Par Louis-Simon Roy, qui a vécu au total 8 ans au Népal au cours des 15 dernières années · Informations vérifiées le
En bref
Le khukuri (on écrit aussi kukri) est le grand couteau courbe du Népal : outil des paysans, arme légendaire des Gurkhas et l’un des souvenirs les plus recherchés par les voyageurs. L’acheter est facile ; le rapporter demande un peu de méthode, car un khukuri voyage obligatoirement en soute et peut devoir être déclaré, voire autorisé, à la douane de votre pays. Voici où l’acheter, comment choisir un bon couteau, comment l’emballer pour l’avion et ce que disent les douanes canadienne et française. Informations vérifiées le 14 octobre 2026.
Le khukuri se reconnaît à sa lame épaisse, recourbée vers l’avant. Selon le Nepali Times, il est traditionnellement forgé par les Kami, la communauté des forgerons, et il a fait la réputation des soldats népalais face aux Britanniques en 1814, puis pendant les deux guerres mondiales. Ce sont les Gurkhas de l’armée britannique qui l’ont fait connaître dans le monde entier, rappelle le Kathmandu Post : il reste, pour les Népalais comme pour les visiteurs, leur emblème et celui du pays. Pour l’histoire de ces soldats, lisez notre page sur les Gurkhas et, à Pokhara, visitez le musée Gurkha.
Le district de Bhojpur, dans l’est du pays, est l’un des grands centres de fabrication. Le Kathmandu Post y a rencontré en 2019 des forgerons qui chauffent le métal dans un four à charbon, le martèlent, le polissent puis l’affûtent. Ils distinguent plusieurs formes : le baduna, épais et large, le banspate, en forme de feuille de bambou, et le sirupate, fin et pointu. Les tailles vont de 4 pouces à 2 pieds, soit d’environ 10 à 60 cm. Selon les habitants, on y fabriquait des khukuris dès 1908 ; d’après les fabricants locaux, environ 80 % de la production servait en 2019 de cadeaux ou d’objets de décoration, le reste étant utilisé à la maison.
Selon le Nepali Times, la lame porte à sa base une petite encoche en deux parties, appelée kaudi, censée empêcher le sang ou tout autre liquide de couler jusqu’au manche, et la plupart des khukuris sont vendus avec deux accessoires glissés dans le fourreau : la karda, un petit couteau utilitaire, et la chakmak, une petite lame qui sert à affûter. Ce sont des repères utiles pour reconnaître un khukuri de facture traditionnelle.
À Katmandou, le quartier de Thamel concentre l’offre : le Nepali Times y signalait déjà en 2002 la boutique d’un fabricant spécialisé. Les khukuris de Bhojpur se vendent aussi à Dharan, à Biratnagar et à Katmandou, selon le Kathmandu Post, et le Nepali Times décrivait en 2002, à Dharan, une fabrique d’environ 300 artisans fondée par un ancien Gurkha (voir notre page sur Dharan).
Côté prix, les repères publiés viennent de Bhojpur : en février 2025, un khukuri s’y vendait de 800 à 1 800 roupies sur le marché local, selon The Rising Nepal, soit environ 5 à 11 € ou 7 à 17 $ CA au taux de la Nepal Rastra Bank du 13 octobre 2026 ; en 2018, The Himalayan Times relevait de 400 à 8 000 roupies dans les six boutiques du chef-lieu. L’écart reflète la taille, l’acier et la finition ; dans les boutiques touristiques, comparez plusieurs adresses et lisez notre page sur l’art de marchander au Népal. Avant de payer :
Le Nepali Times décrivait en 2002 la méthode des forgerons kami : le métal est chauffé au feu puis trempé ; faute de rails de chemin de fer faciles à trouver, une fabrique de Dharan forgeait ses lames dans des ressorts à lames de voitures et de camions, et le journal notait que l’acier des khukuris est assez dur pour trancher un os et assez souple pour garder son fil. Au moment de l’achat :
C’est la règle d’or, du premier vol intérieur jusqu’au retour chez vous. À l’aéroport international Tribhuvan de Katmandou, le bureau de sûreté range les couteaux, les ciseaux et les lames parmi les objets interdits en bagage à main, selon le site d’information Ratopati (février 2026). Au Canada, l’ACSTA impose de mettre en bagage enregistré tout couteau dont la lame dépasse 6 cm, mesurée de la pointe au manche. En France, la fiche officielle du service public range parmi les objets interdits en cabine les couteaux dont la lame dépasse 6 cm, et rappelle que d’autres objets peuvent être refusés si les agents les jugent dangereux.
