Par Louis-Simon Roy, qui a vécu au total 8 ans au Népal au cours des 15 dernières années · Informations vérifiées le
En bref
Peut-on encore faire un trek sans guide au Népal ? La réponse courte : plus dans la plupart des régions. Depuis le 1er avril 2023, les trekkeurs étrangers doivent être accompagnés d’un guide licencié et détenir une carte TIMS obtenue par une agence enregistrée dans les parcs nationaux et aires de conservation. Une grande exception demeure toutefois : la région de l’Everest. Voici ce que dit exactement la règle, où l’on peut encore randonner en autonomie, ce que l’on risque et comment voyager léger malgré tout. Informations vérifiées le 14 octobre 2026.
En mars 2023, le Nepal Tourism Board (NTB), l’organisme national de promotion du tourisme, a décidé de mettre fin au trek en solo des étrangers, invoquant des « préoccupations croissantes de sécurité », selon le Kathmandu Post. Les lignes directrices publiées le 31 mars 2023 et appliquées dès le lendemain prévoient que :
Le texte de 2023 parle d’un « guide ou d’un porteur » ; dans la pratique, la règle est appliquée sous la forme d’un guide licencié fourni par une agence enregistrée. Les arguments avancés par le secteur : la sécurité face à l’altitude et aux catastrophes naturelles, la responsabilité des agences en cas de recherches, et l’emploi. Le président de la TAAN déclarait alors que 10 à 15 trekkeurs disparaissent chaque année, pour la plupart des randonneurs indépendants. Pour le détail, lisez notre page guide obligatoire en trek et notre page carte TIMS.
La région de l’Everest relève de la municipalité rurale de Khumbu Pasang Lhamu, qui a refusé d’appliquer la décision du NTB. Dès avril 2023, elle déclarait qu’engager un guide n’y était pas obligatoire, et elle délivre son propre permis d’entrée, y compris aux randonneurs indépendants. Au 14 octobre 2026, la situation est la suivante :
| Région | Guide | Carte TIMS | Permis (au 14 octobre 2026) |
|---|---|---|---|
| Everest (Khumbu) | Recommandé, non obligatoire | Non exigée | Parc national de Sagarmatha 3 000 NPR + permis local Khumbu Pasang Lhamu 3 000 NPR |
| Annapurna | Obligatoire | 2 000 NPR | ACAP 3 000 NPR (le double au poste de contrôle) |
| Langtang | Obligatoire | 2 000 NPR | Parc national de Langtang 3 000 NPR |
| Zones réglementées (Haut-Mustang, Dolpo, Manaslu, Tsum, Nar-Phu…) | Obligatoire, avec agence | Selon l’itinéraire | Permis spécial ; Haut-Mustang 50 USD par jour |
Le Khumbu est donc la seule grande région de trek où l’on peut encore randonner légalement sans guide, par exemple vers Namche Bazaar et le camp de base de l’Everest (5 364 m). Attention : les itinéraires qui sortent du Khumbu, ou des cols qui mènent vers d’autres zones, peuvent relever d’autres règles. Les permis sont détaillés sur notre page permis de l’Everest, Sagarmatha et Khumbu.
Dans les zones réglementées, le guide était déjà imposé bien avant 2023. La nouveauté date de mars 2026 : selon le Kathmandu Post, le Department of Immigration permet désormais à un trekkeur individuel d’obtenir le permis, auparavant réservé aux groupes de deux personnes ou plus. Il doit toutefois être accompagné d’un guide licencié et passer par une agence enregistrée, responsable des secours et de la logistique ; un guide peut encadrer au plus sept trekkeurs. Voyez notre page zones restreintes et permis spéciaux.
La décision n’a pas fait l’unanimité. Dans les semaines qui ont suivi, le Kathmandu Post rapportait les critiques d’entrepreneurs du tourisme, pour qui la mesure restreignait la liberté des randonneurs et risquait d’éloigner les voyageurs à petit budget, et la vive opposition des autorités locales du Khumbu. Le directeur exécutif du NTB qualifiait de son côté le refus de la municipalité d’« hautement irresponsable », tandis que la TAAN soutenait la règle, y voyant un gage de sécurité et de revenus pour les guides. Ce n’était pas la première tentative : la TAAN défendait l’idée d’un guide par trekkeur depuis 2012, une annonce retirée à l’époque faute de directive du ministère du Tourisme.
Le contexte explique aussi le changement. En 2019, avant la pandémie, plus de 46 000 cartes TIMS avaient été délivrées à des randonneurs indépendants, contre 19 415 en 2022, selon les chiffres cités par le Kathmandu Post. La TAAN estimait de son côté que la mesure pourrait procurer un emploi à quelque 40 000 Népalais.
Les lignes directrices de 2023, rapportées par le Kathmandu Post, prévoient :
Les textes publiés ne précisaient pas clairement si un trekkeur verbalisé peut poursuivre sa route ou doit faire demi-tour. Les permis ACAP et de parcs nationaux sont contrôlés à plusieurs postes, et le permis ACAP acheté au poste de contrôle coûte le double. L’application de la règle reste inégale selon les endroits, mais compter sur l’absence de contrôle est un mauvais calcul : outre l’amende, un randonneur en infraction ne bénéficie d’aucun appui d’agence en cas de problème. Vérifiez aussi les conditions de votre assurance, dont certaines garanties peuvent dépendre du respect des règles locales.
Si vous aimez l’autonomie, vous pouvez garder l’esprit du trek indépendant tout en respectant la règle :
Dans tous les cas, passez par une agence enregistrée pour la carte TIMS et le guide (voir choisir une agence de trek).
Pour une vue d’ensemble des risques, lisez notre page sécurité en trek dans l’Himalaya et notre page pilier voyage au Népal.
Seulement dans la région de l’Everest (Khumbu), où le guide est recommandé mais pas obligatoire. Ailleurs, dans les parcs nationaux et aires de conservation, un guide licencié et une carte TIMS (2 000 NPR) obtenue par une agence sont obligatoires depuis le 1er avril 2023.
Oui, c’est légal au 14 octobre 2026 : la municipalité rurale de Khumbu Pasang Lhamu n’impose pas de guide. Il faut le permis du parc national de Sagarmatha (3 000 NPR) et le permis local (3 000 NPR).
Les lignes directrices de 2023 prévoient 12 000 NPR pour un trekkeur sans guide ni carte TIMS sur les sentiers concernés, et 10 000 NPR par trekkeur pour une agence fautive.
Non : l’aire de conservation de l’Annapurna fait partie des régions où le guide licencié et la carte TIMS sont obligatoires. Il faut aussi le permis ACAP à 3 000 NPR.
Oui depuis mars 2026 : un trekkeur individuel peut obtenir le permis, mais il doit être accompagné d’un guide licencié et passer par une agence enregistrée.
Le Nepal Tourism Board a invoqué la sécurité des trekkeurs, la responsabilité des agences en cas de recherches et l’emploi local. La TAAN estimait que 10 à 15 trekkeurs disparaissent chaque année, surtout des indépendants.
Vous préparez un voyage au Népal ? Retrouvez toutes nos réponses dans le guide complet, ou partez avec un petit groupe francophone accompagné par Louis-Simon Roy, du 3 au 23 novembre 2027.
Je découvre le voyage guidé Le guide complet du Népal