Par Louis-Simon Roy, qui a vécu au total 8 ans au Népal au cours des 15 dernières années · Informations vérifiées le
En bref
Le lac de Kulekhani, que les Népalais appellent Indrasarovar, est une escapade au bord de l’eau à une cinquantaine de kilomètres du centre de Katmandou, dans les collines du district de Makwanpur. Ce lac artificiel, né d’un barrage hydroélectrique au début des années 1980, attire surtout les Népalais en sortie, pour la barque, le poisson frais et l’air des collines. Pour le voyageur, c’est une belle façon de découvrir un autre visage de la province de Bagmati, en une journée ou, mieux, avec une nuit à Markhu ou dans le village historique de Chitlang. Voici comment y aller, quand venir pour trouver le lac plein, que faire sur place et les précautions à prendre. Informations vérifiées le 14 octobre 2026.
| Repère | Ce qu’il faut savoir |
|---|---|
| Situation | Municipalité rurale d’Indrasarowar, district de Makwanpur, province de Bagmati |
| Distance | Une cinquantaine de kilomètres du centre de Katmandou par la route (Onlinekhabar) |
| Nature du lac | Retenue du barrage de Kulekhani, propriété de la Nepal Electricity Authority |
| Barrage | Digue en enrochement de 114 m de haut et 397 m de long |
| Lac plein | 1 530 m d’altitude, 2,2 km², 7 km de long au maximum |
| Centrales | Kulekhani I (60 MW), II (32 MW) et III (14 MW), soit 106 MW |
| Base des visiteurs | Markhu, sur la rive ; Chitlang à 7 ou 8 km |
| Meilleure période | Octobre et novembre, quand le lac est en principe à son plus haut |
Indrasarovar n’a rien de naturel : c’est la retenue du projet hydroélectrique de Kulekhani, propriété de la Nepal Electricity Authority. Les travaux ont commencé en 1977 ; la centrale Kulekhani I a été mise en service en 1982 et Kulekhani II en 1986, tandis que Kulekhani III, qui réutilise l’eau rejetée par la deuxième, a été achevée en 2019 (Wikipédia). Les trois centrales totalisent 106 MW (Kathmandu Post). Le barrage lui-même est une digue en enrochement de 114 m de haut et 397 m de long ; plein, le lac atteint 1 530 m d’altitude, couvre 2,2 km² et s’étire sur 7 km au maximum.
La mise en eau, en 1982-1983, a englouti une partie de l’ancien chemin entre la vallée de Katmandou et le Teraï, dont un pont suspendu construit sous le Premier ministre rana Chandra Shumsher, et des centaines de familles ont dû quitter leurs terres (Onlinekhabar). Aujourd’hui, pêcheurs, bateliers et restaurateurs vivent du lac, regroupés en coopératives et en associations.
Le barrage a aussi ses fragilités. Après l’apparition de fissures à la suite du séisme de 2015, des experts japonais ont recommandé de ne pas dépasser 1 527 m, et l’envasement a réduit le volume total du réservoir (Kathmandu Post, septembre 2026). Pour le visiteur, retenez surtout que le niveau du lac est piloté de près par l’exploitant, au gré des besoins en électricité et des consignes de sécurité.
C’est le point clé pour réussir votre sortie. Le réservoir se remplit pendant la mousson ; l’électricité est ensuite produite pendant la saison sèche et l’hiver, quand la demande est forte. En hiver, la production fait baisser le niveau d’une quarantaine de mètres, et les habitants craignent alors qu’un lac trop bas éloigne les visiteurs (Onlinekhabar, juin 2023). Concrètement :
Attention pour l’hiver 2026-2027 : la crue de la Bhote Koshi du 26 août 2026 a mis hors service plus de 400 MW de capacité hydroélectrique, et la Nepal Electricity Authority fait depuis tourner les centrales de Kulekhani jour et nuit. Le 11 septembre 2026, le lac était à 1 522,46 m et son niveau baissait de 2 à 10 cm par jour, alors qu’en temps normal il aurait déjà dû être plein (Kathmandu Post). Il risque donc d’être plus bas que d’habitude cet hiver et au printemps 2027 : si la vue sur l’eau compte pour vous, demandez des nouvelles du niveau à votre hébergement avant de partir.
Kulekhani se trouve à une cinquantaine de kilomètres du centre de Katmandou, par des routes de montagne (Onlinekhabar). Plusieurs itinéraires existent :
| Itinéraire | Ce qu’il faut savoir |
|---|---|
| Pharping – Phakhel – Kulekhani | La route en meilleur état et la plus empruntée, selon le Kathmandu Post (2019). Elle passe au-dessus du barrage à Kalanki, un groupe de maisons de thé qui domine la retenue ; Markhu est à 7 km plus loin (Onlinekhabar). |
| Matatirtha – Phakhel | Piste en partie caillouteuse et raide : il a fallu environ quatre heures, arrêts compris, à un journaliste du Kathmandu Post qui l’a parcourue à moto en 2019. |
| Thankot – Chandragiri – Chitlang | Le tracé de l’ancien chemin historique, devenu route ; il était fermé pour élargissement en 2018 (Onlinekhabar) : renseignez-vous sur son état avant de partir. |
Le plus confortable est une voiture ou une jeep avec chauffeur, réservée pour la journée ou pour deux jours. Le gouvernement du Canada juge l’état des routes médiocre dans tout le pays, déconseille de rouler après la tombée de la nuit et recommande de recourir à un chauffeur. Partez tôt, prévoyez de rentrer avant la nuit et, si vous êtes sensible aux virages, lisez nos conseils contre le mal des transports sur les routes du Népal. Les temples de Pharping se visitent en chemin : voyez notre page Pharping et Dakshinkali.
