Par Louis-Simon Roy, qui a vécu au total 8 ans au Népal au cours des 15 dernières années · Informations vérifiées le
En bref
Le thé népalais se boit partout et à toute heure : dans les échoppes de Katmandou, dans les lodges de trek, chez l’habitant ou dans les bus qui s’arrêtent au bord de la route. Le plus souvent, c’est un chiya, thé noir bouilli avec du lait, beaucoup de sucre et parfois de la cardamome. Mais le Népal produit aussi des thés d’exception dans les collines d’Ilam, voisines de Darjeeling. Voici comment comprendre, commander, goûter et rapporter le thé népalais. Informations vérifiées le 14 octobre 2026.
Le Kathmandu Post qualifie le chiya de « boisson nationale officieuse » du Népal. La question « Chiya khane ? » est la phrase la plus prononcée quand un invité arrive ou que des amis se retrouvent. Le journal précise un point d’étiquette utile au voyageur : on ne refuse pas une tasse offerte, on l’accepte simplement.
La recette, telle que la décrit un vendeur de Basantapur interrogé par le Kathmandu Post, est simple : environ une part de lait pour deux parts d’eau, beaucoup de thé, beaucoup de sucre, et, en option, cardamome, cannelle et clous de girofle. Le tout bout dans une grande casserole en remuant quelques minutes. La version épicée est souvent appelée masala chiya ; certaines échoppes la servent dans des gobelets en terre cuite.
Le thé utilisé pour le chiya est en général du CTC (pour « crush, tear, curl »), un thé noir en petits granulés, corsé et malté, qui supporte bien l’ébullition avec le lait.
| Nom | Ce que c’est | Où le trouver |
|---|---|---|
| Chiya (dudh chiya) | Thé noir bouilli avec lait et sucre | Partout : échoppes, restaurants, lodges |
| Masala chiya | Chiya aux épices (cardamome, cannelle, girofle) | Échoppes et cafés des villes |
| Kalo chiya | Thé noir sans lait, souvent sucré | Sur demande, partout |
| Thé orthodoxe d’Ilam | Feuilles entières, infusées sans lait | Boutiques spécialisées, région d’Ilam |
| Thé au beurre salé | Thé battu avec du beurre et du sel | Régions sherpa et tibétaines, monastères |
Si vous ne buvez pas de lait ou si vous voulez limiter le sucre, demandez un kalo chiya et précisez « chini kam » (peu de sucre) ou « chini chhaina » (sans sucre). Les végétaliens trouveront d’autres conseils sur notre page végétarien et vegan au Népal.
La culture du thé au Népal débute dans le district d’Ilam, à l’extrême est du pays. Selon The Himalayan Times, c’est Gajaraj Singh Thapa, alors administrateur du district, qui y plante les premiers théiers en 1920 du calendrier népalais (1863-1864 de notre ère), et la première usine y est construite en 1935 du calendrier népalais (1878-1879). Ilam abrite toujours la plus ancienne fabrique historique du pays.
Dans la vallée de Katmandou, le thé ne devient une boisson du quotidien que bien plus tard. Le Kathmandu Post rapporte qu’une échoppe servait déjà du thé dans les années 1940 au pied du Dharahara, que les anciens de la vallée attribuent souvent cette habitude aux soldats revenus de la Seconde Guerre mondiale, et que le thé ne serait devenu courant qu’après 1951, à la fin du régime des Rana. Avant cela, beaucoup de familles buvaient surtout du lait le matin ; le chiya s’est ensuite imposé comme le liant de la vie sociale.
