Le café du Népal : un arabica de montagne à découvrir sur place

Par Louis-Simon Roy, qui a vécu au total 8 ans au Népal au cours des 15 dernières années · Informations vérifiées le

En bref

  • Le café est arrivé au Népal en 1938, planté à Aapchaur, dans le district de Gulmi, avec des graines venues de Birmanie.
  • Le café népalais est de l’arabica (bourbon, typica, caturra), cultivé dans les collines du centre et de l’ouest, entre environ 1 000 et 1 600 m.
  • La production est petite : 641,9 tonnes de café vert sur 5 501 hectares en 2024-2025, selon le Conseil du thé et du café.
  • La demande dépasse 2 800 tonnes par an : près des trois quarts du café bu au Népal sont importés, souvent sous forme de café instantané.
  • Les meilleurs endroits pour le goûter : les cafés de spécialité de Katmandou et de Pokhara, et les régions productrices comme Palpa et Gulmi.

Le café du Népal est encore peu connu, même des voyageurs qui passent des semaines dans le pays : on y boit surtout du thé, et le café servi dans les petits restaurants est souvent instantané. Pourtant, les collines du Népal produisent un arabica de montagne apprécié des torréfacteurs étrangers, et Katmandou compte désormais de nombreux cafés qui servent des grains népalais. Voici l’histoire, les régions, les chiffres et les bons réflexes pour goûter et rapporter du café népalais. Informations vérifiées le 14 octobre 2026.

Une histoire qui commence à Gulmi en 1938

Selon Onlinekhabar, le café a été planté pour la première fois au Népal en 1938, à Aapchaur, dans le district de Gulmi, par un ermite nommé Hira Giri, qui avait rapporté les graines de Birmanie (l’actuel Myanmar). Pendant des décennies, il est resté une culture marginale.

Les grandes étapes, d’après le même média :

  • Ensuite : le gouvernement importe des semences d’Inde, les distribue aux agriculteurs et installe une unité de transformation, ce qui fait du café une culture commerciale.
  • 1983-1984 : création de la Nepal Coffee Company à Manigram (Rupandehi), qui permet enfin aux producteurs de vendre leur récolte.
  • Après 2002 : la consommation intérieure décolle et les exportations passent de 3,6 tonnes par an (jusqu’en 2000) à 84,3 tonnes en 2019.

Le secteur est aujourd’hui encadré par le National Tea and Coffee Development Board, organisme public régi par une loi de 2049 du calendrier népalais (1993), qui gère aussi le thé.

Où pousse le café népalais ?

Le café népalais pousse dans les collines moyennes, entre environ 1 000 et 1 600 m d’altitude selon le Conseil du thé et du café, cité par le Kathmandu Post. En juillet 2026, Kantipur faisait état de plus de 30 000 producteurs répartis dans 43 districts. Le Kathmandu Post (2023) cite treize districts au fort potentiel pour le café biologique :

RégionDistricts citésIntérêt pour le voyageur
Ouest (berceau historique)Gulmi, Palpa, Arghakhanchi, SyangjaTansen et ses collines, sur la route de Pokhara à Lumbini
Autour de PokharaKaski, Tanahu, Lamjung, Parbat, BaglungFacile à combiner avec un séjour à Pokhara
CentreGorkhaSur la route de Katmandou à Pokhara
Vallée de Katmandou et alentoursLalitpur, Kabhre, SindhupalchokAccessibles depuis la capitale

Sindhupalchok, au nord-est de Katmandou, s’est imposé comme un bassin important : en 2023, le Kathmandu Post y comptait environ 2 150 foyers producteurs, plus de 31 tonnes récoltées par an et une marque collective, Sindhu Organic Coffee, exportée vers la Corée du Sud, l’Australie et le Japon.

