Par Louis-Simon Roy, qui a vécu au total 8 ans au Népal au cours des 15 dernières années · Informations vérifiées le
En bref
Le parc national de Bardia est l’anti-Chitwan : plus vaste, plus isolé, beaucoup moins fréquenté, et pourtant l’un des meilleurs endroits d’Asie pour espérer croiser un tigre du Bengale à l’état sauvage. Au bord de la Karnali, dans l’ouest du Teraï, on y part en jeep, à pied ou en radeau à la recherche des tigres, des éléphants et des rhinocéros. Voici tout ce qu’il faut savoir : faune, safaris, droit d’entrée, accès via Nepalgunj et meilleure saison. Informations vérifiées le 14 octobre 2026.
Avec 968 km², Bardia est le plus grand parc national du Teraï népalais et le plus préservé. Il s’étend dans la province de Lumbini, entre la Karnali, qui forme sa limite ouest, et la vallée de la Babai, qui le traverse. Avec le parc voisin de Banke, il forme un ensemble protégé de 1 437 km², essentiel pour la circulation des tigres.
Son histoire suit celle de la conservation népalaise : réserve de chasse royale de 368 km² en 1969, réserve de faune de la Karnali en 1976, étendue à la vallée de la Babai en 1984, puis parc national en 1988. Le paysage mêle forêts, prairies, bras de rivière et bancs de galets, un habitat propice aux grands mammifères.
Bardia est d’abord le parc du tigre. Le recensement national publié le 29 juillet 2026, à l’occasion de la Journée mondiale du tigre, y a dénombré 112 tigres, contre 125 lors du précédent comptage de 2022. C’est le seul parc où l’effectif a diminué, mais Bardia reste au deuxième rang national, derrière Chitwan (145). Le Népal compte désormais 429 tigres sauvages au total. Notre page sur les tigres du Népal détaille ces chiffres.
| Espèce | Effectif ou statut | Source et date |
|---|---|---|
| Tigre du Bengale | 112 | Recensement national, publié en juillet 2026 |
| Éléphant d’Asie | Environ 120 | Administration du parc, citée par le Kathmandu Post (2026) |
| Rhinocéros unicorne | 38 | Recensement national des rhinocéros de 2021 |
| Oiseaux | Environ 400 espèces recensées | Listes d’observation récentes |
| Gavial, dauphin du Gange | Présents dans les rivières | Plusieurs sources |
Les rhinocéros ont été réintroduits à partir de 1986 depuis Chitwan. Leur population reste fragile : en août 2026, le quotidien Kantipur s’interrogeait sur la baisse de leur nombre malgré la fin du braconnage, en citant la diminution de l’eau dans la Geruwa (un bras de la Karnali), le manque de prairies et de mares, et la pression humaine sur les corridors biologiques. Voir notre page sur le rhinocéros unicorne.
Bardia abrite aussi des éléphants sauvages, revenus naturellement dans les années 1980, des cerfs, des sangliers, des léopards, des crocodiles et, dans la Karnali, le rare dauphin du Gange. Pour les ornithologues, c’est l’un des grands sites du pays : voyez notre page sur l’observation des oiseaux au Népal.
Selon l’administration du parc, citée par le Kathmandu Post, les principales activités sont :
La marche en forêt est une expérience forte mais pas anodine : on partage le terrain avec des tigres, des éléphants et des rhinocéros. Ne partez jamais sans guide agréé, écoutez ses consignes, gardez le silence et restez groupés. Pour comprendre les différentes formules, lisez aussi notre page sur les safaris à Chitwan, dont le principe est comparable, et notre dossier sur le rafting au Népal.
Selon le barème rapporté par le quotidien Kantipur en 2025, le droit d’entrée du parc est de :
Le billet s’achète au guichet de l’entrée, à Thakurdwara. Les frais de guide, de jeep, de rafting et les autres activités s’ajoutent au droit d’entrée. Certains sites affichent des montants différents (en dollars ou en roupies) : vérifiez le tarif au guichet. Pour repère, 1 500 NPR représentaient environ 9 € au taux de la Nepal Rastra Bank du 13 octobre 2026 (1 € ≈ 171 NPR).
