Par Louis-Simon Roy, qui a vécu au total 8 ans au Népal au cours des 15 dernières années · Informations vérifiées le
En bref
Peut-on travailler au Népal ? Oui, mais pas avec le visa que reçoivent les voyageurs à l’aéroport. Le Département de l’immigration est clair : seuls les étrangers titulaires d’un visa de travail peuvent accepter un emploi et travailler au Népal. Ce visa suppose un permis de travail, demandé par l’employeur et accordé seulement si aucun Népalais n’a la compétence recherchée. Bénévolat, stage, télétravail : chaque situation a ses pièges, et l’immigration a renforcé sa surveillance en 2026. Voici les règles, les visas non touristiques, leurs tarifs officiels et les risques encourus. Informations vérifiées le 14 octobre 2026.
Le visa touristique sert au tourisme. Au 14 octobre 2026, il coûte 30 USD pour 15 jours, 50 USD pour 30 jours et 125 USD pour 90 jours, se prolonge au Département de l’immigration à Katmandou ou à Pokhara, et ne peut pas dépasser 150 jours par année civile. Il ne donne aucun droit de travailler. Le Département de l’immigration le rappelle sur son site : seuls les titulaires d’un visa de travail (Working Visa) peuvent accepter un emploi au Népal.
Le 23 septembre 2026, le département a enfoncé le clou dans un communiqué : il demande à tous les étrangers de ne mener que des activités conformes à l’objet et aux conditions de leur visa, invite les entreprises à ne pas employer d’étrangers sans visa ni autorisation adaptés, et annonce des poursuites contre les contrevenants. Les règles du visa touristique et de sa prolongation sont détaillées sur nos pages visa népalais et prolongation du visa.
Le droit népalais ne connaît que neuf types de visas, un cadre que le porte-parole du Département de l’immigration jugeait dépassé dans Ratopati le 1er octobre 2026. Voici les principaux visas pour séjourner autrement qu’en touriste, avec les tarifs affichés par le département au 14 octobre 2026 :
| Visa | Pour qui | Condition principale | Tarif officiel |
|---|---|---|---|
| Travail | Salariés étrangers | Permis du Département du travail, accord de travail, lettre de recommandation ; accord du Conseil de la protection sociale pour les ONG | 30 USD/mois (organisme lié au gouvernement), 50 USD/mois (financé par des bailleurs), 75 USD/mois (autres) |
| Affaires | Investisseurs, gens d’affaires | Recommandation du Département de l’industrie | 20 ou 35 USD/mois selon le montant investi ; gratuit à partir d’un milliard de roupies |
| Études | Étudiants, enseignants, chercheurs | Recommandation du ministère de l’Éducation | 30 USD/mois (diplôme), 75 USD/mois (hors diplôme), 50 USD/mois (enseignement et recherche) |
| Presse | Journalistes | Recommandation du Département de l’information | 15 USD/mois |
| Résidence | Investisseurs d’au moins 100 000 USD, retraités sans activité, personnalités | Pour un retraité : preuve d’âge (60 ans ou plus) ou de retraite, relevé bancaire de 20 000 USD et revenus annuels d’au moins 20 000 USD | 1 200 USD par an |
Pour les visas de travail, d’études et de presse, il faut ajouter 20 USD pour une réentrée simple ou 60 USD pour des réentrées multiples. Le gouvernement du Canada précise que les visas d’affaires et d’étudiant ne sont délivrés qu’au Népal, après une arrivée avec un visa de touriste.
Au Népal, c’est l’employeur qui porte la démarche. L’article 22 de la loi sur le travail de 2017 (Labour Act 2074) pose quatre principes :
Une fois le permis obtenu, le Département de l’immigration délivre le visa de travail. Son site précise deux points utiles : vous pouvez rester au Népal avec un visa touristique pendant l’instruction du dossier, et votre visa touristique est annulé dès que le visa de travail est accordé. Rester sous visa touristique pendant la procédure ne vous autorise pas pour autant à commencer le travail : attendez l’approbation. Les frais du permis sont fixés par règlement ; demandez à votre employeur le calendrier et le coût en vigueur.
Le bénévolat mérite une attention particulière. En 2014, le directeur du Conseil de la protection sociale (Social Welfare Council), qui encadre les ONG, déclarait au Nepali Times que de nombreux bénévoles arrivent avec un visa touristique, alors que celui-ci ne permet ni de travailler ni de faire du bénévolat. Le même article rappelait qu’un bénévole ne devrait pas payer pour donner de son temps, et qu’un frais imprévu à l’arrivée doit alerter.
