Par Louis-Simon Roy, qui a vécu au total 8 ans au Népal au cours des 15 dernières années · Informations vérifiées le
En bref
Le bus de nuit au Népal paraît pratique : on économise une nuit d’hôtel et l’on arrive au petit matin à l’autre bout du pays. Mais c’est l’une des façons les plus risquées de voyager dans ce pays de montagnes, et les gouvernements canadien et français le déconseillent clairement. Voici pourquoi, sur quelles liaisons on vous le proposera, quelles alternatives existent, et comment limiter les risques si vous n’avez vraiment pas le choix. Informations vérifiées le 14 octobre 2026.
Le Canada et la France sont sur la même ligne :
Le Canada juge en revanche les autocars pour touristes, qui roulent de jour, « généralement sûrs » : c’est la solution que nous recommandons pour les grandes liaisons touristiques (voir notre page sur les bus touristiques au Népal).
En juillet 2025, le ministre népalais de l’Intérieur déclarait que sept personnes meurent chaque jour sur les routes du pays, selon Ekantipur. Et ce chiffre officiel sous-estime sans doute la réalité : dans une tribune publiée par le Kathmandu Post, deux chercheurs en sécurité routière rappellent que l’Organisation mondiale de la santé estimait à 8 479 le nombre de morts sur les routes népalaises en 2021, contre 2 833 selon le gouvernement. L’OMS doit en effet modéliser ses estimations en raison des limites de la collecte de données.
Les grands axes longent des gorges, avec des virages serrés, des tronçons étroits, des chantiers et des véhicules lourds. La nuit, la visibilité baisse, la fatigue du chauffeur augmente, et un éboulement ou une chaussée affaissée se voient beaucoup moins bien. Le ministère français rappelle aussi que de nombreuses voies sont en mauvais état, voire non asphaltées.
Le drame qui a marqué le pays s’est produit vers 3 h 30 du matin, le 12 juillet 2024 : une coulée de boue a précipité deux bus de voyageurs dans la Trishuli, en crue, à Simaltal, sur la route Narayangarh–Mugling, dans le district de Chitwan. Le lendemain, le Kathmandu Post comptait au moins 54 disparus ; trois passagers seulement avaient pu regagner la rive. Ce drame rappelle que le risque ne tient pas seulement à la conduite : de nuit et en pleine mousson, la route elle-même peut céder.
Pendant la mousson, les autorités de district ferment régulièrement les routes exposées la nuit. Fin septembre 2026, face aux prévisions de fortes pluies, le Himalayan Times recensait des restrictions nocturnes dans de nombreux districts :
Concrètement, un bus de nuit peut se voir interdire la route pendant ces heures, ou être annulé au dernier moment. Pour comprendre les risques de la saison, lisez notre page sur la mousson, les glissements de terrain et les inondations au Népal.
Les bus de nuit servent surtout les très longues liaisons, vers l’extrême est et l’extrême ouest du pays, que l’on ne peut pas faire en une seule journée de route. Deux exemples tirés des fiches de destination publiées sur un site du gouvernement népalais :
| Destination depuis Katmandou | En bus | En avion | À savoir |
|---|---|---|---|
| Ilam, région du thé (est) | Environ 14 h pour 690 km par Mugling ; bus de nuit au départ de Koteshwor | 45 min jusqu’à Bhadrapur, puis environ 2 h de route (95 km) | Voir notre page sur Ilam et ses jardins de thé |
| Parc national de Bardia (ouest) | Environ 14 h jusqu’à Thakurdwara | 1 h jusqu’à Nepalgunj, puis environ 2 h de route (90 km) | Voir notre page sur le parc national de Bardia |
Sur ces distances, le bus de nuit est tentant : il évite de perdre une journée entière sur la route. C’est pourtant là que le cumul de fatigue, d’obscurité et de routes de montagne pèse le plus.
Parfois, il n’y a pas d’autre option : vol annulé, fête nationale, budget serré. Quelques règles réduisent les risques :
Construisez votre itinéraire autour des trajets de jour : bus touristiques sur les axes Katmandou–Pokhara–Chitwan, vols intérieurs pour l’extrême est et l’extrême ouest, et une nuit d’étape quand la distance l’exige. Vous perdrez peut-être quelques heures, mais vous verrez les paysages, arriverez reposé et réduirez nettement les risques.
Deux exemples concrets. Pour le parc de Bardia, plutôt que 14 heures de bus de nuit, prenez un vol d’une heure jusqu’à Nepalgunj, puis faites de jour les 90 km, environ deux heures, jusqu’à Thakurdwara. Pour les jardins de thé d’Ilam, le vol jusqu’à Bhadrapur dure 45 minutes, suivi d’environ deux heures de route (95 km). Dans les deux cas, vous dormez dans un lit, voyagez de jour et arrivez en état de profiter de votre première journée sur place. Pour une vue d’ensemble des dangers de la route et des bons réflexes, consultez notre page sur la sécurité routière au Népal, et retrouvez tous nos dossiers pratiques sur la page pilier voyage au Népal.
Oui, ils sont plus risqués que les trajets de jour. Le gouvernement du Canada recommande d’éviter les trajets en autobus la nuit, et la France déconseille de se déplacer la nuit, les autocars étant régulièrement impliqués dans de graves accidents.
Surtout les longues liaisons vers l’est et l’ouest : par exemple Ilam (environ 14 heures depuis Katmandou, départ de Koteshwor) ou le parc de Bardia (environ 14 heures jusqu’à Thakurdwara).
L’avion pour les longues distances (45 minutes jusqu’à Bhadrapur, une heure jusqu’à Nepalgunj), le trajet coupé en deux journées de jour, ou le bus touristique de jour entre Katmandou, Pokhara et Chitwan.
Pas partout, mais les autorités de district l’interdisent régulièrement sur les axes exposés. Fin septembre 2026, des restrictions nocturnes touchaient notamment l’autoroute BP, le Khotang, Rolpa et le Rukum oriental.
Non, selon le gouvernement du Canada : les voyagistes et les compagnies de bus n’accordent aucune indemnisation. Une assurance voyage couvrant les frais médicaux et le rapatriement est indispensable.
Vous préparez un voyage au Népal ? Retrouvez toutes nos réponses dans le guide complet, ou partez avec un petit groupe francophone accompagné par Louis-Simon Roy, du 3 au 23 novembre 2027.
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