Séisme au Népal : comprendre le risque et savoir quoi faire

Par Louis-Simon Roy, qui a vécu au total 8 ans au Népal au cours des 15 dernières années · Informations vérifiées le

En bref

  • Le Népal est l’un des pays les plus sismiques du monde : le gouvernement du Canada y signale un risque permanent de tremblements de terre, de répliques et de glissements de terrain.
  • Grands séismes récents : 25 avril 2015 (magnitude 7,8, plus de 8 790 morts selon l’évaluation officielle), Jajarkot le 3 novembre 2023 (153 morts).
  • Pendant une secousse : baissez-vous, abritez-vous sous un meuble solide et agrippez-vous ; ne courez pas dehors depuis l’intérieur d’un bâtiment.
  • Après : éloignez-vous des murs et des fils électriques, attendez-vous à des répliques et prévenez vos proches.
  • Numéros utiles : police 100, pompiers 101, ambulance 102, police touristique 1144.

Un séisme au Népal peut survenir à tout moment : le pays s’étend sur la zone de collision entre les plaques indienne et eurasienne, celle-là même qui a soulevé l’Himalaya. Le Centre national de surveillance et de recherche sismologique népalais enregistre plusieurs secousses chaque mois, le plus souvent sans dégâts. Le risque ne doit pas vous empêcher de voyager, mais il mérite cinq minutes de préparation. Ce guide explique le risque réel et les bons réflexes avant, pendant et après une secousse. Informations vérifiées le 13 octobre 2026.

Pourquoi le risque de séisme au Népal est-il si élevé ?

La plaque indienne continue de s’enfoncer sous la plaque eurasienne. Les contraintes accumulées le long de cette frontière se libèrent par des séismes, parfois très violents. Le gouvernement du Canada résume la situation dans ses conseils aux voyageurs : il existe au Népal un risque permanent de tremblements de terre, de répliques et de glissements de terrain, et il recommande de se familiariser avec les procédures locales de sécurité.

La vallée de Katmandou concentre une grande partie du risque : en 1934 comme en 2015, elle a subi de très fortes secousses, et son urbanisation rapide a multiplié les bâtiments construits sans contrôle suffisant. Amod Dixit, de la Société nationale de technologie sismique du Népal (NSET), estime que l’essentiel du risque vient de constructions mal encadrées.

Les grands séismes de l’histoire récente

DateRégionMagnitudeBilan humain
15 janvier 1934Est du Népal et Bihar (Inde)8,0Entre 10 700 et 12 000 morts au total selon les estimations ; secousses d’intensité maximale dans la vallée de Katmandou
25 avril 2015Gorkha, près de Barpak7,8Plus de 8 790 morts et 22 300 blessés selon l’évaluation officielle des besoins (PDNA)
12 mai 2015Dolakha (réplique majeure)7,3Au moins 153 morts au Népal
3 novembre 2023Jajarkot et Rukum Ouest6,4 (magnitude locale)153 morts selon le gouvernement
7 janvier 2025Tingri, au Tibet, près de la frontière7,1126 morts au Tibet selon le bilan chinois ; secousse ressentie à Katmandou, à quelque 400 km

Le séisme de 2015 reste la référence pour les voyageurs ; nous lui consacrons une page entière : le séisme de 2015 au Népal, bilan et reconstruction. En 2026, l’activité reste régulière mais modérée : le centre sismologique népalais a par exemple enregistré une secousse de magnitude locale 5,3 dans le Mustang le 8 septembre 2026, et d’autres de magnitude 4 à 4,5 dans le Mugu et le Bajura en septembre et octobre.

Suivre l’activité sismique en temps réel

Le Centre national de surveillance et de recherche sismologique, rattaché au Département des mines et de la géologie, publie sur son site officiel (seismonepal.gov.np) la liste des dernières secousses enregistrées au Népal, avec la date, l’heure locale, la magnitude et la localisation de l’épicentre. Le site propose aussi un formulaire « Did you feel it? » pour signaler une secousse ressentie. Après un tremblement de terre, c’est la source la plus fiable pour savoir où se trouvait l’épicentre et quelle était sa magnitude, avant même les médias. Gardez cependant à l’esprit qu’une magnitude ne dit pas tout : un séisme modéré mais peu profond, proche d’une zone peuplée et de bâtiments fragiles, peut faire de lourds dégâts, comme à Jajarkot en 2023.

Avant le départ : se préparer en 10 minutes

  • Inscrivez-vous auprès de votre pays : service d’inscription des Canadiens à l’étranger, plateforme Ariane pour les Français. En cas de catastrophe, c’est par là que votre ambassade vous retrouve.
  • Vérifiez votre assurance : elle doit couvrir l’évacuation et le rapatriement, y compris en cas de catastrophe naturelle. Voir notre guide sur l’assurance voyage pour le Népal et le sauvetage en hélicoptère.
  • Notez les numéros d’urgence hors de votre téléphone : police 100, pompiers 101, ambulance 102, police touristique 1144. Retrouvez la liste complète sur notre page numéros d’urgence au Népal.
  • Préparez une petite trousse toujours à portée de main : lampe frontale, eau, quelques en-cas, sifflet, copie du passeport, médicaments personnels. Notre article sur la lampe de poche au Népal explique pourquoi elle ne quitte jamais le sac.
  • Convenez d’un point de rendez-vous avec vos compagnons de voyage, car les réseaux téléphoniques saturent après une forte secousse.

