Stage ou études au Népal : visa, démarches et conseils pour étudiants

Par Louis-Simon Roy, qui a vécu au total 8 ans au Népal au cours des 15 dernières années · Informations vérifiées le

En bref

  • Un cursus ou un projet de recherche relève du visa d’études : un an au plus, sur recommandation du ministère de l’Éducation et avec une preuve d’admission.
  • Selon le gouvernement du Canada, le visa d’étudiant ne s’obtient qu’au Népal, après une entrée avec un visa touristique.
  • Le Département de l’immigration précise que seuls les titulaires d’un visa de travail peuvent accepter un emploi et travailler au Népal ; une ONG doit avoir un accord avec le Social Welfare Council.
  • Bénévolat en orphelinat : à éviter ; selon l’UNICEF, environ 85 % des enfants placés en foyer ont au moins un parent ou un tuteur en vie.
  • Dépasser la durée de son visa coûte 5 USD par jour et peut entraîner une détention et une interdiction de retour de 7 ans (au 14 octobre 2026).

Faire un stage au Népal, y suivre un semestre d’études ou y mener un terrain de recherche : l’expérience est formatrice, au cœur d’un pays en pleine transformation. Mais avant de parler de mission, il faut parler de statut. Le Népal distingue clairement le tourisme, les études et le travail, et le visa touristique ne couvre pas tout. Ce guide explique quel visa correspond à quel projet, comment se déroulent les démarches, pourquoi le bénévolat en orphelinat est à proscrire et comment préparer concrètement votre séjour. Informations vérifiées le 14 octobre 2026.

Stage, études, recherche ou bénévolat : de quoi parle-t-on ?

Sous le mot « stage » se cachent des projets très différents :

  • le stage intégré à un cursus, encadré par une convention entre votre établissement et un organisme d’accueil népalais ;
  • le semestre d’échange ou le cursus dans une université népalaise ;
  • le terrain de recherche pour un mémoire ou une thèse ;
  • le bénévolat ou le volontariat dans une association.

Pour l’immigration népalaise, c’est l’activité qui détermine le visa. Clarifiez donc votre projet par écrit avec l’organisme d’accueil avant d’acheter votre billet.

Quel visa pour un stage ou des études au Népal ?

Voici les principales catégories prévues par le Département de l’immigration, au 14 octobre 2026 :

Votre projetVisaConditions principales
Voyage, visites, découverteTouristique30 USD pour 15 jours, 50 USD pour 30 jours, 125 USD pour 90 jours ; 150 jours au plus par année civile
Cursus diplômant ou non, recherche universitaireÉtudesRecommandation du ministère de l’Éducation, preuve d’admission, relevé bancaire ; un an au plus, selon la recommandation ou la durée des études ; frais mensuels
Emploi, mission dans une entreprise ou une ONGTravail (non touristique)Recommandation du ministère concerné, permis de travail du Département du travail, contrat, accord de travail du ministère de l’Intérieur ; pour une ONG, accord général avec le Social Welfare Council
Reportage journalistiquePresse (non touristique)Recommandation du Département de l’information ; 4 mois au plus à la fois

Les frais du visa d’études se paient au mois, et le site du Département de l’immigration affiche des montants différents d’une page à l’autre : de 20 à 50 USD par mois sur la page d’information, de 30 à 75 USD sur la grille des tarifs, selon qu’il s’agit d’études diplômantes, non diplômantes ou de recherche. Faites confirmer le montant par votre établissement d’accueil avant de bâtir votre budget.

Point crucial : selon le gouvernement du Canada, les visas d’étudiant et d’affaires ne sont délivrés qu’au Népal, après une arrivée avec un visa touristique. Le scénario type est donc une entrée avec un visa touristique, puis une conversion sur place, par le service de conversion de visa du portail NepaliPort, une fois le dossier complet. Pour le visa d’entrée lui-même, voyez notre page visa pour le Népal.

Stage non rémunéré et bénévolat : la zone grise

Beaucoup d’étudiants pensent qu’un stage non payé ou du bénévolat se fait avec un simple visa touristique. Prudence : le Département de l’immigration écrit que seuls les étrangers titulaires d’un visa de travail sont autorisés à accepter un emploi et à travailler au Népal, et le dossier du visa de travail prévoit, pour les ONG et les ONG internationales, un accord général avec le Social Welfare Council. Le bénévolat ne fait l’objet d’aucune catégorie de visa à part.

