Par Louis-Simon Roy, qui a vécu au total 8 ans au Népal au cours des 15 dernières années · Informations vérifiées le
En bref
Le rhinocéros unicorne au Népal est l’une des plus belles réussites de conservation d’Asie : réduite à une centaine d’individus dans les années 1960, la population atteignait 752 animaux lors du dernier recensement national, en 2021. Plus de neuf sur dix vivent dans le parc national de Chitwan, où les voyageurs ont de très bonnes chances d’en observer. Voici ce qu’il faut savoir sur l’espèce, les chiffres officiels, les menaces et la meilleure façon de la voir de manière responsable. Informations vérifiées le 13 octobre 2026.
Pour organiser votre voyage dans son ensemble, consultez notre page pilier voyage au Népal.
Le grand rhinocéros indien, ou rhinocéros unicorne (Rhinoceros unicornis), vit uniquement dans le nord de l’Inde et le sud du Népal. Son nom scientifique signifie littéralement « nez à corne » et « une corne ». Selon l’International Rhino Foundation :
| Caractéristique | Donnée |
|---|---|
| Poids | 1 800 à 2 700 kg |
| Hauteur au garrot | 1,75 à 2 m |
| Longueur (tête et corps) | 3 à 3,8 m |
| Corne | Une seule, de 20 à 61 cm |
| Gestation | 15 à 16 mois ; un petit tous les 2 à 3 ans |
| Alimentation | Herbivore, il broute les herbes et les plantes aquatiques |
| Habitat | Prairies des plaines inondables et forêts voisines du nord de l’Inde et du sud du Népal |
| Statut UICN | Vulnérable |
Sa peau épaisse, marquée de plis qui lui donnent l’air de porter une armure, le rend reconnaissable entre tous. Il passe beaucoup de temps dans l’eau et la boue, ce qui explique qu’on l’aperçoive souvent au bord de la rivière Rapti, à Chitwan.
Le dernier recensement national s’est déroulé du 22 mars au 10 avril 2021, sous l’égide du département des parcs nationaux et de la conservation de la faune (DNPWC). Il a dénombré 752 rhinocéros, soit 107 de plus qu’en 2015, selon le National Trust for Nature Conservation (NTNC).
| Aire protégée | Rhinocéros (recensement 2021) |
|---|---|
| Parc national de Chitwan et ses environs | 694 |
| Parc national de Bardiya | 38 |
| Parc national de Shuklaphanta | 17 |
| Parc national de Parsa | 3 |
| Total | 752 |
Dans le monde, l’International Rhino Foundation estime la population sauvage de l’espèce à 4 075 individus dans son rapport 2025, la grande majorité en Inde, notamment dans l’État d’Assam.
Les recensements ont lieu normalement tous les quatre ou cinq ans. Celui qui était prévu en 2025 a été suspendu faute de budget, selon Ekantipur et Onlinekhabar. En septembre 2026, le Kathmandu Post indiquait que le DNPWC voulait changer de méthode : jusqu’ici, des équipes balayaient l’habitat à dos d’éléphant, avec une quarantaine d’éléphants par jour. Les autorités étudient désormais l’échantillonnage génétique, les pièges photographiques, ou une combinaison des deux, après des études pilotes. Aucune date n’était fixée. Le chiffre de 752 reste donc la référence officielle au 13 octobre 2026.
Dans les années 1950, le Népal comptait environ 800 rhinocéros ; ils n’étaient plus qu’une centaine dans les années 1960, selon le Kathmandu Post. La création du parc national de Chitwan en 1973, premier parc national du pays, puis son inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1984 ont marqué le début de la reconquête. L’UNESCO souligne que le parc abrite la deuxième population mondiale de l’espèce.
Pour éviter que tous les rhinocéros dépendent d’un seul site, le Népal en déplace vers d’autres aires protégées. Selon le Himalayan Times, 102 rhinocéros ont été transférés de Chitwan entre 1986 et 2023, notamment vers les parcs de Bardiya et de Shuklaphanta et la réserve de Koshi Tappu, et d’autres l’ont été en 2024. Sur la même période, le pays en a offert 26 à des pays étrangers, à commencer par quatre animaux envoyés en Inde en 1985.
