Par Louis-Simon Roy, qui a vécu au total 8 ans au Népal au cours des 15 dernières années · Informations vérifiées le
En bref
Le café du Népal est encore peu connu, même des voyageurs qui passent des semaines dans le pays : on y boit surtout du thé, et le café servi dans les petits restaurants est souvent instantané. Pourtant, les collines du Népal produisent un arabica de montagne apprécié des torréfacteurs étrangers, et Katmandou compte désormais de nombreux cafés qui servent des grains népalais. Voici l’histoire, les régions, les chiffres et les bons réflexes pour goûter et rapporter du café népalais. Informations vérifiées le 14 octobre 2026.
Selon Onlinekhabar, le café a été planté pour la première fois au Népal en 1938, à Aapchaur, dans le district de Gulmi, par un ermite nommé Hira Giri, qui avait rapporté les graines de Birmanie (l’actuel Myanmar). Pendant des décennies, il est resté une culture marginale.
Les grandes étapes, d’après le même média :
Le secteur est aujourd’hui encadré par le National Tea and Coffee Development Board, organisme public régi par une loi de 2049 du calendrier népalais (1993), qui gère aussi le thé.
Le café népalais pousse dans les collines moyennes, entre environ 1 000 et 1 600 m d’altitude selon le Conseil du thé et du café, cité par le Kathmandu Post. En juillet 2026, Kantipur faisait état de plus de 30 000 producteurs répartis dans 43 districts. Le Kathmandu Post (2023) cite treize districts au fort potentiel pour le café biologique :
| Région | Districts cités | Intérêt pour le voyageur |
|---|---|---|
| Ouest (berceau historique) | Gulmi, Palpa, Arghakhanchi, Syangja | Tansen et ses collines, sur la route de Pokhara à Lumbini |
| Autour de Pokhara | Kaski, Tanahu, Lamjung, Parbat, Baglung | Facile à combiner avec un séjour à Pokhara |
| Centre | Gorkha | Sur la route de Katmandou à Pokhara |
| Vallée de Katmandou et alentours | Lalitpur, Kabhre, Sindhupalchok | Accessibles depuis la capitale |
Sindhupalchok, au nord-est de Katmandou, s’est imposé comme un bassin important : en 2023, le Kathmandu Post y comptait environ 2 150 foyers producteurs, plus de 31 tonnes récoltées par an et une marque collective, Sindhu Organic Coffee, exportée vers la Corée du Sud, l’Australie et le Japon.
D’après le Kathmandu Post, le café népalais est de l’arabica, un mélange de variétés bourbon, typica et caturra. Les exploitations sont petites, souvent moins d’un ropani (environ 500 m²) par famille, avec une seule récolte par an et un travail entièrement manuel. Le journal décrit la voie humide pratiquée dans un domaine de Nuwakot : les cerises fraîches sont fermentées, dépulpées puis séchées, et le café vert part à Katmandou pour l’export.
Cette production à petite échelle explique deux choses : une qualité parfois inégale d’un lot à l’autre, et des prix élevés. Selon Onlinekhabar (mai 2026), le kilo de café vert népalais se négocie entre 1 600 et 1 700 roupies, contre 1 200 à 1 300 roupies pour le café importé d’Inde : un paquet de café népalais coûte donc logiquement plus cher qu’un café d’importation.
Les chiffres disponibles proviennent du Conseil du thé et du café et des douanes, cités par Onlinekhabar en mai 2026 :
Autrement dit, le café que l’on vous sert dans un restaurant ordinaire est souvent importé et instantané ; le café népalais se cherche dans les cafés qui mettent en avant leur origine.
Le Kathmandu Post décrivait dès 2019 l’essor des cafés « tendance » dans la capitale, et l’offre a beaucoup grandi depuis. Sans recommander d’établissement, voici les repères :
Pour un repère de prix, consultez notre page prix courants au Népal.
Le café népalais est cultivé par de petites familles, souvent sur des parcelles en terrasses mêlées à d’autres cultures, et non dans de grandes plantations. Il n’existe donc pas de « route du café » balisée comme dans d’autres pays. Pour voir des caféiers, le plus simple est de séjourner dans les collines de Palpa, de Gulmi ou de Syangja, ou dans les villages de Kaski autour de Pokhara, et de demander à votre hébergement ou à votre guide s’il est possible de rendre visite à un producteur. La récolte n’ayant lieu qu’une fois par an, renseignez-vous sur la période avant de partir.
Ces régions se combinent bien avec un itinéraire classique : Tansen est une étape naturelle entre Pokhara et Lumbini, et les collines de Kaski se rejoignent en quelques heures depuis Lakeside. Un détour par une coopérative est aussi une bonne manière de soutenir les petits producteurs, qui touchent une part modeste du prix final.
Dans les cafés de spécialité, vous trouverez les préparations habituelles : expresso, cappuccino, filtre, et parfois des méthodes douces qui mettent en valeur un lot précis. Ailleurs, la règle reste le café instantané, souvent servi au lait et sucré, à la manière du chiya. Si vous voulez un café noir, précisez-le, et, si vous voulez du café népalais, demandez l’origine des grains : les bons établissements l’indiquent volontiers.
Le café reste une boisson urbaine et plutôt jeune. Dans les villages et chez l’habitant, on vous offrira presque toujours un thé au lait : acceptez-le, c’est un geste d’hospitalité. Pour comprendre cette culture, lisez notre page chiya, le thé népalais. Si vous tenez à votre café du matin en trek, emportez quelques sachets de café soluble ou un petit filtre, et utilisez une eau traitée ou bouillie.
Le café en grains ou moulu est un très bon souvenir, léger et apprécié. Quelques conseils :
Ne jugez pas le café népalais sur la tasse d’instantané d’un restaurant de bord de route. Cherchez les cafés qui affichent l’origine de leurs grains à Katmandou ou à Pokhara, faites un détour par Tansen si votre itinéraire passe par Palpa, et rapportez un paquet d’arabica de Gulmi ou de Sindhupalchok. Pour organiser le reste de votre séjour, consultez notre page pilier voyage au Népal. Informations vérifiées le 14 octobre 2026.
Oui : 641,9 tonnes de café vert sur 5 501 hectares de collines en 2024-2025, selon le Conseil national du thé et du café. C’est une petite production d’arabica, loin de couvrir une demande intérieure de plus de 2 800 tonnes.
Depuis 1938 : un ermite nommé Hira Giri a planté les premières graines, venues de Birmanie, à Aapchaur, dans le district de Gulmi, selon Onlinekhabar.
Dans les collines moyennes, entre environ 1 000 et 1 600 m : Gulmi, Palpa, Arghakhanchi, Syangja, Kaski, Lalitpur, Kabhre, Sindhupalchok et d’autres districts.
De l’arabica, un mélange de variétés bourbon, typica et caturra, cultivé sur de petites exploitations et souvent traité par voie humide.
Dans les cafés de Katmandou (Thamel, Jhamsikhel) et de Lakeside à Pokhara qui indiquent l’origine de leurs grains ; le café des restaurants ordinaires est souvent instantané et importé.
Oui, le café torréfié en grains ou moulu pour un usage personnel est un souvenir courant ; choisissez un paquet scellé indiquant le district d’origine et la date de torréfaction.
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