Avant de partir, demandez à l’organisme d’accueil, par écrit, quel visa il obtiendra pour vous, quel ministère le recommandera et s’il a signé un accord avec le Social Welfare Council. Une structure sérieuse sait répondre ; un flou sur ce point est un signal d’alerte. Notre page volontourisme au Népal détaille les questions à poser.

Les orphelinats : la fausse bonne idée

Le bénévolat en orphelinat est le piège le mieux documenté. En 2014, le Kathmandu Post rapportait, d’après le Social Welfare Council, que plus de 30 000 étrangers faisaient chaque année du bénévolat dans des foyers pour enfants, une pratique illégale, et décrivait des foyers recrutant des enfants pour attirer les dons des volontaires. Pour l’exercice 2021-2022, le National Child Rights Council recensait 417 foyers enregistrés accueillant 10 905 enfants ; selon l’UNICEF, environ 85 % d’entre eux ont au moins un parent ou un tuteur en vie, rapporte The Annapurna Express. La loi de 2018 sur les enfants fait du placement en foyer le dernier recours. Lisez notre dossier orphelinats du Népal et notre guide du tourisme responsable au Népal.

Étudier dans une université népalaise

L’université Tribhuvan, fondée en 1959 et installée à Kirtipur, à 5 km du centre de Katmandou, se présente comme la première institution d’enseignement supérieur du pays. Son Centre des relations internationales (CIR) accompagne trois profils d’étudiants étrangers : ceux qui s’inscrivent par eux-mêmes, ceux qu’envoie une institution et ceux qui viennent dans le cadre d’un échange. Il revendique un réseau de plus de 200 universités partenaires et aide aux démarches de visa de recherche. L’université de Katmandou, installée à Dhulikhel, présente elle aussi des programmes menés avec des partenaires étrangers.

La voie la plus simple reste l’accord d’échange : demandez au service des relations internationales de votre établissement s’il a un partenaire au Népal. Pour un terrain de recherche, le dossier de visa d’études prévoit une lettre d’offre et un accord institutionnel avec un établissement népalais. Certains terrains demandent en plus des permis spéciaux : le Haut-Mustang, par exemple, coûte 50 USD par jour depuis novembre 2025.

Préparer son départ : convention, assurance, santé, budget

  • Convention et lettre d’accueil : faites préciser vos missions, vos dates, votre encadrant et votre statut au regard du visa.
  • Assurance : frais médicaux, rapatriement et, si vous randonnez, évacuation en montagne ; tous les secours en montagne sont payants, rappelle France Diplomatie.
  • Santé : consultez un professionnel de santé ou une clinique santé-voyage ; France Diplomatie demande un calendrier vaccinal à jour et cite, selon le séjour, l’hépatite A, la typhoïde, l’hépatite B, la rage et l’encéphalite japonaise. Voyez notre page vaccins pour le Népal.
  • Argent : au cours de la Nepal Rastra Bank du 13 octobre 2026, 1 € vaut environ 171 NPR et 1 $ CA environ 107 NPR. Selon le Canada, les distributeurs se trouvent dans les grandes villes et le liquide reste la norme ; depuis le 6 avril 2026, les banques ferment le samedi et le dimanche.
  • Téléphone : le forfait touriste de 28 jours de Ncell coûte 1 995 NPR avec données illimitées (au 14 octobre 2026) ; voyez notre page carte SIM et Internet au Népal.
  • Logement : depuis 2026, hôtels, maisons d’hôtes et agences doivent enregistrer leurs clients étrangers dans une base de données gouvernementale, selon France Diplomatie ; gardez votre passeport à portée de main. Pour un séjour long, lisez notre page location d’appartement à Pokhara.

Vivre au Népal pendant son stage

Quelques réalités du quotidien changent l’organisation d’un stage :

  • Le week-end de deux jours : depuis avril 2026, les administrations et les établissements d’enseignement ferment le samedi et le dimanche, une décision prise en raison des difficultés d’approvisionnement en carburant. Prévoyez vos démarches à l’immigration en semaine.
  • Les grandes fêtes : les congés officiels de Dashain vont du 17 au 23 octobre 2026, ceux de Tihar du 8 au 12 novembre 2026, et Chhath est férié le 15 novembre 2026. Les bureaux tournent alors au ralenti.
  • Les prolongations : le visa touristique se prolonge à 3 USD par jour (minimum 15 jours) au Département de l’immigration, à Katmandou ou à Pokhara ; voyez notre page prolonger son visa au Népal.
  • NepaliPort : tous les étrangers arrivés après le 16 septembre 2025 doivent s’y enregistrer à l’arrivée.
  • Les codes sociaux : selon le Canada, les femmes devraient s’habiller de manière conservatrice en public ; dans les temples, on retire ses chaussures et on laisse le cuir dehors, rappelle le Rough Guide.

