Par Louis-Simon Roy, qui a vécu au total 8 ans au Népal au cours des 15 dernières années · Informations vérifiées le
En bref
Les Gurung sont le peuple que la plupart des voyageurs rencontrent sans le savoir : leurs villages en pierre, accrochés aux versants des Annapurnas, sont les étapes des treks de Ghandruk, de Landruk ou de Poon Hill, et Pokhara est en partie leur ville. Ils sont aussi célèbres pour leur rôle dans les régiments gurkhas. Voici qui ils sont, ce qu’ils croient, ce qu’ils célèbrent et où partager leur vie le temps d’une nuit chez l’habitant. Informations vérifiées le 14 octobre 2026.
Au recensement national de 2021, les Gurung sont 543 790, soit 1,86 % de la population du Népal. Ils se désignent eux-mêmes sous le nom de Tamu. Leur langue, le gurung, appartient à la famille tibéto-birmane et elle est proche du tamang. Peuple autochtone (Janajati), les Gurung vivaient traditionnellement de l’agriculture en terrasses et de l’élevage. Depuis le XIXe siècle, le service militaire, puis le tourisme et l’émigration de travail, ont transformé l’économie des villages.
Le pays gurung s’étend sur les collines et les moyennes montagnes du centre-ouest, au pied des Annapurnas, du Lamjung Himal et du Manaslu. Les districts où ils sont les plus présents sont Kaski (autour de Pokhara), Lamjung, Gorkha, Manang, Syangja, Tanahun et Parbat. Beaucoup vivent aujourd’hui à Pokhara, à Katmandou ou à l’étranger, notamment au Royaume-Uni, à la suite du service dans l’armée britannique.
| Village ou lieu | District | Comment y aller |
|---|---|---|
| Ghandruk | Kaski | Route depuis Pokhara, ou trek de Poon Hill et du camp de base de l’Annapurna |
| Landruk | Kaski | Trek vers le camp de base de l’Annapurna |
| Dhampus | Kaski | Courte marche depuis Phedi, au nord de Pokhara |
| Ghalegaon | Lamjung | Route depuis Besisahar |
| Sirubari | Syangja | Route depuis Pokhara |
Voyez nos pages Ghandruk, Ghalegaon, village gurung et Sirubari, pionnier de l’écotourisme villageois.
Pokhara, chef-lieu du district de Kaski, est la porte d’entrée naturelle du pays gurung. La ville accueille le camp où se déroule la sélection des recrues gurkhas, et de nombreuses familles gurung s’y sont installées, souvent grâce aux revenus du service militaire ou de l’émigration. Fin décembre (le 30 décembre en 2026), Tamu Lhosar y est célébré par la communauté. Pour un voyageur, Pokhara est donc à la fois le point de départ des treks qui traversent les villages gurung et un bon endroit pour voir la culture gurung en ville, surtout au moment des fêtes. Tous les conseils pour organiser votre séjour sont sur notre page Pokhara en 3 jours.
Au recensement de 2021, un peu plus de la moitié des Gurung se déclarent bouddhistes, environ un tiers hindous et un sur dix adeptes du Bön. Mais une tradition chamanique plus ancienne, antérieure au bouddhisme, s’est maintenue et coexiste avec lui. Trois figures religieuses se partagent les rites :
Les rites funéraires, appelés pae ou arghum, sont l’un des moments les plus importants de la vie gurung : ils durent plusieurs jours, pendant lesquels le khlepri danse autour d’une effigie du défunt et récite les longs récits du voyage de l’âme. Ces pratiques chamaniques restent importantes autour de la maladie et de la mort : si l’on vous invite à une cérémonie, restez discret et ne photographiez rien sans accord. Pour aller plus loin, lisez nos pages sur le chamanisme au Népal et sur le bouddhisme.
Le rodhi est une institution communautaire gurung : dans la maison du rodhi (rodhi ghar), les jeunes du village se retrouvaient après les travaux des champs pour chanter, danser, échanger des devinettes et nouer des liens durables, tandis que les aînés y transmettaient leurs savoirs. Selon le Kathmandu Post, l’esprit du rodhi s’est perdu dans bien des villages avec le départ des jeunes, et des membres de la communauté reprochent à certains clubs urbains d’utiliser le nom à des fins commerciales : pour découvrir le vrai rodhi, mieux vaut une soirée de chants dans un village que l’enseigne d’un établissement de Katmandou. Les villages gurung frappent par leurs maisons de pierre aux toits d’ardoise, leurs ruelles dallées et leurs terrasses. On y mange le dal bhat, des plats de millet et de sarrasin, et l’on y boit l’alcool de grain local lors des fêtes.
