Par Louis-Simon Roy, qui a vécu au total 8 ans au Népal au cours des 15 dernières années · Informations vérifiées le
En bref
Les sangsues au Népal font partie des souvenirs de nombreux trekkeurs partis pendant la mousson : de petites sangsues terrestres guettent dans la végétation humide et se glissent jusqu’aux chevilles. Désagréables, elles sont rarement dangereuses. Ce guide explique quelles espèces vivent au Népal, à quelle saison et dans quelles régions on les rencontre, ce que l’on risque vraiment et comment s’en protéger ou s’en débarrasser. Informations vérifiées le 14 octobre 2026.
Pour l’ensemble de votre préparation, voyez notre guide du voyage au Népal. En cas de réaction inhabituelle après une morsure, consultez un professionnel de santé.
Les sangsues terrestres appartiennent à la famille des Haemadipsidae. Une étude des zoologistes H. Nesemann et S. Sharma, publiée en 2001 dans les Annales du Muséum d’histoire naturelle de Vienne, recense trois taxons de ce groupe dans l’Himalaya népalais :
Ce sont de petits animaux : les spécimens conservés de la sangsue la plus commune mesuraient au plus 15,5 mm de long. Comme toutes les sangsues, elles détectent leurs hôtes grâce aux variations de lumière, de température et aux vibrations, ainsi qu’à des récepteurs chimiques, selon l’Australian Museum. Leur salive contient de l’hirudine, une substance qui empêche le sang de coaguler.
Les sangsues terrestres ont besoin d’humidité. Or, selon le Nepal Tourism Board, 80 % des pluies du Népal tombent pendant la mousson, de juin à septembre. La mousson s’installe normalement vers le 13 juin et se retire vers le 2 octobre selon le service météorologique népalais. En 2026, elle est arrivée le 19 juin, six jours plus tard que la moyenne, et s’est retirée de l’ouest du pays le 4 octobre, son départ complet étant attendu dans les jours suivants, selon le Kathmandu Post.
C’est donc pendant la mousson et dans les semaines qui suivent, quand les forêts restent détrempées, que les sentiers boisés sont le plus propices aux sangsues. La saison sèche ne les fait pas disparaître pour autant : près de Dhulikhel, les chercheurs ont récolté adultes et jeunes en septembre et en novembre, et ont observé qu’en saison sèche beaucoup se rapprochent des eaux courantes. Dans le Teraï et la vallée de Katmandou, la sangsue des berges a même été trouvée en hiver.
En pratique : en octobre-novembre, restez attentif près des ruisseaux et dans les forêts encore humides, et, en toute saison, vérifiez vos jambes après avoir longé un cours d’eau. Notre page sur la mousson au Népal détaille le calendrier des pluies.
D’après l’étude de Nesemann et Sharma, les sangsues terrestres occupent la bande des collines boisées, de l’ouest du pays jusqu’à l’est (Solukhumbu), ainsi que les berges des cours d’eau du Teraï et de la vallée de Katmandou. Ce type de forêt humide borde les premières étapes de nombreux treks du versant sud, avant la limite des arbres.
À l’inverse, les vallées situées derrière la chaîne himalayenne reçoivent très peu de pluie. Les normales climatiques 1991-2020 le montrent bien :
| Mois | Pokhara (827 m), versant sud | Jomsom (2 741 m), Mustang |
|---|---|---|
| Juin | 648 mm | 32 mm |
| Juillet | 941 mm | 47 mm |
| Août | 839 mm | 44 mm |
| Septembre | 635 mm | 36 mm |
En juillet, Pokhara reçoit vingt fois plus de pluie que Jomsom. Les vallées en ombre pluviométrique, comme le Mustang autour de Jomsom et Muktinath, offrent un milieu bien moins favorable aux sangsues que les forêts du versant sud. Sources des données : Organisation météorologique mondiale pour Pokhara, Department of Hydrology and Meteorology pour Jomsom.
Rarement. L’Australian Museum résume les faits :
Une petite minorité de personnes fait une réaction allergique sévère, qui se manifeste par une éruption, un gonflement du visage ou des yeux, des vertiges ou une gêne respiratoire : c’est une urgence. Autre cas à part : une sangsue fixée à l’intérieur du corps, par exemple dans le nez, demande plus souvent une intervention médicale. Raison de plus pour ne jamais boire l’eau d’un ruisseau sans la traiter (voir notre page sur l’eau potable au Népal).
Soyons honnêtes : aucune méthode n’a fait ses preuves. L’Australian Museum range parmi les idées non démontrées le savon, l’huile d’eucalyptus, les répulsifs, le jus de citron et les barrières comme les chaussettes ou les collants. Faute de solution miracle, voici les précautions de bon sens qui permettent au moins de repérer les sangsues avant qu’elles ne se fixent :
Si vous partez entre juin et septembre, vous traverserez des forêts humides sur de nombreux treks du versant sud. La Himalayan Rescue Association rappelle que la mousson rend aussi les sentiers glissants et les traversées de rivières difficiles, avec l’avantage de sentiers peu fréquentés. Pour limiter la boue et les sangsues, deux stratégies :
Pendant la mousson, gardez aussi en tête les glissements de terrain et les routes coupées, expliqués sur notre page mousson et glissements de terrain.
En résumé, les sangsues au Népal sont une affaire de saison et de forêt humide : nombreuses pendant la mousson sur les sentiers boisés, rares dans les vallées sèches, inoffensives dans la grande majorité des cas. Couvrez vos jambes, inspectez-vous souvent, retirez-les à la main et désinfectez. Informations à jour au 14 octobre 2026.
Oui. Trois sangsues terrestres du genre Haemadipsa vivent dans l’Himalaya népalais, surtout dans les forêts humides des collines et sur les berges des cours d’eau du Teraï et de la vallée de Katmandou.
Surtout pendant la mousson, de juin à septembre, quand tombent 80 % des pluies annuelles, et dans les semaines qui suivent tant que les forêts restent humides. Près des ruisseaux, on peut en croiser en dehors de cette saison.
Rarement. La plaie saigne plusieurs heures à cause de l’hirudine, mais aucune transmission de maladie à l’humain n’est démontrée. Surveillez l’infection et consultez en urgence en cas de réaction allergique.
À la main : elle ne s’enfonce pas sous la peau et ne laisse pas sa tête dans la plaie. Vous pouvez aussi attendre qu’elle tombe seule, après vingt minutes à quelques heures, puis désinfecter et couvrir la plaie.
Aucune méthode n’est prouvée, mais un pantalon rentré dans les chaussettes ou des guêtres, des chaussures fermées et une inspection à chaque pause limitent les morsures. Partir hors mousson, ou choisir une vallée sèche comme le Mustang, évite les forêts détrempées où elles vivent.
Le Mustang est en ombre pluviométrique : Jomsom reçoit 47 mm de pluie en juillet contre 941 mm à Pokhara (normales 1991-2020), un milieu bien moins favorable aux sangsues que les forêts du versant sud.
Vous préparez un voyage au Népal ? Retrouvez toutes nos réponses dans le guide complet, ou partez avec un petit groupe francophone accompagné par Louis-Simon Roy, du 3 au 23 novembre 2027.
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