Markhu, sur la rive, est la base des visiteurs. Voici ce qui vous y attend :
À 7 ou 8 km de Markhu (Onlinekhabar), soit trois heures de marche ou 45 minutes de véhicule selon le Kathmandu Post, Chitlang occupe une petite vallée chargée d’histoire. On peut y visiter une fromagerie de chèvre, pour une somme modique, et y acheter fromage et vin de prune ; voir deux maisons de repos bâties il y a environ un siècle par Chandra Shumsher, aujourd’hui dans l’enceinte d’une école publique ; et rejoindre le chaitya d’Ashok, un stupa bouddhiste, ou Saatdhara, un site hindou en forêt (Kathmandu Post, 2019). Des familles y proposent des nuits chez l’habitant : voyez notre page séjour chez l’habitant au Népal.
Avant les routes modernes, ces collines étaient le passage obligé entre la vallée de Katmandou, le Teraï et l’Inde. Selon Onlinekhabar, le chemin montait de Thankot à la colline de Chandragiri, puis passait par Chitlang, Markhu, Kulekhani, Chisapanigadhi et Bhimphedi, avant de descendre vers Hetauda, Amlekhganj et Birganj. Marchands, pèlerins, souverains et diplomates l’empruntaient. Même les automobiles y passaient, à dos d’homme : en 1940, une soixantaine de porteurs y transportèrent une Daimler-Benz destinée au roi Tribhuvan, aujourd’hui exposée au musée du palais de Narayanhiti. C’est parce que la première automobile du pays fut, elle aussi, portée par ce chemin qu’on le surnomme la « route Rolls-Royce ».
À Markhu, le Premier ministre rana Juddha Shumsher (1932-1945) avait fait bâtir une maison de repos de style victorien pour les voyageurs de marque. Le chemin est tombé en désuétude en 1956 (Onlinekhabar). Pour prolonger l’histoire, montez à Chandragiri, la crête que franchissait l’ancien chemin, ou poursuivez vers le sud jusqu’à Hetauda, la ville de transit vers le Teraï.
En 2020, Markhu comptait plus d’une douzaine d’hôtels, dont l’un pouvait accueillir une centaine de personnes (Onlinekhabar), et l’offre de lodges et de restaurants s’est étoffée autour du lac avec l’amélioration de l’accès (Onlinekhabar, 2016). Chitlang propose des séjours chez l’habitant. Le confort est simple : emportez une couche chaude pour le soir, surtout en hiver, et réservez à l’avance pendant les congés népalais de Dashain (du 11 au 25 octobre 2026) et de Tihar (jours fériés du 8 au 12 novembre 2026). Une nuit sur place permet de profiter du lac au calme, tôt le matin, avant l’arrivée des visiteurs de la journée.
Kulekhani plaira aux voyageurs qui ont déjà vu les grands sites de la vallée et cherchent une sortie différente : routes de collines, villages, eau et histoire. Combinez-la avec Pharping à l’aller et Chitlang au retour, sur deux jours de préférence. Retrouvez d’autres idées sur notre page Népal hors des sentiers battus, comparez avec les autres lacs du Népal, situez-vous grâce à notre page sur la province de Bagmati et préparez le reste de votre séjour avec notre page pilier voyage au Népal.
Dans la municipalité rurale d’Indrasarowar, district de Makwanpur, province de Bagmati, à une cinquantaine de kilomètres du centre de Katmandou par la route. Markhu, sur la rive, est la base des visiteurs.
Kulekhani est le nom du barrage, du projet hydroélectrique et de la localité ; Indrasarovar est le nom du lac de retenue. Les deux noms désignent souvent le même lieu de sortie.
En octobre et novembre, juste après la mousson, quand il est en principe à son plus haut. En hiver, son niveau baisse d’une quarantaine de mètres ; en 2026-2027, il pourrait être plus bas que d’habitude.
Le plus simple est une voiture avec chauffeur par Pharping et Phakhel, la route en meilleur état selon le Kathmandu Post. Partez tôt et rentrez avant la nuit.
Oui, c’est l’activité phare à Markhu, avec par exemple une balade de trois kilomètres jusqu’à l’arrivée de la Thado Khola. Négociez le prix et exigez un gilet de sauvetage.
Oui : Markhu comptait plus d’une douzaine d’hôtels en 2020, et Chitlang, à 7 ou 8 km, propose des séjours chez l’habitant. Réservez pendant Dashain et Tihar.
Vous préparez un voyage au Népal ? Retrouvez toutes nos réponses dans le guide complet, ou partez avec un petit groupe francophone accompagné par Louis-Simon Roy, du 3 au 23 novembre 2027.
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