| Contrôle de sûreté | En cabine | En soute | Source |
|---|---|---|---|
| Départ de Katmandou (vol intérieur ou international) | Couteaux et lames interdits | Selon les conditions de la compagnie | Bureau de sûreté de l’aéroport, cité par Ratopati (février 2026) |
| Correspondance ou vol intérieur au Canada | Interdit si la lame dépasse 6 cm | Autorisé | ACSTA (juin 2026) |
| Vol vers les États-Unis depuis le Canada | Aucun couteau, quelle que soit sa taille | Autorisé | ACSTA (juin 2026) |
| Correspondance ou départ en France | Interdit si la lame dépasse 6 cm | Selon les conditions de la compagnie | Service-public.fr (fiche du 4 juillet 2025) |
| Départ de Suisse | Interdit si la lame dépasse 6 cm | Autorisé, bien emballé | Office fédéral de l’aviation civile |
Pour l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC), toute arme qui n’est pas expressément prohibée par la loi est en général admissible, rappelle son mémorandum D19-13-2, mis à jour le 25 juin 2026. Les couteaux prohibés y sont définis avec précision : couteaux à ouverture automatique (à cran d’arrêt), couteaux dont la lame s’ouvre par gravité ou par force centrifuge, comme les couteaux papillons, poignards de type « push dagger », dont le manche est perpendiculaire à la lame, et couteaux dissimulés dans un objet d’apparence anodine. Un khukuri traditionnel, à lame fixe, n’entre dans aucune de ces catégories.
Deux obligations demeurent :
En France, la plupart des armes blanches relèvent de la catégorie D, dont l’acquisition et la détention sont libres pour les majeurs. Le a) de cette catégorie couvre tout objet susceptible de constituer une arme dangereuse pour la sécurité publique, notamment les poignards et les couteaux-poignards, selon la fiche officielle reprise par justice.fr (mise à jour le 24 octobre 2025). Or le guide de la Direction générale de l’armement (édition de décembre 2022) précise que l’importation des armes des a), b) et c) de la catégorie D en provenance d’un pays hors Union européenne est soumise à une autorisation d’importation de matériels de guerre (AIMG), délivrée par le ministre chargé des douanes ; les décisions de classement relèvent du ministère de l’Intérieur. La fiche officielle sur les produits rapportés en France, reprise par justice.fr et mise à jour le 24 novembre 2025, le confirme : pour une arme rapportée d’un pays hors Union européenne, il faut demander une autorisation d’importation à la douane.
Ce que cela change pour vous : aucun texte public ne dit noir sur blanc si un khukuri de souvenir relève du a) de la catégorie D. Avant d’acheter un grand modèle, appelez donc Infos Douane Service, au 0 800 94 40 40 depuis la France ou au +33 1 72 40 78 50 depuis l’étranger, donc depuis le Népal, et décrivez l’objet : longueur de la lame, fourreau, usage. À l’arrivée, en cas de doute, présentez-vous spontanément aux douaniers. Deux autres règles comptent :
Vous rentrez en Belgique ou en Suisse ? Les règles sur les armes varient d’un pays à l’autre : interrogez les douanes de votre pays avant l’achat.
Un khukuri « ancien » n’est pas un souvenir comme les autres. Le Népal interdit totalement l’exportation des objets d’importance archéologique, a rappelé un avis gouvernemental de 2019 rapporté par The Himalayan Times. Pour toute pièce d’aspect ancien, demandez une facture qui précise qu’il s’agit d’une fabrication récente et faites contrôler l’objet par le Département de l’archéologie, à Ramshahpath, à Katmandou : ce contrôle des « curios » est gratuit et immédiat, du lundi au vendredi. Tous les détails figurent sur notre page douane au Népal et souvenirs.
Pour d’autres idées de cadeaux, voyez nos pages souvenirs à rapporter du Népal et shopping et artisanat à Katmandou, et retrouvez tous nos dossiers pratiques sur notre page pilier voyage au Népal.
Non. À l’aéroport de Katmandou, couteaux et lames sont interdits en bagage à main, et au Canada comme en France, une lame de plus de 6 cm est refusée en cabine. Rangez-le en soute, dans son fourreau.
Oui en règle générale : l’ACSTA au Canada et l’Office fédéral suisse de l’aviation civile acceptent les couteaux en bagage enregistré, bien emballés. Vérifiez toutefois les conditions de votre compagnie aérienne.
Oui : un khukuri à lame fixe ne fait pas partie des couteaux prohibés (ouverture automatique, gravité ou force centrifuge, « push dagger », couteau dissimulé). Déclarez-le à l’ASFC, qui demande de déclarer toutes les armes ; exemption de 800 $ CA après 48 heures d’absence.
C’est possible, mais l’importation hors Union européenne des armes blanches classées au a) de la catégorie D exige une autorisation (AIMG). Appelez Infos Douane Service avant l’achat, déclarez en cas de doute et ne le transportez qu’emballé, avec sa facture.
Dans les boutiques spécialisées de Thamel, à Katmandou, et dans l’Est, à Dharan ou à Bhojpur, berceau de forgerons réputés, où il se vendait de 800 à 1 800 roupies sur le marché local en février 2025. Exigez une facture détaillée et un fourreau rigide.
Pas s’il s’agit d’un objet d’importance archéologique, dont l’exportation est interdite. Faites contrôler toute pièce d’aspect ancien par le Département de l’archéologie à Katmandou : le service est gratuit et immédiat.
Vous préparez un voyage au Népal ? Retrouvez toutes nos réponses dans le guide complet, ou partez avec un petit groupe francophone accompagné par Louis-Simon Roy, du 3 au 23 novembre 2027.
Je découvre le voyage guidé Le guide complet du Népal