Un arabica de montagne

D’après le Kathmandu Post, le café népalais est de l’arabica, un mélange de variétés bourbon, typica et caturra. Les exploitations sont petites, souvent moins d’un ropani (environ 500 m²) par famille, avec une seule récolte par an et un travail entièrement manuel. Le journal décrit la voie humide pratiquée dans un domaine de Nuwakot : les cerises fraîches sont fermentées, dépulpées puis séchées, et le café vert part à Katmandou pour l’export.

Cette production à petite échelle explique deux choses : une qualité parfois inégale d’un lot à l’autre, et des prix élevés. Selon Onlinekhabar (mai 2026), le kilo de café vert népalais se négocie entre 1 600 et 1 700 roupies, contre 1 200 à 1 300 roupies pour le café importé d’Inde : un paquet de café népalais coûte donc logiquement plus cher qu’un café d’importation.

Les chiffres clés au 14 octobre 2026

Les chiffres disponibles proviennent du Conseil du thé et du café et des douanes, cités par Onlinekhabar en mai 2026 :

  • Production : 641,9 tonnes de café vert en 2024-2025, contre 501,3 tonnes l’année précédente et 314,5 tonnes en 2020-2021 : la production a doublé en cinq ans.
  • Surface : 5 501 hectares en 2024-2025, contre 4 309 hectares un an plus tôt.
  • Demande intérieure : plus de 2 800 tonnes par an, couverte à près de 75 % par les importations.
  • Commerce : sur les neuf premiers mois de l’exercice 2025-2026, environ 979 tonnes importées, dont 527 tonnes de café instantané, contre à peine 34 tonnes exportées.

Autrement dit, le café que l’on vous sert dans un restaurant ordinaire est souvent importé et instantané ; le café népalais se cherche dans les cafés qui mettent en avant leur origine.

Où boire un bon café népalais

Le Kathmandu Post décrivait dès 2019 l’essor des cafés « tendance » dans la capitale, et l’offre a beaucoup grandi depuis. Sans recommander d’établissement, voici les repères :

  • Katmandou : les quartiers fréquentés par les voyageurs, comme Thamel ou Jhamsikhel à Patan, comptent de nombreux cafés ; repérez ceux qui affichent l’origine de leurs grains (Gulmi, Palpa, Sindhupalchok, Nuwakot). Voyez notre guide de Katmandou.
  • Pokhara : Lakeside compte de nombreux cafés, idéals pour une pause avant ou après un trek ; voyez notre page Pokhara.
  • Régions productrices : à Tansen, chef-lieu de Palpa, et dans les collines voisines, on peut parfois voir des caféiers et goûter le café local ; voyez notre page Tansen et Palpa.
  • En trek : de nombreux lodges servent du café, souvent instantané ; certains proposent du café filtre plus cher.

Pour un repère de prix, consultez notre page prix courants au Népal.

Voir le café chez les producteurs

Le café népalais est cultivé par de petites familles, souvent sur des parcelles en terrasses mêlées à d’autres cultures, et non dans de grandes plantations. Il n’existe donc pas de « route du café » balisée comme dans d’autres pays. Pour voir des caféiers, le plus simple est de séjourner dans les collines de Palpa, de Gulmi ou de Syangja, ou dans les villages de Kaski autour de Pokhara, et de demander à votre hébergement ou à votre guide s’il est possible de rendre visite à un producteur. La récolte n’ayant lieu qu’une fois par an, renseignez-vous sur la période avant de partir.

Ces régions se combinent bien avec un itinéraire classique : Tansen est une étape naturelle entre Pokhara et Lumbini, et les collines de Kaski se rejoignent en quelques heures depuis Lakeside. Un détour par une coopérative est aussi une bonne manière de soutenir les petits producteurs, qui touchent une part modeste du prix final.

Comment le café est servi au Népal

Dans les cafés de spécialité, vous trouverez les préparations habituelles : expresso, cappuccino, filtre, et parfois des méthodes douces qui mettent en valeur un lot précis. Ailleurs, la règle reste le café instantané, souvent servi au lait et sucré, à la manière du chiya. Si vous voulez un café noir, précisez-le, et, si vous voulez du café népalais, demandez l’origine des grains : les bons établissements l’indiquent volontiers.