Dès avril 1815, pendant la guerre anglo-népalaise, la Compagnie britannique des Indes orientales lève un premier bataillon avec des soldats gorkhas, et le traité de Sugauli (1816) comporte une clause qui lui permet de recruter au Népal. Une nouvelle phase de recrutement s’ouvre alors : les premières recrues viennent surtout des Gurung, des Magar et des Khas-Chhetri de l’Ouest ; le recrutement s’étend ensuite aux Rai et aux Limbu de l’Est. Les officiers britanniques, qui classaient certaines communautés comme « races martiales », ont longtemps privilégié ces peuples. Aujourd’hui, la sélection pour la Brigade des Gurkhas se déroule toujours en grande partie au camp des British Gurkhas de Pokhara : en 2026, la phase de sélection initiale y était programmée du 26 août au 6 septembre, selon l’armée britannique. Les pensions et salaires de ces soldats ont profondément transformé les villages gurung. L’histoire complète est sur notre page les Gurkhas, soldats d’élite.
La grande fête gurung est Tamu Lhosar, célébrée chaque année le 15 du mois de Poush du calendrier népalais, à la fin décembre. En 2026, elle tombe le 30 décembre (15 Poush 2083), jour férié national inscrit dans la liste officielle publiée par le ministère de l’Intérieur. Selon la tradition, les jours rallongent à partir de cette date. Ce jour-là :
Si vous êtes à Katmandou ou à Pokhara fin décembre, c’est une belle occasion de voir la culture gurung en fête. Comme pour tout jour férié, prévoyez que certains bureaux et services administratifs soient fermés ce jour-là.
Les villages gurung des Annapurnas se visitent toute l’année, mais l’expérience change beaucoup selon la saison :
| Période | Ce qui se passe | Pour le voyageur |
|---|---|---|
| Octobre-novembre | Ciel dégagé après la mousson, récoltes, saison de Dashain et Tihar | Meilleures vues sur les Annapurnas ; sentiers fréquentés, réservez tôt |
| Fin décembre | Tamu Lhosar (15 Poush) | Fête gurung à Pokhara, à Katmandou et dans les villages ; nuits froides en altitude |
| Mars-mai | Printemps, floraison des rhododendrons dans les forêts | Belle saison de trek, brume possible en fin de saison |
| Mi-juin à début octobre | Mousson (arrivée normale vers le 13 juin, retrait vers le 2 octobre) | Sentiers glissants, sangsues, vues souvent bouchées |
Plusieurs villages gurung ont fait du séjour chez l’habitant un projet collectif : les familles reçoivent les visiteurs à tour de rôle, et une partie des recettes finance des projets communs. Le principe est simple : vous dormez dans une chambre de la maison, partagez les repas de la famille et assistez parfois, le soir, à des chants et des danses offerts par les habitants. Ce n’est pas un hôtel : le confort est simple, les horaires sont ceux de la ferme, et l’on mange ce que la famille cuisine.
Pour que l’expérience soit réussie :
Dans la région des Annapurnas, rappelez-vous qu’un guide licencié et une carte TIMS obtenue par une agence enregistrée sont obligatoires pour les trekkeurs étrangers depuis le 1er avril 2023, ce qui vaut aussi pour les randonnées de village en village.
Le plus simple est de dormir dans un village gurung, en trek ou en séjour chez l’habitant. Les treks de la région des Annapurnas passent par plusieurs d’entre eux ; voyez notre page Landruk. Au 14 octobre 2026, ces treks demandent le permis ACAP (3 000 NPR, le double au poste de contrôle), la carte TIMS (2 000 NPR) et un guide licencié. Quelques règles de savoir-vivre :
Tous nos dossiers sont réunis sur la page pilier voyage au Népal.
Le recensement de 2021 compte 543 790 Gurung, soit 1,86 % de la population du Népal.
Surtout dans les collines du centre-ouest, au pied des Annapurnas : Kaski, Lamjung, Gorkha, Manang, Syangja, Tanahun et Parbat, ainsi qu’à Pokhara et Katmandou.
Au recensement de 2021, un peu plus de la moitié se déclarent bouddhistes, environ un tiers hindous et un sur dix adeptes du Bön ; une tradition chamanique ancienne demeure, avec trois officiants : le pachyu, le khlepri et le lama.
Beaucoup de Gurung ont servi comme Gurkhas : les premiers bataillons gorkhas datent de 1815, et le recrutement britannique a d’abord visé les Gurung, les Magar et les Khas-Chhetri. Les Gurkhas viennent toutefois de plusieurs peuples du Népal.
Le 15 du mois de Poush, selon le calendrier népalais, à la fin décembre : le 30 décembre en 2026. C’est un jour férié national au Népal.
Ghandruk, Landruk ou Dhampus, sur les treks des Annapurnas, ou Sirubari, village pionnier du séjour chez l’habitant.
Vous préparez un voyage au Népal ? Retrouvez toutes nos réponses dans le guide complet, ou partez avec un petit groupe francophone accompagné par Louis-Simon Roy, du 3 au 23 novembre 2027.
Je découvre le voyage guidé Le guide complet du Népal