Selon le National Tea and Coffee Development Board, cité par Onlinekhabar en avril 2025, le Népal a produit 27 millions de kilos de thé transformé au cours de l’exercice 2023-2024, sur 20 760 hectares, avec 171 domaines et 15 203 producteurs, et en a exporté 16,5 millions de kilos. Deux types dominent, d’après une analyse du Nepal Economic Forum (2024) fondée sur les données du même Conseil :
L’Inde reçoit plus de 95 % des exportations de thé népalais, selon le Nepal Economic Forum. Pendant longtemps, le thé orthodoxe népalais était d’ailleurs vendu sous le logo de Darjeeling. Pour s’en démarquer, le Népal a créé une marque collective, « Nepali Tea – Quality from the Himalaya », dont le cahier des charges exige un thé entièrement biologique, d’après The Himalayan Times.
Le chiya pasal, petite échoppe à thé, est une institution. On s’y assoit sur un banc, on y lit le journal, on y discute. Le Kathmandu Post décrit une échoppe de Basantapur où un client se présente toutes les dix secondes, et une autre dont l’heure de pointe se situe entre 16 h et 18 h, à la sortie du travail. Pour le voyageur, quelques repères :
Dans les lodges, le thé est servi au litre ou à la tasse : thé au lait, thé noir, thé au citron, thé au gingembre. Boire chaud et souvent aide à rester hydraté, mais le thé contient de la caféine, qui ne remplace pas l’eau. Votre eau doit être traitée ou bouillie, comme expliqué sur notre page eau potable au Népal.
Dans les régions sherpa et tibétaines, vous goûterez peut-être le thé au beurre salé, appelé su chya chez les Sherpas. Il est préparé avec du thé, du beurre et du sel battus ensemble ; le beurre de yak est de plus en plus remplacé par du beurre de vache. Son goût surprend, presque celui d’un bouillon. Dans la tradition tibétaine, l’hôte remplit de nouveau le bol après chaque gorgée : si vous n’en voulez plus, laissez-le plein jusqu’au départ. Pour la vie dans ces villages, voyez notre page les Sherpas et notre guide manger en trek.
Pour voir le thé à la source, il faut aller dans l’est du pays, à Ilam, où les plantations couvrent les collines face à Darjeeling. C’est une destination encore peu fréquentée par les voyageurs étrangers, idéale pour combiner promenades dans les théiers, visite d’une fabrique et découverte des villages de l’est. L’accès, la meilleure saison et ce qu’il faut voir sont détaillés sur notre page Ilam et ses jardins de thé.
Le thé est l’un des souvenirs les plus faciles à rapporter : léger, peu cher et apprécié. Quelques conseils pour bien acheter :
Le chiya est votre meilleure porte d’entrée dans la vie népalaise : acceptez-le quand on vous l’offre, apprenez à dire kalo chiya si vous le voulez sans lait, et profitez des pauses thé pour discuter. Si vous aimez le thé, ajoutez quelques jours à Ilam à votre itinéraire et rapportez un thé orthodoxe en feuilles. Pour préparer le reste de votre séjour, consultez notre page pilier voyage au Népal. Informations vérifiées le 14 octobre 2026.
C’est un thé noir, généralement du CTC, bouilli avec environ une part de lait pour deux parts d’eau et beaucoup de sucre, parfois parfumé à la cardamome, à la cannelle et au girofle. C’est la boisson nationale officieuse du Népal.
Demandez un « kalo chiya » (thé noir). Ajoutez « chini kam » pour peu de sucre ou « chini chhaina » pour un thé sans sucre.
Le thé orthodoxe pousse surtout dans les collines d’Ilam, de Panchthar et de Dhankuta, dans l’est ; le thé CTC, utilisé pour le chiya, vient surtout des plaines de Jhapa.
Depuis les années 1860 : selon The Himalayan Times, les premiers théiers ont été plantés à Ilam en 1920 du calendrier népalais (1863-1864), et la première usine y a été construite en 1935 (1878-1879).
Il est d’usage d’accepter la tasse offerte, signe d’hospitalité. Si vous ne buvez pas de lait, demandez poliment un thé noir.
Un thé orthodoxe d’Ilam en feuilles entières pour la dégustation, ou du CTC et des épices pour refaire le chiya chez vous ; choisissez des sachets scellés et étiquetés.
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