Pour un engagement sérieux auprès d’une ONG ou d’une ONG internationale, la voie officielle passe par l’organisme : la liste des documents du visa de travail comprend d’ailleurs l’accord du Conseil de la protection sociale pour les ONG. Si un programme vous propose de travailler dans un orphelinat, redoublez de prudence. Lisez nos pages volontourisme au Népal, orphelinats du Népal et tourisme responsable avant de vous engager.
En avril 2025, une commission a recommandé au gouvernement de créer pour les nomades numériques un visa à entrées multiples valable jusqu’à cinq ans, rapportait Kantipur. Au 14 octobre 2026, ce visa n’existe pas : il ne figure pas parmi les neuf types de visas actuels. Le Département de l’immigration a bien rédigé un projet de nouvelle loi qui propose 17 types de visas, dont un visa sportif, un visa médical et un visa spirituel, mais le texte a seulement été transmis au ministère de l’Intérieur ; il doit encore passer en Conseil des ministres puis au Parlement, selon Ratopati.
En attendant, aucun des visas existants ne vise le télétravail pour un employeur étranger. Le visa touristique couvre le tourisme : ne prenez aucune mission pour un client ou une entreprise au Népal, et renseignez-vous auprès d’une ambassade du Népal si votre projet sort du simple voyage. Les aspects pratiques (connexion, villes, coût de la vie) sont sur notre page nomades numériques au Népal.
Les contrôles se renforcent. « Notre priorité est désormais de surveiller l’arrivée, l’objet du séjour et les activités des étrangers », déclarait en octobre 2026 le porte-parole du Département de l’immigration, Tikaram Dhakal, à Ratopati. Deux exemples récents :
Le dépassement de la durée de séjour est l’autre risque. Selon le gouvernement du Canada, il constitue une infraction : les autorités peuvent vous placer en détention jusqu’au paiement de l’amende, et vous pourriez être interdit de retour pendant 7 ans. L’amende est de 5 USD par jour de dépassement au 14 octobre 2026. En cas de difficulté, contactez votre représentation : les coordonnées sont sur notre page ambassades et consulats francophones à Katmandou.
Un séjour d’études ou de recherche relève du visa d’études, sur recommandation du ministère de l’Éducation, avec la lettre d’admission ou l’accord de l’établissement d’accueil. La recherche y est rattachée, au tarif de 50 USD par mois au 14 octobre 2026. Un stage en entreprise, même non rémunéré, dépasse le cadre du tourisme : vérifiez avec l’organisme d’accueil quel visa il prévoit avant de signer quoi que ce soit. Notre page études et stages au Népal donne des pistes concrètes.
Non. Selon le Département de l’immigration, seuls les titulaires d’un visa de travail peuvent accepter un emploi au Népal. Le visa touristique, limité à 150 jours par année civile, ne sert qu’au tourisme.
C’est l’employeur qui le demande au Département du travail, après avoir publié une offre dans un quotidien national sans trouver de Népalais qualifié, selon l’article 22 de la loi sur le travail de 2017. Le Département de l’immigration délivre ensuite le visa de travail.
Au 14 octobre 2026, le Département de l’immigration affiche 30 USD par mois pour un organisme lié au gouvernement, 50 USD pour un organisme financé par des bailleurs et 75 USD pour les autres, plus 20 ou 60 USD pour la réentrée simple ou multiple.
Le Conseil de la protection sociale estimait déjà en 2014 que le visa touristique ne permet ni de travailler ni de faire du bénévolat. Pour un engagement auprès d’une ONG, passez par l’organisme et le visa adapté.
Pas au 14 octobre 2026. Une commission l’a recommandé en avril 2025, mais il ne figure pas parmi les neuf types de visas actuels, et le projet de loi sur l’immigration qui en prévoit 17 n’est pas adopté.
L’annulation du visa, une amende et l’expulsion : en septembre 2026, l’immigration a annoncé ces mesures contre 88 étrangers employés hors de l’objet de leur visa. Un dépassement de séjour peut aussi entraîner une détention et une interdiction de retour de 7 ans.
Vous préparez un voyage au Népal ? Retrouvez toutes nos réponses dans le guide complet, ou partez avec un petit groupe francophone accompagné par Louis-Simon Roy, du 3 au 23 novembre 2027.
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