; c’est un médecin qui décide, à partir de votre itinéraire et de vos antécédents.
Non. En France, le Diamox 250 mg est un médicament de la liste I délivré uniquement sur ordonnance, dont la notice mentionne le traitement symptomatique du mal des montagnes. Consultez un médecin ou une clinique santé-voyage.
Les autorités diffèrent : la veille de la montée pour le CDC, 24 heures avant de franchir 2 500 m pour l’INSPQ, deux jours avant l’arrivée en haute altitude dans les recommandations françaises de 2022. Votre médecin fixe le moment, la dose et la durée.
Le CDC cite des fourmillements et un goût altéré des boissons gazeuses, et le médicament augmente l’élimination urinaire. Signalez tout effet inhabituel à votre médecin.
Les avis divergent : le CDC estime que les personnes allergiques aux antibiotiques sulfamides peuvent en prendre, mais la notice française classe l’intolérance aux sulfamides parmi les contre-indications. Seul un médecin peut trancher.
Non. Il accélère l’acclimatation mais ne remplace pas une montée progressive : au-dessus de 3 000 m, le CDC recommande de ne pas dormir plus de 500 m plus haut que la veille, et toute aggravation des symptômes impose de redescendre.
Vous préparez un voyage au Népal ? Retrouvez toutes nos réponses dans le guide complet, ou partez avec un petit groupe francophone accompagné par Louis-Simon Roy, du 3 au 23 novembre 2027.
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