Par Louis-Simon Roy, qui a vécu au total 8 ans au Népal au cours des 15 dernières années · Informations vérifiées le
En bref
La musique népalaise accompagne le voyageur partout : le madal qui bat dans un bus de nuit, les cuivres du panche baja d’un cortège de mariage, les chants dialogués d’un restaurant dohori, les cymbales d’une procession newar. Elle reflète la diversité du pays, avec des instruments propres à chaque peuple, des castes de musiciens héréditaires et une scène contemporaine très vivante. Voici les instruments à connaître, les grandes traditions, les lieux où écouter de la musique live et quelques conseils si vous voulez rapporter un instrument. Informations vérifiées le 14 octobre 2026.
| Instrument | Type | Où l’entendre |
|---|---|---|
| Madal | Tambour cylindrique à deux peaux, légèrement renflé au centre | Partout : chants folkloriques, danses, dohori |
| Sarangi | Vièle à archet | Musiciens gandharva, scène folk |
| Bansuri | Flûte traversière en bambou | Musique folklorique et classique |
| Damphu | Tambour sur cadre | Chants et danses tamang (tamang selo) |
| Dhyangro | Tambour sur cadre à clochettes | Rituels chamaniques |
| Damaha, tyamko, sahanai, narsinga, jhyali | Timbales, hautbois, trompe recourbée, cymbales | Panche baja des mariages et des fêtes |
Le madal est souvent présenté comme l’instrument national du Népal : il assure le rythme de la plupart des musiques folkloriques et se joue d’ordinaire assis, posé à l’horizontale, en frappant les deux peaux à la fois. On l’entend dans tout le pays, des bus de nuit aux fêtes de village. Le damphu est étroitement lié au tamang selo, le chant des Tamang, accompagné aussi du madal et d’un instrument à cordes, le tungna. Pour découvrir les peuples des collines chez qui ces musiques résonnent, voyez nos pages peuple tamang et peuple magar.
Le sarangi népalais est une vièle à archet, instrument emblématique de la musique folklorique. C’est l’instrument des Gandharva, autrefois appelés gaine, une communauté de musiciens itinérants. Selon le Kathmandu Post, ils allaient de village en village avec leurs contes et les nouvelles du pays : ils étaient à la fois des artistes et des messagers. Leurs chants héroïques s’appellent karkha ; le chanteur Jhalak Man Gandharva, premier à enregistrer les chants gaine, en a composé pour des héros népalais de la Seconde Guerre mondiale.
Cette tradition est fragile. Le Kathmandu Post racontait dès 2017 le cas d’un joueur de sarangi de Syangja qui ne pouvait plus faire vivre sa famille de sa musique, la jeune génération assimilant le métier à de la mendicité, et la télévision puis Internet ayant détourné le public, tandis que les jeunes partaient étudier ou travailler à l’étranger. Le regard porté sur cette communauté, longtemps placée en bas de la hiérarchie des castes, pèse aussi sur la transmission ; notre page castes au Népal explique ce contexte.
Le foyer gandharva le plus connu se trouve à Batulechaur, quartier de Pokhara (Pokhara-16) où se trouvent aussi la grotte de Mahendra et la grotte des chauves-souris, ce qui permet de combiner les visites. Jhalak Man Gandharva y est mort en 2003, et le joueur de sarangi et chanteur de karkha Khim Bahadur Gandharva, qui avait joué pour Mao Zedong à Pékin et pour Indira Gandhi à Delhi, y est mort chez lui en janvier 2026, à 91 ans, selon Ekantipur. Si vous séjournez à Pokhara, c’est l’endroit où entendre un sarangi joué par ceux qui en ont fait leur héritage (voir notre page Pokhara, ville du Népal).
Si vous entendez des timbales et une trompe en forme de C dans une rue népalaise, c’est probablement un panche baja, littéralement « cinq instruments ». L’ensemble réunit la petite timbale tyamko, la grande timbale damaha, le hautbois sahanai ou la trompe narsinga (karnal), les cymbales jhyali et le tambour dholaki. Il est indispensable aux rites de passage hindous, en particulier aux mariages. La forme élargie, le naumati baja, compte neuf instruments, en écho aux neuf planètes.
