Bandh au Népal : comprendre les grèves générales et savoir réagir

Par Louis-Simon Roy, qui a vécu au total 8 ans au Népal au cours des 15 dernières années · Informations vérifiées le

En bref

  • Un bandh (ou « banda », « fermé » en népali) est une grève générale : commerces, écoles et circulation s’arrêtent, parfois à très court préavis.
  • Le Canada déconseille les transports publics pendant un bandh ou juste avant : des touristes ont été blessés.
  • Les étrangers ont l’interdiction de participer à des manifestations contre les autorités, rappelle la France.
  • En septembre 2025, le soulèvement « Gen Z » a fait fermer l’aéroport de Katmandou près de 24 heures et entraîné des couvre-feux.
  • Bons réflexes : rester à son hébergement, garder une marge avant son vol, appeler la police touristique au 1144.

Un bandh au Népal est une grève générale imposée à toute une ville, une région ou au pays entier : les boutiques baissent le rideau, les écoles ferment et les véhicules restent au garage. Pour un voyageur, cela signifie surtout des bus annulés, des taxis introuvables et parfois une route vers l’aéroport bloquée. Les bandhs ne visent pas les touristes, mais ils peuvent vous immobiliser une journée ou plus. Voici comment ils fonctionnent, ce qu’ils changent concrètement et comment réagir. Informations vérifiées le 13 octobre 2026.

Qu’est-ce qu’un bandh au Népal ?

Le mot vient du népali banda, qui signifie « fermé ». Un parti politique, un syndicat, un groupe ethnique ou régional appelle à « fermer » une zone pour faire pression sur le gouvernement. Selon le SPF Affaires étrangères belge, lors d’un bandh les magasins, les écoles et la circulation publique sont à l’arrêt, et ces grèves peuvent éclater rapidement. Le gouvernement du Canada précise qu’elles peuvent survenir avec très peu de préavis, partout dans le pays.

Il existe plusieurs formes de mouvements, qu’il est utile de distinguer :

TypeCe qui se passeImpact pour le voyageur
Bandh (grève générale)Commerces, écoles et circulation à l’arrêt sur une zoneBus et taxis très rares, routes parfois bloquées
Grève sectorielleUn secteur cesse le travail (transport, taxis…)Difficulté à rejoindre l’aéroport ou une autre ville
ManifestationRassemblement et défilé, parfois tenduQuartiers bouclés, risque d’affrontements
Couvre-feuInterdiction officielle de circuler décrétée par les autoritésObligation de rester à l’intérieur, sauf exceptions prévues

L’impact sur les transports : bus, taxis et vols

C’est sur la route que le bandh se fait sentir. Le Canada signale que des touristes ont été blessés en utilisant les transports publics pendant ou juste avant un bandh, quand des véhicules qui circulent malgré la grève sont pris pour cible. Il prévient aussi que les trajets vers les aéroports peuvent être perturbés et que les contrôles de police et de l’armée sont fréquents, surtout la nuit.

Les vols eux-mêmes ne s’arrêtent pas à chaque bandh, mais rejoindre l’aéroport peut devenir compliqué. En cas de crise grave, l’aéroport peut fermer : le 9 septembre 2025, en pleine révolte « Gen Z », l’aéroport international Tribhuvan de Katmandou a cessé ses activités près de 24 heures, selon le Kathmandu Post, laissant des centaines de passagers bloqués. Pour connaître le fonctionnement normal de l’aéroport, voyez notre page aéroport de Katmandou.

Que faire pendant un bandh ?

  1. Renseignez-vous dès la veille. Certains bandhs sont annoncés à l’avance dans la presse locale, d’autres tombent sans prévenir : interrogez chaque soir votre hébergement ou votre agence.
  2. Restez à votre hébergement si la journée s’annonce tendue. Profitez-en pour une balade à pied dans un quartier calme.
  3. Ne prenez pas les transports publics pendant le bandh, ni juste avant, comme le recommande le Canada.
  4. Déplacez votre trajet plutôt que de forcer : un Katmandou–Pokhara peut attendre un jour. Notre page transport pour Pokhara présente les solutions bus et avion.
  5. Prévoyez des réserves : un peu d’argent liquide, de l’eau, de quoi grignoter et une batterie chargée, car les commerces peuvent rester fermés.
  6. Appelez la police touristique au 1144 (gratuit) si vous êtes bloqué ou en difficulté.

Manifestations : pourquoi un étranger ne doit jamais y participer

La France est explicite : les étrangers ont l’interdiction de participer à des manifestations contre les autorités népalaises. Votre visa touristique vous autorise à faire du tourisme, pas à prendre part à la vie politique du pays. Au-delà de la règle, c’est une question de sécurité : le Canada rappelle que même des manifestations pacifiques peuvent devenir violentes à tout moment, et la Belgique demande d’éviter « à tout prix » les manifestations et les foules.

  • Ne vous approchez pas d’un rassemblement, même par curiosité.
  • Évitez de photographier les forces de l’ordre : le Canada signale l’interdiction de photographier près des installations militaires, des postes de contrôle et du personnel militaire.
  • Évitez de publier des opinions politiques sur le Népal sur les réseaux sociaux pendant votre séjour.
  • Suivez les consignes des autorités locales et les médias.

