Dengue au Népal : moustiques, paludisme et prévention en 2026

Par Louis-Simon Roy, qui a vécu au total 8 ans au Népal au cours des 15 dernières années · Informations vérifiées le

En bref

  • La dengue est présente au Népal chaque année : 54 784 cas et 88 décès en 2022 (record), 41 865 cas et 15 décès en 2024, plus de 5 000 cas signalés entre janvier et le 20 septembre 2026.
  • Le risque culmine pendant et juste après la mousson (de juin à octobre) ; les moustiques qui la transmettent piquent le jour.
  • Aucun vaccin contre la dengue n’est offert au Canada ; en France, il n’est recommandé qu’en cas d’épidémie avérée ou de séjour de plus d’un mois en zone d’endémie.
  • Paludisme : selon les CDC, transmission surtout dans les provinces de Sudurpashchim et de Karnali sous 2 000 m ; aucun risque à Katmandou, à Pokhara ni sur les treks classiques.
  • Fièvre pendant ou après le voyage : consultez rapidement, prenez du paracétamol et évitez l’aspirine et l’ibuprofène.

La dengue au Népal n’est plus une maladie réservée aux plaines chaudes du Sud : depuis le premier cas signalé en 2004, chez un étranger dans le district de Chitwan, le virus s’est installé dans presque tout le pays, jusque dans les vallées de montagne. Pour le voyageur, le risque est réel mais se maîtrise très bien avec quelques gestes contre les piqûres. Le paludisme, lui, est devenu rare et très localisé. Voici ce qu’il faut savoir avant de partir, chiffres officiels à l’appui. Informations vérifiées le 13 octobre 2026.

La dengue au Népal : les chiffres des dernières épidémies

La dengue est une infection virale transmise par des moustiques du genre Aedes. Le Népal connaît désormais des flambées presque chaque année, avec de fortes variations d’une saison à l’autre. Les données ci-dessous proviennent de la Division de l’épidémiologie et du contrôle des maladies (EDCD) du ministère népalais de la Santé, reprises par l’OMS et la presse népalaise.

AnnéeCas signalésDécèsDistricts touchés
202254 784 (record national)8877 sur 77
202341 857 au 26 octobre 20232076
202441 8651576
20258 109 au début de décembre 2025676 sur 77
2026plus de 5 000 au 20 septembre 2026au moins 3épidémie en cours

Deux enseignements pour le voyageur. D’abord, la dengue n’épargne plus les collines : en 2025, tous les districts de montagne sauf celui de Dolpa ont signalé des infections, et en 2026 le district de Baglung, en province de Gandaki, a enregistré plus de 1 500 cas depuis la mi-juillet. Ensuite, les grandes villes ont déjà été au cœur d’épidémies : en 2022, la province de Bagmati, celle de Katmandou, concentrait plus des trois quarts des cas. Les chiffres officiels sous-estiment par ailleurs la réalité, car beaucoup d’infections passent inaperçues.

Quand le risque de dengue est-il le plus élevé ?

Le risque suit la saison des pluies. Selon la référence du service météorologique népalais, la mousson arrive en moyenne vers le 13 juin et se retire vers le 2 octobre ; en 2025, elle a duré du 29 mai au 10 octobre, la plus longue jamais mesurée. Les cas grimpent pendant l’été, culminent souvent entre août et octobre, puis retombent avec le froid. En juillet 2025, l’EDCD prévenait que les quatre mois suivants seraient la période la plus à risque de l’année.

Concrètement, un voyage en octobre ou au début de novembre, la grande saison des treks, peut encore coïncider avec la fin d’une flambée, surtout à basse altitude : vallée de Katmandou, Pokhara, Chitwan, Teraï. De décembre à février, le risque devient faible. Pour choisir vos dates en connaissance de cause, consultez notre page sur le climat et la meilleure période pour aller au Népal et notre dossier sur la mousson au Népal.