Les erreurs à éviter

  • Juger le café népalais sur l’instantané des petits restaurants : ce n’est pas le même produit.
  • Acheter un paquet sans origine : un mélange anonyme peut contenir du café importé.
  • Abuser du café en altitude : la caféine n’est pas interdite, mais l’eau doit rester votre boisson principale.
  • Utiliser l’eau du robinet pour votre café de voyage : faites-la bouillir ou traitez-la, comme expliqué sur notre page eau potable au Népal.

Café ou thé ? Les habitudes locales

Le café reste une boisson urbaine et plutôt jeune. Dans les villages et chez l’habitant, on vous offrira presque toujours un thé au lait : acceptez-le, c’est un geste d’hospitalité. Pour comprendre cette culture, lisez notre page chiya, le thé népalais. Si vous tenez à votre café du matin en trek, emportez quelques sachets de café soluble ou un petit filtre, et utilisez une eau traitée ou bouillie.

Acheter et rapporter du café népalais

Le café en grains ou moulu est un très bon souvenir, léger et apprécié. Quelques conseils :

  • Vérifiez l’origine : un paquet de café népalais indique le district (Gulmi, Palpa, Sindhupalchok, Nuwakot…) ; méfiez-vous des mélanges sans origine précise.
  • Regardez la date de torréfaction : le café se garde mieux en grains, dans un sachet à valve.
  • Achetez auprès des cafés qui torréfient : ils connaissent leurs lots et peuvent vous conseiller.
  • Douane : le café torréfié pour un usage personnel passe en général sans difficulté ; les règles d’importation au retour sont détaillées sur notre page douane et souvenirs.

Ce que ça change pour votre voyage

Ne jugez pas le café népalais sur la tasse d’instantané d’un restaurant de bord de route. Cherchez les cafés qui affichent l’origine de leurs grains à Katmandou ou à Pokhara, faites un détour par Tansen si votre itinéraire passe par Palpa, et rapportez un paquet d’arabica de Gulmi ou de Sindhupalchok. Pour organiser le reste de votre séjour, consultez notre page pilier voyage au Népal. Informations vérifiées le 14 octobre 2026.

Questions fréquentes

Le Népal produit-il du café ?

Oui : 641,9 tonnes de café vert sur 5 501 hectares de collines en 2024-2025, selon le Conseil national du thé et du café. C’est une petite production d’arabica, loin de couvrir une demande intérieure de plus de 2 800 tonnes.

Depuis quand cultive-t-on le café au Népal ?

Depuis 1938 : un ermite nommé Hira Giri a planté les premières graines, venues de Birmanie, à Aapchaur, dans le district de Gulmi, selon Onlinekhabar.

Où pousse le café népalais ?

Dans les collines moyennes, entre environ 1 000 et 1 600 m : Gulmi, Palpa, Arghakhanchi, Syangja, Kaski, Lalitpur, Kabhre, Sindhupalchok et d’autres districts.

Quel type de café produit le Népal ?

De l’arabica, un mélange de variétés bourbon, typica et caturra, cultivé sur de petites exploitations et souvent traité par voie humide.

Où goûter du café népalais ?

Dans les cafés de Katmandou (Thamel, Jhamsikhel) et de Lakeside à Pokhara qui indiquent l’origine de leurs grains ; le café des restaurants ordinaires est souvent instantané et importé.

Peut-on rapporter du café du Népal ?

Oui, le café torréfié en grains ou moulu pour un usage personnel est un souvenir courant ; choisissez un paquet scellé indiquant le district d’origine et la date de torréfaction.

Vous préparez un voyage au Népal ? Retrouvez toutes nos réponses dans le guide complet, ou partez avec un petit groupe francophone accompagné par Louis-Simon Roy, du 3 au 23 novembre 2027.

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Sources consultées