Choisir son hébergement en pensant au risque sismique

Il est impossible de vérifier soi-même la résistance d’un bâtiment, mais vous pouvez limiter votre exposition. Évitez si possible les immeubles étroits visiblement surélevés après coup et les bâtisses très dégradées. À l’arrivée, repérez l’escalier, la sortie et un espace dégagé proche. Dans la vallée de Katmandou, le gouvernement a désigné 83 espaces ouverts dans les trois districts comme sites d’évacuation ; en 2015, des milliers d’habitants s’étaient réfugiés sur la grande esplanade de Tundikhel, au centre de la capitale. Pour bien choisir votre logement, consultez aussi notre page sur le choix d’un hôtel au Népal.

Pendant un séisme : que faire ?

Les consignes de sécurité civile du gouvernement du Canada se résument en trois mots : baissez-vous, abritez-vous, agrippez-vous. Agissez immédiatement, là où vous vous trouvez.

  1. À l’intérieur : restez dedans. Mettez-vous à genoux, glissez-vous sous une table ou un meuble solide et tenez-le d’une main en protégeant votre tête et votre nuque de l’autre, jusqu’à au moins 60 secondes après la fin des secousses. Ne courez pas vers la sortie ou vers une autre pièce.
  2. Au lit : couchez-vous sur le ventre, protégez votre tête et votre nuque avec un oreiller et restez-y.
  3. Dehors : rejoignez un endroit dégagé, loin des bâtiments, des fils électriques, des arbres et des lampadaires, puis baissez-vous en protégeant votre tête.
  4. En voiture ou en bus : arrêtez-vous dans un lieu sûr sans bloquer la route, loin des ponts et des pentes, et restez à l’intérieur.
  5. Dans un temple ou une vieille ville : éloignez-vous des façades, des toits à pagode et des statues, et dirigez-vous vers le centre d’une place dégagée.

En trek pendant une secousse

En montagne, le danger principal n’est pas la secousse elle-même mais ce qu’elle déclenche : chutes de pierres, glissements de terrain et avalanches. En 2015, le séisme a provoqué une avalanche meurtrière au camp de base de l’Everest et enseveli le village de Langtang. Sur le sentier, éloignez-vous des pentes raides et du lit des rivières, ne vous arrêtez pas sous une falaise, et suivez les consignes de votre guide. Après une forte secousse, attendez avant de reprendre la marche : les répliques peuvent déstabiliser des pentes déjà fragilisées. Pour approfondir, lisez nos pages sur la sécurité en trek au Népal et sur les avalanches dans l’Himalaya.

Après le séisme : les bons réflexes

  • Sortez prudemment une fois les secousses terminées, par l’escalier, jamais par l’ascenseur, et rejoignez un espace dégagé.
  • Attendez-vous à des répliques, parfois fortes : en 2015, une réplique de magnitude 7,3 a frappé 17 jours après le choc principal.
  • Prévenez vos proches par SMS ou messagerie plutôt que par appel, pour ne pas saturer le réseau.
  • Contactez votre ambassade et votre assureur, et suivez les annonces de l’Autorité nationale de réduction et de gestion des risques de catastrophe (NDRRMA).
  • Ne retournez pas dans un bâtiment fissuré, et méfiez-vous des fuites de gaz.
  • Restez solidaire mais prudent : n’entravez pas les secours, et ne partez pas seul vers les zones sinistrées.

Faut-il éviter le Népal à cause des séismes ?

Non. Le risque est réel, mais un voyageur n’est exposé que quelques semaines, et la probabilité de vivre un séisme destructeur pendant cette période reste faible. Le pays s’est en grande partie reconstruit depuis 2015, et les grands sites de Katmandou, de Patan et de Bhaktapur accueillent de nouveau les visiteurs. Ce qui fait la différence, c’est la préparation : une assurance adaptée, des numéros notés, un hébergement choisi avec soin et les trois gestes qui sauvent. Pour le reste de vos préparatifs, notre guide complet du voyage au Népal et notre point sur la sécurité au Népal en 2026 vous accompagnent. Informations vérifiées le 13 octobre 2026.

Questions fréquentes

Le Népal est-il souvent touché par des séismes ?

Oui. Le Népal se trouve sur la zone de collision entre les plaques indienne et eurasienne, et son centre sismologique enregistre plusieurs secousses chaque mois, généralement faibles. Les grands séismes destructeurs sont plus rares : 1934, 2015 et, plus localement, Jajarkot en 2023.

Quel a été le dernier grand séisme au Népal ?

Le dernier séisme meurtrier sur le sol népalais est celui de Jajarkot, le 3 novembre 2023 (magnitude locale 6,4, 153 morts). Le 7 janvier 2025, un séisme de magnitude 7,1 au Tibet a aussi été ressenti à Katmandou.

Que faire pendant un tremblement de terre au Népal ?

Baissez-vous, abritez-vous sous un meuble solide et agrippez-vous jusqu’à au moins 60 secondes après la fin des secousses. Dehors, rejoignez un espace dégagé loin des bâtiments et des fils électriques.

Quels numéros appeler après un séisme au Népal ?

Police 100, pompiers 101, ambulance 102 et police touristique 1144. Contactez aussi votre ambassade et votre assureur dès que possible.

Faut-il annuler son voyage au Népal par peur des séismes ?

Non. Le risque existe toute l’année, mais l’exposition d’un voyageur est courte. Une bonne assurance, une inscription auprès de votre pays et la connaissance des bons gestes suffisent à réduire fortement le danger.

Vous préparez un voyage au Népal ? Retrouvez toutes nos réponses dans le guide complet, ou partez avec un petit groupe francophone accompagné par Louis-Simon Roy, du 3 au 23 novembre 2027.

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Sources consultées