Symptômes de la dengue et réflexes à avoir

D’après les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies des États-Unis (CDC), le symptôme le plus fréquent est la fièvre, souvent accompagnée de douleurs derrière les yeux, de douleurs musculaires, articulaires ou osseuses, de nausées ou d’une éruption cutanée. Les symptômes durent en général de 2 à 7 jours et la plupart des malades se rétablissent en une semaine environ.

Les signes d’alerte d’une dengue sévère apparaissent souvent 24 à 48 heures après la baisse de la fièvre : douleurs ou sensibilité du ventre, vomissements au moins trois fois en 24 heures, saignements du nez ou des gencives, sang dans les vomissements ou les selles, grande fatigue ou agitation. C’est une urgence médicale.

  • Médicament contre la fièvre : les CDC recommandent le paracétamol (acétaminophène) et déconseillent formellement l’aspirine et l’ibuprofène.
  • Hydratation : buvez beaucoup ; une solution de réhydratation orale aide si vous vomissez.
  • Consultation : toute fièvre au Népal, ou dans les semaines qui suivent le retour, justifie un avis médical en signalant votre voyage. Notre page sur les hôpitaux et cliniques de Katmandou et Pokhara vous aide à trouver où vous faire soigner.

Vaccin contre la dengue : ce qu’en disent le Canada et la France

Les recommandations diffèrent selon votre pays de résidence. Le gouvernement du Canada indique qu’il n’existe au Canada aucun vaccin ni médicament pour prévenir la dengue. En France, l’Institut Pasteur précise que la vaccination n’est recommandée qu’en cas de séjour dans une zone où une épidémie est avérée, et qu’elle peut être envisagée pour un séjour de plus d’un mois en zone d’endémie. Dans tous les cas, la décision se prend avec un professionnel de santé ou une clinique santé-voyage, qui tiendra compte de vos antécédents et de votre itinéraire. Le point complet sur les autres vaccins est dans notre guide des vaccins pour le Népal.

Paludisme au Népal : où se trouve vraiment le risque ?

Bonne nouvelle : le paludisme est devenu rare au Népal et ne concerne pas la plupart des itinéraires touristiques. Selon les CDC, la transmission a lieu dans les provinces de Sudurpashchim et de Karnali, dans l’extrême Ouest, dans les zones situées sous 2 000 mètres d’altitude, avec de rares cas ailleurs sous cette même altitude. Il n’y a pas de transmission à Katmandou, à Pokhara ni sur les treks himalayens classiques. L’espèce dominante est Plasmodium vivax ; P. falciparum, plus dangereux, représente moins de 10 % des cas.

Le pays visait l’élimination du paludisme pour 2026, mais l’objectif a été repoussé à 2030 : en 2024, 1 043 cas ont été recensés, dont 1 006 importés et 37 contractés sur place. La grande majorité des cas importés vient de l’Inde voisine, avec laquelle la frontière est ouverte.

RégionRisque de paludismePrévention conseillée par les CDC
Sudurpashchim et Karnali, sous 2 000 mTransmission établieTraitement préventif à discuter avec un médecin
Autres zones sous 2 000 m (dont le Teraï)Cas raresProtection contre les piqûres uniquement
Katmandou, Pokhara, treks classiquesAucune transmissionAucune mesure spécifique

Si vous partez au parc national de Chitwan ou dans l’Ouest du Teraï, parlez-en à votre médecin : il jugera si un traitement préventif est utile pour votre itinéraire précis.

Encéphalite japonaise et chikungunya

D’autres maladies transmises par les moustiques existent, mais concernent surtout les longs séjours. Pour l’encéphalite japonaise, le gouvernement du Canada juge le risque très faible pour la plupart des voyageurs ; il augmente pour les séjours de plus de 30 jours ou en zone rurale. L’Institut Pasteur réserve la vaccination aux expatriés et aux personnes qui séjournent en zone rurale pendant la période de transmission. Pour le chikungunya, le Canada signale un risque variable selon la saison, l’année, la région et l’altitude, et mentionne qu’un vaccin est approuvé au Canada. Un professionnel de santé vous dira si l’un ou l’autre vaccin se justifie.