Sécurité : ce qu’un étudiant étranger doit savoir

Le Népal sort d’une période politique agitée : les 8 et 9 septembre 2025, le soulèvement « Gen Z » a fait 76 morts et entraîné la démission du premier ministre K. P. Sharma Oli ; après les élections du 5 mars 2026, remportées par le RSP, Balendra « Balen » Shah est premier ministre depuis le 27 mars 2026. Notre page crise de 2025 et élections de 2026 retrace ces événements.

  • Manifestations : les étrangers n’ont pas le droit d’y participer. Ne rejoignez aucun rassemblement, même par solidarité avec vos camarades népalais.
  • Bandhs : le Canada conseille d’éviter les transports publics pendant ces grèves générales et juste avant ; voyez notre page bandhs et manifestations au Népal.
  • Zones à éviter : au 14 octobre 2026, le Canada recommande une grande prudence dans tout le pays et déconseille les voyages non essentiels dans les districts de Rasuwa et de Nuwakot, après la crue de la Bhote Koshi du 26 août 2026.
  • Drogues : les peines pour possession, usage ou trafic sont sévères, prévient le Canada.
  • Photos : le Code pénal punit le fait de photographier une personne sans son consentement.
  • Visa : un dépassement coûte 5 USD par jour ; le Canada signale un risque de détention jusqu’au paiement de l’amende et d’interdiction de retour pendant 7 ans.

Pour la situation générale, lisez notre page le Népal est-il sûr en 2026 ?. La police touristique répond au 1144 (numéro gratuit).

Check-list avant de partir en stage au Népal

  1. Projet clarifié et visa identifié, confirmés par écrit par l’organisme d’accueil.
  2. Lettre d’admission ou d’accueil, et recommandation ministérielle en cours.
  3. Passeport valide au moins six mois après la date prévue de départ du Népal.
  4. Budget pour le visa touristique d’entrée et pour les frais mensuels du visa d’études ou de travail.
  5. Assurance santé, rapatriement et évacuation.
  6. Rendez-vous santé-voyage et vaccins à jour.
  7. Enregistrement NepaliPort à l’arrivée et copies numériques de tous vos documents.
  8. Contacts d’urgence : police touristique (1144), votre ambassade, votre établissement.

Pour préparer le reste du séjour, retrouvez tous nos dossiers sur notre page pilier voyage au Népal.

Questions fréquentes

Faut-il un visa spécial pour faire un stage au Népal ?

Dès qu’il s’agit de travailler, oui : le Département de l’immigration indique que seuls les titulaires d’un visa de travail peuvent accepter un emploi au Népal, avec un permis de travail et, pour une ONG, un accord avec le Social Welfare Council. Faites confirmer par écrit le visa prévu par l’organisme d’accueil.

Comment obtenir un visa d’études au Népal ?

Il faut une admission dans un établissement, une recommandation du ministère de l’Éducation et un relevé bancaire ; le visa est accordé pour un an au plus. Selon le Canada, il ne se délivre qu’au Népal, après une entrée avec un visa touristique.

Combien coûte le visa d’études au Népal ?

Il se paie au mois : de 20 à 75 USD par mois selon la catégorie et la page consultée du Département de l’immigration, au 14 octobre 2026. Faites confirmer le montant avant de bâtir votre budget.

Peut-on faire du bénévolat au Népal avec un visa touristique ?

C’est une zone grise : les règles officielles réservent le travail aux titulaires d’un visa de travail et prévoient un accord avec le Social Welfare Council pour les ONG. Évitez absolument les orphelinats : selon l’UNICEF, environ 85 % des enfants placés ont au moins un parent ou un tuteur.

Combien de temps peut-on rester au Népal avec un visa touristique ?

150 jours au plus par année civile, avec des prolongations à 3 USD par jour (minimum 15 jours). Un dépassement coûte 5 USD par jour et peut entraîner une interdiction de retour de 7 ans selon le Canada.

Un étudiant étranger peut-il manifester au Népal ?

Non. Les étrangers n’ont pas le droit de participer aux manifestations au Népal ; tenez-vous à l’écart des rassemblements et des bandhs.

Vous préparez un voyage au Népal ? Retrouvez toutes nos réponses dans le guide complet, ou partez avec un petit groupe francophone accompagné par Louis-Simon Roy, du 3 au 23 novembre 2027.

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Sources consultées