Par Louis-Simon Roy, qui a vécu au total 8 ans au Népal au cours des 15 dernières années · Informations vérifiées le
En bref
Les gelures en trek et l’hypothermie sont des risques bien réels au Népal, y compris en automne, la saison la plus fréquentée. Le gouvernement du Canada prévient que les randonneurs peuvent souffrir d’engelures et de maladies liées à l’altitude, que de nombreux sentiers populaires montent au-dessus de 5 500 m et que les températures peuvent chuter brusquement. La prévention repose sur un bon équipement, des vêtements secs et une vraie attention à la météo ; les premiers gestes, eux, doivent être connus de tout le groupe. Voici ce qu’il faut savoir, d’après les CDC américains, le service de santé britannique (NHS) et les acteurs népalais du secours en montagne. Informations vérifiées le 14 octobre 2026.
Ces conseils ne remplacent pas une formation aux premiers secours ni un avis médical : consultez un professionnel de santé ou une clinique santé-voyage avant un trek en haute altitude. Pour l’ensemble de votre préparation, voyez notre guide du voyage au Népal.
Le Nepal Tourism Board rappelle que la température moyenne baisse de 6 °C pour chaque tranche de 1 000 m d’altitude, et qu’en montagne les températures hivernales descendent sous zéro. Entre une vallée à 1 000 m et un col à 5 000 m, l’écart moyen atteint donc 24 °C. Or les grands treks montent haut : le Thorong La, sur le circuit des Annapurnas, culmine à 5 416 m, et le camp de base de l’Everest se trouve à 5 364 m.
La Himalayan Rescue Association (HRA), qui tient les postes de secours de Pheriche et de Manang, insiste sur deux points : chaque altitude a ses propres problèmes météo, et des tempêtes soudaines peuvent survenir à tout moment, déposant un à deux mètres de neige sur les cols. Elle ajoute que les gelures sont un risque constant dès que l’on marche dans la neige en haute altitude, et que de simples chaussures de course ne suffisent pas dans ces conditions.
L’automne est la grande saison du trek, mais il n’exclut pas la neige. Trois épisodes, tous en septembre ou en octobre, le rappellent :
| Date | Lieu | Ce qui s’est passé |
|---|---|---|
| 14 et 15 octobre 2014 | Thorong La, districts de Mustang, Manang et Dolpa | Plus de 1,2 m de neige en deux jours, liée au cyclone Hudhud ; au moins 39 morts, et 407 personnes secourues dont 226 étrangers (NPR, 20 octobre 2014) |
| 27 et 28 octobre 2025 | Manang, de Pisang (3 200 m) jusqu’au lac Tilicho et au Thorong La | Fortes chutes de neige ; les trekkeurs ont reçu l’ordre de s’arrêter là où ils étaient, alors que 1 000 à 1 500 étrangers se trouvaient dans le haut Manang (Kathmandu Post) |
| Fin septembre 2026 | Manang et Manaslu | Neige à partir de Humde (environ 3 300 m) ; trek interdit trois jours vers le Tilicho, le Thorong La, Ice Lake, le Kang La et Bhimthang, et sentier du Manaslu suspendu (Kathmandu Post, 26 septembre 2026) |
La leçon est claire : même en octobre, prévoyez l’équipement d’hiver dès que votre itinéraire dépasse 4 000 m, écoutez les consignes des autorités locales et gardez des jours de réserve pour attendre la fin d’une tempête au lieu de forcer un col. Notre page sur les avalanches au Népal complète ce tableau.