Comment éviter les piqûres de moustiques au Népal

Les moustiques de la dengue piquent surtout le jour, en particulier autour du lever et du coucher du soleil, d’après le gouvernement du Canada. La moustiquaire du soir ne suffit donc pas. Voici les gestes qui protègent vraiment :

  1. Un répulsif efficace sur la peau découverte, appliqué après la crème solaire et renouvelé selon la notice. Demandez conseil en pharmacie avant de partir, surtout pour les enfants et les femmes enceintes.
  2. Des vêtements amples et couvrants, de couleur claire, en fin de journée et lors des safaris à Chitwan.
  3. Une moustiquaire si votre chambre n’est pas entièrement close ou climatisée, ce qui est fréquent dans le Teraï.
  4. Pas d’eau stagnante autour de votre logement : les moustiques Aedes pondent dans les petits récipients, pots de fleurs et pneus.
  5. Une trousse adaptée : thermomètre, paracétamol, sels de réhydratation. Pensez aussi à votre protection solaire pour la montagne, et consultez notre liste de choses à apporter au Népal.

En trek, faut-il s’inquiéter des moustiques ?

Très peu. Plus vous montez, plus les moustiques se raréfient, et les CDC ne signalent aucun paludisme sur les treks classiques. Le risque de dengue concerne surtout les journées passées à Katmandou, à Pokhara ou dans les vallées basses en début et en fin de trek, pendant ou juste après la mousson. En altitude, d’autres priorités vous attendent : l’acclimatation à l’altitude et la qualité de l’eau. Pour une vue d’ensemble des risques du pays, lisez aussi notre point sécurité au Népal en 2026.

Notre conseil pour voyager serein

La dengue ne doit pas vous dissuader de partir : elle se prévient surtout par des gestes simples, et le paludisme ne concerne qu’une petite partie du pays. Prenez rendez-vous dans une clinique santé-voyage plusieurs semaines avant le départ, indiquez précisément vos étapes (ville, Teraï, trek) et vos dates, et gardez le réflexe « fièvre = consultation ». Préparez ensuite le reste de votre séjour avec notre guide complet du voyage au Népal. Informations vérifiées le 13 octobre 2026 ; consultez un professionnel de santé ou une clinique santé-voyage pour un avis adapté à votre situation.

Questions fréquentes

Y a-t-il de la dengue au Népal ?

Oui. Le Népal signale des cas chaque année depuis 2004, avec un record de 54 784 cas et 88 décès en 2022, et plus de 5 000 cas entre janvier et le 20 septembre 2026. Le risque culmine pendant et juste après la mousson.

Quelle est la période la plus à risque pour la dengue au Népal ?

La saison des pluies, de juin à octobre, avec un pic fréquent entre août et octobre. De décembre à février, le risque devient faible.

Faut-il un traitement contre le paludisme pour un trek au Népal ?

Non. Selon les CDC, il n’y a aucune transmission du paludisme à Katmandou, à Pokhara ni sur les treks himalayens classiques. Un traitement préventif ne se discute que pour les zones sous 2 000 m des provinces de Sudurpashchim et de Karnali.

Existe-t-il un vaccin contre la dengue pour le Népal ?

Aucun vaccin contre la dengue n’est offert au Canada. En France, il n’est recommandé qu’en cas d’épidémie avérée ou de séjour de plus d’un mois en zone d’endémie ; parlez-en à une clinique santé-voyage.

Que faire en cas de fièvre au Népal ?

Consultez rapidement un médecin en signalant votre voyage, prenez du paracétamol et évitez l’aspirine et l’ibuprofène, comme le recommandent les CDC. Les douleurs abdominales, vomissements répétés ou saignements sont des signes d’urgence.

Vous préparez un voyage au Népal ? Retrouvez toutes nos réponses dans le guide complet, ou partez avec un petit groupe francophone accompagné par Louis-Simon Roy, du 3 au 23 novembre 2027.

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Sources consultées