Septembre 2025 : ce que la révolte « Gen Z » a appris aux voyageurs

Les 8 et 9 septembre 2025, un soulèvement de la jeunesse a fait 76 morts et poussé le premier ministre K. P. Sharma Oli à la démission ; Sushila Karki est ensuite devenue première ministre intérimaire. Des couvre-feux ont été imposés dans plusieurs villes, dont Katmandou, et l’aéroport a fermé près de 24 heures. L’Office du tourisme népalais demandait alors aux voyageurs de rester à l’intérieur et de contacter leur ambassade ou la police touristique au 1144.

Depuis, le pays a voté : les élections du 5 mars 2026 ont donné la victoire au RSP (182 sièges sur 275), et Balendra « Balen » Shah est premier ministre depuis le 27 mars 2026. La leçon reste valable : une crise peut éclater vite. Les voyageurs les mieux préparés étaient ceux qui avaient une marge avant leur vol, une assurance à jour et les coordonnées de leur ambassade. Le contexte politique est résumé dans notre dossier le Népal est-il sûr en 2026.

Couvre-feu : les règles changent

Un couvre-feu n’est pas un bandh : c’est une décision des autorités, qui interdit de circuler dans une zone et pendant des heures précises. Il est donc obligatoire, y compris pour les touristes. En septembre 2025, des couvre-feux ont été décrétés dans plusieurs villes, dont Katmandou, et l’armée a publié des ordres d’interdiction de circuler ; seuls les véhicules essentiels, comme les ambulances, les pompiers et les véhicules de sécurité, restaient autorisés.

  • Restez à l’intérieur pendant les heures de couvre-feu, même si la rue paraît calme.
  • Si vous devez absolument rejoindre l’aéroport, faites-vous aider par votre hôtel, votre agence, la police touristique (1144) ou votre ambassade.
  • Gardez votre passeport et votre billet d’avion sur vous : les contrôles sont fréquents, surtout la nuit.
  • Suivez les annonces officielles et l’Office du tourisme népalais, qui publie des mises à jour pour les voyageurs.

Où les bandhs sont-ils les plus fréquents ?

Un bandh peut toucher n’importe quelle région. La Belgique demande toutefois une vigilance particulière dans le Teraï, la plaine du sud, et dans l’extrême est du pays, et conseille de se renseigner auprès des autorités locales ou de voyagistes avant de partir. Si votre itinéraire passe par le Teraï, par exemple vers Lumbini ou Janakpur, gardez de la souplesse dans votre programme. En trek, un bandh touche surtout le trajet routier d’approche : une fois sur le sentier, il change peu de chose. Le vrai risque est au retour, quand une route bloquée vous empêche de rejoindre Katmandou à temps pour votre vol : c’est là que les jours de réserve prévus dans votre itinéraire prennent toute leur valeur.

Assurance, vols et budget : se protéger d’un imprévu

Un bandh peut vous faire rater un vol intérieur ou international. Quelques précautions limitent les dégâts :

  • Gardez au moins un ou deux jours de marge entre la fin de votre circuit et votre vol international ; la France le recommande aussi après un trek, les retards étant fréquents.
  • Vérifiez ce que votre assurance prévoit en cas de troubles civils ou de vol manqué : notre guide assurance voyage au Népal vous aide à lire votre contrat.
  • Inscrivez-vous au service consulaire de votre pays (Inscription des Canadiens à l’étranger, Fil d’Ariane, Travellers Online) pour recevoir les alertes.
  • Enregistrez dans votre téléphone les numéros d’urgence au Népal.

Pour préparer l’ensemble de votre séjour, consultez nos conseils avant le départ et notre page pilier voyage au Népal.

Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’un bandh au Népal ?

C’est une grève générale imposée à une ville, une région ou au pays entier : commerces, écoles et circulation s’arrêtent. Le mot vient du népali « banda », qui signifie « fermé ».

Peut-on circuler pendant un bandh ?

C’est fortement déconseillé : le Canada recommande d’éviter les transports publics pendant un bandh ou juste avant, car des touristes ont été blessés. Restez à votre hébergement et décalez vos trajets.

Un bandh peut-il bloquer l’accès à l’aéroport ?

Oui, les trajets vers les aéroports peuvent être perturbés. En septembre 2025, l’aéroport de Katmandou a même fermé près de 24 heures pendant le soulèvement « Gen Z ».

Un touriste a-t-il le droit de manifester au Népal ?

Non. Les étrangers ont l’interdiction de participer à des manifestations contre les autorités, et les gouvernements recommandent d’éviter tout rassemblement.

Qui appeler si on est bloqué par un bandh ?

La police touristique au 1144 (gratuit), votre hébergement ou votre agence, et votre ambassade ou consulat si la situation se dégrade.

Vous préparez un voyage au Népal ? Retrouvez toutes nos réponses dans le guide complet, ou partez avec un petit groupe francophone accompagné par Louis-Simon Roy, du 3 au 23 novembre 2027.

Je découvre le voyage guidé Le guide complet du Népal

Sources consultées