| Problème | Signes | Gravité |
|---|---|---|
| Hypothermie | Température du corps sous 35 °C ; frissons, peau pâle et froide, lèvres bleues ou grises, élocution pâteuse, respiration lente, fatigue, confusion, maladresse | Urgence médicale ; peut évoluer vers le coma (CDC, NHS) |
| Gelure superficielle | Peau froide et ferme, engourdissement, picotements ou brûlure ; puis rougeur, gonflement, cloques claires | Consultation nécessaire |
| Gelure profonde | Peau dure et gelée, blanche, bleue ou marbrée, insensible ; cloques remplies de sang, puis noircissement des tissus | Urgence : risque de perte de tissus |
| Pied d’immersion (pied de tranchée) | Pieds longtemps mouillés dans une eau sous 15 °C : engourdissement, maladresse, puis douleur au réchauffement | Lésion sans gel, à prendre au sérieux |
Les frissons sont le premier signal d’alarme de l’hypothermie, rappellent les CDC. Une personne qui frissonne beaucoup ou lutte pour rester éveillée peut être en hypothermie, ajoute le NHS. En altitude, pensez aussi au mal des montagnes, dont certains signes peuvent se confondre avec ceux du froid : notre page sur le mal des montagnes les détaille.
Les CDC recommandent le système des trois couches :
Restez au sec : les CDC conseillent de changer rapidement tout vêtement humide, car l’eau et les vêtements mouillés font perdre la chaleur plus vite que le vent. Le NHS recommande de couvrir tête, cou et visage, de porter gants ou moufles, chaussettes épaisses et chaussures adaptées, et de manger et boire régulièrement quand on reste longtemps au froid. Quelques réflexes complètent ces règles :
Pour la liste détaillée, voyez nos pages vêtements et chaussures de trek et trek au Népal en hiver.
Contre la douleur, les CDC mentionnent l’ibuprofène ; prenez-le seulement si vous le tolérez et selon l’avis d’un professionnel. Gardez-en dans votre trousse à pharmacie, avec une couverture de survie.
Les postes de la HRA à Pheriche, dans la région de l’Everest, et à Manang, sur le circuit des Annapurnas, ainsi que sa clinique satellite de Thorong Phedi, sont les premiers recours sur ces itinéraires. Pour une gelure profonde ou une hypothermie, une évacuation vers Katmandou ou Pokhara peut être nécessaire : vérifiez avant le départ que votre assurance couvre l’altitude et l’hélicoptère, et consultez notre page sur les hôpitaux et cliniques au Népal.
En résumé, les gelures en trek et l’hypothermie se préviennent par trois couches de vêtements secs, des extrémités bien protégées et une vraie prudence face à la météo, y compris en octobre. Si le froid frappe : abri, vêtements secs, pas de frottement ni de chaleur directe, et aide médicale. Informations à jour au 14 octobre 2026.
Oui. Des tempêtes peuvent déposer un à deux mètres de neige sur les cols à tout moment selon la Himalayan Rescue Association ; en octobre 2014, une tempête a fait au moins 39 morts dans les districts de Manang, Mustang et Dolpa, et en octobre 2025 la neige a contraint les trekkeurs du haut Manang à s’arrêter sur place.
Au début, la peau devient froide et ferme, avec engourdissement, picotements ou brûlure. Dans les formes graves, elle devient dure, blanche, bleue ou marbrée, insensible, puis apparaissent des cloques et un noircissement des tissus.
Mettez-vous à l’abri, retirez bagues et chaussures de la zone, ne frottez pas et n’utilisez aucune chaleur directe. Réchauffez dans de l’eau à 37–39 °C seulement si la zone ne risque pas de geler à nouveau, puis consultez rapidement.
La température du corps descend sous 35 °C. Les signes sont des frissons, une peau pâle et froide, une élocution pâteuse, une respiration lente, de la fatigue et de la confusion. C’est une urgence médicale.
Non. Le NHS déconseille de donner de l’alcool à une personne en hypothermie ; proposez plutôt une boisson chaude sans alcool et des aliments sucrés si elle est bien consciente.
Avec trois couches : une couche de base qui évacue l’humidité, une couche isolante en polaire ou en duvet, et une couche extérieure coupe-vent et imperméable. Ajoutez bonnet, gants ou moufles, chaussettes épaisses et chaussures de montagne, et changez vite tout vêtement mouillé.
Vous préparez un voyage au Népal ? Retrouvez toutes nos réponses dans le guide complet, ou partez avec un petit groupe francophone accompagné par Louis-Simon Roy, du 3 au 23 novembre 2027.
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