Le panche baja est traditionnellement joué par les Damai, une communauté dalit de musiciens héréditaires. Longtemps concurrencé par les fanfares de cuivres (band baja) arrivées d’Inde, il connaissait un regain de popularité en 2018 selon Onlinekhabar : le fondateur du musée de la musique du Népal estimait alors qu’environ la moitié des mariages le choisissaient. Chaque occasion, mariage, naissance ou repiquage du riz, a son propre air, transmis de génération en génération.
Dans la vallée de Katmandou, les Newars ont leurs propres ensembles de tambours, de cymbales et de flûtes, qui accompagnent processions, chars et danses masquées. Le meilleur moyen de les entendre est de se trouver dans la vieille ville lors d’une fête : Indra Jatra à Katmandou (25 septembre en 2026), Bisket Jatra à Bhaktapur au Nouvel An népalais, ou les nombreuses jatras de quartier. Consultez nos pages peuple newar, danses masquées et festivals du Népal pour caler votre séjour.
Le dohori est un chant dialogué, souvent entre un homme et une femme, fait de couplets improvisés en forme de joute. Il est né dans les villages des collines et a gagné les villes avec l’exode rural. Selon la chercheuse Anna Stirr, les restaurants dohori de Katmandou sont passés de trois en 2000 à environ quatre-vingts en 2005, portés par l’arrivée des migrants pendant le conflit. On y dîne, on y boit et l’on y danse devant une scène où chanteurs et musiciens (madal, sarangi, flûte, harmonium, percussions électroniques) recréent l’ambiance d’une fête de village. La sonorisation y est forte, avec beaucoup d’écho : c’est voulu, pour évoquer le son de dizaines de tambours dans les collines.
Côté musiques actuelles, le groupe Nepathya, formé au début des années 1990 par trois jeunes de Pokhara et dont le premier album est sorti en 1993, a popularisé un folk-rock qui puise dans les mélodies traditionnelles, à l’origine celles de Pokhara ; son chanteur Amrit Gurung en est le seul membre d’origine encore présent, selon le Kathmandu Post. Le pays compte aussi une scène rock, pop et hip-hop très active, que vous entendrez dans les bars de Thamel et de Lakeside à Pokhara (voir notre page vie nocturne à Thamel).
Madal, sarangi, flûtes en bambou et bols chantants se vendent à Thamel, autour de Boudhanath et à Pokhara. Quelques conseils :
Réservez au moins une soirée à la musique : un restaurant dohori à Katmandou, un passage à Batulechaur si vous êtes à Pokhara, ou une fête de rue dans la vallée. Si vous pouvez caler votre voyage sur une jatra newar, vous entendrez la musique là où elle a toujours vécu, dans la rue. Tous nos dossiers pour organiser votre séjour sont réunis sur la page pilier voyage au Népal.
Le madal, tambour cylindrique à deux peaux, est considéré comme l’instrument national : il rythme la plupart des musiques folkloriques népalaises.
C’est une vièle à archet, instrument des Gandharva, musiciens itinérants qui chantaient légendes et nouvelles de village en village.
Un ensemble de cinq instruments (timbales, hautbois ou trompe, cymbales, tambour) joué par les musiciens damai lors des mariages et des rites hindous ; la version à neuf instruments s’appelle naumati baja.
Dans les restaurants dohori de Katmandou et Pokhara, lors des fêtes de rue de la vallée de Katmandou, dans les bars de Thamel et de Lakeside, et à Batulechaur, quartier de Pokhara, pour le sarangi.
Un chant dialogué fait de couplets improvisés, souvent entre un homme et une femme. Les restaurants dohori de Katmandou se sont multipliés, passant de trois en 2000 à environ quatre-vingts en 2005.
Oui. Essayez l’instrument avant l’achat, protégez-le pour le vol et vérifiez les règles d’importation de votre pays pour les peaux animales des tambours.
Vous préparez un voyage au Népal ? Retrouvez toutes nos réponses dans le guide complet, ou partez avec un petit groupe francophone accompagné par Louis-Simon Roy, du 3 au 23 novembre 2027.
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