L’entrée principale est Thakurdwara, qui concentre environ 99 % des visiteurs selon le parc ; Rammapur sert d’entrée secondaire.
Par la route depuis Katmandou ou Pokhara, le trajet est très long par la grande route est-ouest ; il se découpe mieux en plusieurs étapes, par exemple en combinant Chitwan, Lumbini ou Nepalgunj. Le Canada recommande d’éviter les bus de nuit et de ne pas circuler après la tombée du jour. Bardia se combine aussi avec le parc national de Shuklaphanta, plus à l’ouest.
Les chiffres du parc sont parlants : sur l’exercice 2025-2026, les deux pics de fréquentation ont été octobre-novembre (4 851 visiteurs) et mars-avril (4 739). Ce sont les meilleures périodes :
Sur l’ensemble de l’exercice 2025-2026, le parc a reçu 27 025 visiteurs, dont 6 901 étrangers hors Asie du Sud, une baisse que l’administration attribue aux manifestations de septembre 2025 et au conflit au Moyen-Orient. C’est peu : à Bardia, on a souvent la forêt pour soi.
Plus de 30 hôtels et une vingtaine de séjours chez l’habitant sont installés autour du parc, principalement à Thakurdwara. Beaucoup sont tenus par des familles tharu, le peuple autochtone du Teraï, dont les maisons de terre et les danses traditionnelles font partie de l’expérience. Les environs, comme la vallée de la Babai ou les sites de Dalla et Pattharbhoji dans le corridor biologique de Khata, se prêtent à des excursions. Pour en savoir plus, lisez notre page sur la culture tharu.
Le parc national de Chitwan est plus proche de Katmandou et de Pokhara, mieux équipé et plus fréquenté. Bardia demande plus d’efforts pour y arriver, mais récompense par la tranquillité, les marches en forêt et une ambiance de vraie nature sauvage. Si vous avez le temps, prévoyez au moins trois nuits sur place : l’observation du tigre demande de la patience, et aucune sortie ne garantit une rencontre.
| Jour | Programme |
|---|---|
| 1 | Vol Katmandou–Nepalgunj, route vers Thakurdwara, promenade dans le village tharu en fin de journée |
| 2 | Marche guidée dans la jungle à l’aube, repos aux heures chaudes, safari en jeep l’après-midi |
| 3 | Journée complète en jeep vers la vallée de la Babai ou rafting sur la rivière |
| 4 | Dernière sortie matinale, puis retour vers Nepalgunj |
Pour préparer le reste de votre voyage, consultez notre page pilier voyage au Népal.
Le recensement national publié le 29 juillet 2026 y a compté 112 tigres, contre 125 en 2022. Bardia reste le deuxième parc du pays pour les tigres, après Chitwan (145).
Le droit d’entrée est de 1 500 NPR pour les étrangers, 750 NPR pour les ressortissants de l’Asie du Sud et 100 NPR pour les Népalais, selon le barème rapporté par la presse népalaise. Guides et activités sont en sus.
Prenez un vol Katmandou–Nepalgunj d’environ 50 minutes, puis parcourez environ 90 km de route jusqu’à Thakurdwara, l’entrée principale, en deux heures environ.
Octobre-novembre et mars-avril, les deux pics de fréquentation du parc. Mai-juin est très chaud, et la mousson, de mi-juin à début octobre, réduit fortement la fréquentation.
Oui, la marche guidée dans la jungle est la spécialité de Bardia. Elle se fait obligatoirement avec un guide agréé, car on partage le terrain avec tigres, éléphants et rhinocéros.
Chitwan est plus accessible et mieux équipé ; Bardia, plus vaste et beaucoup moins fréquenté, offre une expérience plus sauvage et de bonnes chances de pister le tigre, au prix d’un trajet plus long.
Vous préparez un voyage au Népal ? Retrouvez toutes nos réponses dans le guide complet, ou partez avec un petit groupe francophone accompagné par Louis-Simon Roy, du 3 au 23 novembre 2027.
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