Par Louis-Simon Roy, qui a vécu au total 8 ans au Népal au cours des 15 dernières années · Informations vérifiées le
En bref
Faire un stage au Népal, y suivre un semestre d’études ou y mener un terrain de recherche : l’expérience est formatrice, au cœur d’un pays en pleine transformation. Mais avant de parler de mission, il faut parler de statut. Le Népal distingue clairement le tourisme, les études et le travail, et le visa touristique ne couvre pas tout. Ce guide explique quel visa correspond à quel projet, comment se déroulent les démarches, pourquoi le bénévolat en orphelinat est à proscrire et comment préparer concrètement votre séjour. Informations vérifiées le 14 octobre 2026.
Sous le mot « stage » se cachent des projets très différents :
Pour l’immigration népalaise, c’est l’activité qui détermine le visa. Clarifiez donc votre projet par écrit avec l’organisme d’accueil avant d’acheter votre billet.
Voici les principales catégories prévues par le Département de l’immigration, au 14 octobre 2026 :
| Votre projet | Visa | Conditions principales |
|---|---|---|
| Voyage, visites, découverte | Touristique | 30 USD pour 15 jours, 50 USD pour 30 jours, 125 USD pour 90 jours ; 150 jours au plus par année civile |
| Cursus diplômant ou non, recherche universitaire | Études | Recommandation du ministère de l’Éducation, preuve d’admission, relevé bancaire ; un an au plus, selon la recommandation ou la durée des études ; frais mensuels |
| Emploi, mission dans une entreprise ou une ONG | Travail (non touristique) | Recommandation du ministère concerné, permis de travail du Département du travail, contrat, accord de travail du ministère de l’Intérieur ; pour une ONG, accord général avec le Social Welfare Council |
| Reportage journalistique | Presse (non touristique) | Recommandation du Département de l’information ; 4 mois au plus à la fois |
Les frais du visa d’études se paient au mois, et le site du Département de l’immigration affiche des montants différents d’une page à l’autre : de 20 à 50 USD par mois sur la page d’information, de 30 à 75 USD sur la grille des tarifs, selon qu’il s’agit d’études diplômantes, non diplômantes ou de recherche. Faites confirmer le montant par votre établissement d’accueil avant de bâtir votre budget.
Point crucial : selon le gouvernement du Canada, les visas d’étudiant et d’affaires ne sont délivrés qu’au Népal, après une arrivée avec un visa touristique. Le scénario type est donc une entrée avec un visa touristique, puis une conversion sur place, par le service de conversion de visa du portail NepaliPort, une fois le dossier complet. Pour le visa d’entrée lui-même, voyez notre page visa pour le Népal.
Beaucoup d’étudiants pensent qu’un stage non payé ou du bénévolat se fait avec un simple visa touristique. Prudence : le Département de l’immigration écrit que seuls les étrangers titulaires d’un visa de travail sont autorisés à accepter un emploi et à travailler au Népal, et le dossier du visa de travail prévoit, pour les ONG et les ONG internationales, un accord général avec le Social Welfare Council. Le bénévolat ne fait l’objet d’aucune catégorie de visa à part.
Avant de partir, demandez à l’organisme d’accueil, par écrit, quel visa il obtiendra pour vous, quel ministère le recommandera et s’il a signé un accord avec le Social Welfare Council. Une structure sérieuse sait répondre ; un flou sur ce point est un signal d’alerte. Notre page volontourisme au Népal détaille les questions à poser.
Le bénévolat en orphelinat est le piège le mieux documenté. En 2014, le Kathmandu Post rapportait, d’après le Social Welfare Council, que plus de 30 000 étrangers faisaient chaque année du bénévolat dans des foyers pour enfants, une pratique illégale, et décrivait des foyers recrutant des enfants pour attirer les dons des volontaires. Pour l’exercice 2021-2022, le National Child Rights Council recensait 417 foyers enregistrés accueillant 10 905 enfants ; selon l’UNICEF, environ 85 % d’entre eux ont au moins un parent ou un tuteur en vie, rapporte The Annapurna Express. La loi de 2018 sur les enfants fait du placement en foyer le dernier recours. Lisez notre dossier orphelinats du Népal et notre guide du tourisme responsable au Népal.
L’université Tribhuvan, fondée en 1959 et installée à Kirtipur, à 5 km du centre de Katmandou, se présente comme la première institution d’enseignement supérieur du pays. Son Centre des relations internationales (CIR) accompagne trois profils d’étudiants étrangers : ceux qui s’inscrivent par eux-mêmes, ceux qu’envoie une institution et ceux qui viennent dans le cadre d’un échange. Il revendique un réseau de plus de 200 universités partenaires et aide aux démarches de visa de recherche. L’université de Katmandou, installée à Dhulikhel, présente elle aussi des programmes menés avec des partenaires étrangers.
La voie la plus simple reste l’accord d’échange : demandez au service des relations internationales de votre établissement s’il a un partenaire au Népal. Pour un terrain de recherche, le dossier de visa d’études prévoit une lettre d’offre et un accord institutionnel avec un établissement népalais. Certains terrains demandent en plus des permis spéciaux : le Haut-Mustang, par exemple, coûte 50 USD par jour depuis novembre 2025.
Quelques réalités du quotidien changent l’organisation d’un stage :
Le Népal sort d’une période politique agitée : les 8 et 9 septembre 2025, le soulèvement « Gen Z » a fait 76 morts et entraîné la démission du premier ministre K. P. Sharma Oli ; après les élections du 5 mars 2026, remportées par le RSP, Balendra « Balen » Shah est premier ministre depuis le 27 mars 2026. Notre page crise de 2025 et élections de 2026 retrace ces événements.
Pour la situation générale, lisez notre page le Népal est-il sûr en 2026 ?. La police touristique répond au 1144 (numéro gratuit).
Pour préparer le reste du séjour, retrouvez tous nos dossiers sur notre page pilier voyage au Népal.
Dès qu’il s’agit de travailler, oui : le Département de l’immigration indique que seuls les titulaires d’un visa de travail peuvent accepter un emploi au Népal, avec un permis de travail et, pour une ONG, un accord avec le Social Welfare Council. Faites confirmer par écrit le visa prévu par l’organisme d’accueil.
Il faut une admission dans un établissement, une recommandation du ministère de l’Éducation et un relevé bancaire ; le visa est accordé pour un an au plus. Selon le Canada, il ne se délivre qu’au Népal, après une entrée avec un visa touristique.
Il se paie au mois : de 20 à 75 USD par mois selon la catégorie et la page consultée du Département de l’immigration, au 14 octobre 2026. Faites confirmer le montant avant de bâtir votre budget.
C’est une zone grise : les règles officielles réservent le travail aux titulaires d’un visa de travail et prévoient un accord avec le Social Welfare Council pour les ONG. Évitez absolument les orphelinats : selon l’UNICEF, environ 85 % des enfants placés ont au moins un parent ou un tuteur.
150 jours au plus par année civile, avec des prolongations à 3 USD par jour (minimum 15 jours). Un dépassement coûte 5 USD par jour et peut entraîner une interdiction de retour de 7 ans selon le Canada.
Non. Les étrangers n’ont pas le droit de participer aux manifestations au Népal ; tenez-vous à l’écart des rassemblements et des bandhs.
Vous préparez un voyage au Népal ? Retrouvez toutes nos réponses dans le guide complet, ou partez avec un petit groupe francophone accompagné par Louis-Simon Roy, du 3 au 23 novembre 2027.
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