Les déplacements continuent. En mars 2024, six rhinocéros ont été transférés de l’ouest vers l’est du parc de Chitwan, et d’autres vers la réserve de Koshi Tappu, dans l’est du pays, selon le Himalayan Times. Le Kathmandu Post cite notamment Pushpa et Anjali, deux rhinocéros installés à Koshi Tappu. L’objectif affiché par les autorités est de désengorger les zones de Chitwan jugées surpeuplées et de répartir l’espèce entre plusieurs aires protégées, de Koshi Tappu à l’est jusqu’à Shuklaphanta à l’ouest. Pour le voyageur, cela signifie qu’un safari à Bardiya ou à Shuklaphanta peut aussi, avec de la chance, réserver une rencontre avec un rhinocéros.
La corne de rhinocéros reste convoitée sur les marchés illégaux. La surveillance des parcs a fortement réduit le braconnage : selon les responsables du parc cités par le Kathmandu Post en septembre 2026, aucun rhinocéros n’a été tué par des braconniers à Chitwan depuis octobre 2023.
Chaque année, des rhinocéros meurent de vieillesse, de combats entre mâles, d’un enlisement dans les marais, d’électrocution ou d’attaques de tigres sur les jeunes. À Chitwan, on a compté 22 morts pendant l’exercice 2025-2026, 30 en 2024-2025 et 133 sur cinq ans dans le parc et ses environs, selon le Kathmandu Post et Spotlight Nepal.
L’habitat du rhinocéros à Chitwan est jugé surpeuplé par les autorités, selon le Kathmandu Post : c’est la raison des translocations, en particulier vers le parc national de Bardiya.
À Chitwan, le droit d’entrée est de 2 000 NPR par personne et par jour pour les étrangers hors ASACR au 13 octobre 2026 (≈ 13 USD). La plupart des visiteurs logent à Sauraha, au bord de la Rapti, où il arrive de voir des rhinocéros paître sur l’autre rive au coucher du soleil.
Le rhinocéros paraît placide, mais il peut charger brusquement. En avril 2024, un guide naturaliste licencié a été tué par un rhinocéros alors qu’il accompagnait des touristes dans le parc, selon Ekantipur. Quelques règles :
On en voit toute l’année, mais la période d’octobre à mars est la plus agréable, et avril-mai la plus favorable à l’observation, car la végétation est basse et les animaux se rapprochent des points d’eau. Pendant la mousson, les safaris en jeep à l’intérieur du parc sont suspendus. Notre page quand aller à Chitwan détaille chaque saison.
Lors d’un safari, le rhinocéros partage la vedette avec le tigre du Bengale, l’éléphant d’Asie, plusieurs espèces de cerfs, le crocodile des marais et le gavial. Pour un panorama complet, voyez notre page faune du Népal et notre présentation du parc national de Chitwan.
Le dernier recensement national, en 2021, en a dénombré 752 : 694 à Chitwan, 38 à Bardiya, 17 à Shuklaphanta et 3 à Parsa. Aucun nouveau recensement n’avait été publié au 13 octobre 2026.
Le parc national de Chitwan est de loin le meilleur endroit, avec 694 individus. On les observe en safari jeep, en pirogue sur la Rapti ou à pied avec des guides licenciés.
Il est classé « vulnérable » par l’UICN. L’International Rhino Foundation estime sa population sauvage à 4 075 individus en Inde et au Népal.
Il reste une menace, mais les responsables du parc de Chitwan affirment qu’aucun rhinocéros n’y a été braconné depuis octobre 2023.
Oui, il peut charger sans prévenir : un guide a été tué par un rhinocéros à Chitwan en avril 2024. Gardez vos distances et ne marchez dans le parc qu’avec des guides licenciés.
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