Par Louis-Simon Roy, qui a vécu au total 8 ans au Népal au cours des 15 dernières années · Informations vérifiées le
En bref
Croiser des yaks en trek au Népal fait partie des souvenirs les plus forts d’une randonnée en haute montagne… à condition de savoir comment se placer. Sur des sentiers parfois étroits, au bord du vide, une caravane de yaks, de dzos ou de mules chargés impose sa loi. La règle est simple : dès que vous entendez les cloches, rangez-vous du côté de la montagne et laissez passer tous les animaux. Voici qui sont ces bêtes de somme, où et quand vous les rencontrerez, et les bons réflexes pour les croiser sans risque. Informations vérifiées le 14 octobre 2026.
Pour préparer l’ensemble de votre séjour, partez de notre page pilier voyage au Népal.
On appelle volontiers « yak » tout animal à longs poils chargé de bidons. En réalité, plusieurs espèces se partagent le travail, selon l’altitude :
| Animal | Ce que c’est | Où on le croise | Comportement envers les marcheurs |
|---|---|---|---|
| Yak (le mâle) et nak (la femelle) | Bovin de haute altitude, à longs poils | En général au-dessus de 3 000 m, selon la FAO | Évite le contact, mais ses cornes imposent la prudence |
| Dzo, dzopkyo ou jokpe (chaunri en népali) | Hybride de yak et de vache | Un peu plus bas que le yak, parfois à ses côtés | Évite le contact, comme le yak |
| Mule | Hybride d’âne et de jument | Dans le Khumbu, surtout entre Lukla et Namche Bazaar | Semble se croire prioritaire : ne comptez pas sur elle pour s’écarter |
Selon le chapitre que la FAO consacre au yak et à son milieu, l’animal vit généralement au-dessus de 3 000 m et ne supporte pas la chaleur : sa respiration s’accélère dès 13 °C, son rythme cardiaque et sa température montent vers 16 °C, et vers 20 °C il cherche l’ombre ou l’eau. C’est pourquoi on ne le voit guère dans les vallées basses, où les hybrides, plus tolérants, prennent le relais. Le Kathmandu Post rappelle que le chaunri désigne en népali le croisement du yak et de la vache, et le nak la femelle du yak, dont le lait a alimenté la première fromagerie commerciale du pays.
Le principe est bien connu des guides : on s’efface du côté amont du sentier, contre la paroi, et jamais du côté du ravin. Un reportage de la télévision publique américaine PBS (NOVA), consacré à la marche d’approche de l’Everest, résume la règle : prendre la « route haute » et rester du côté amont du sentier, pour éviter d’être poussé dans le vide. Le même reportage note que les yaks ne chargent que rarement les humains, mais que leurs cornes imposent le respect. Le danger ne vient donc pas de l’agressivité de l’animal : un yak chargé qui vous frôle d’un coup de flanc ou de sa charge suffit à vous déséquilibrer au mauvais endroit.
Concrètement, quand une caravane approche :
La même courtoisie s’applique aux porteurs, dont les charges très larges occupent tout le sentier.
Les vrais goulets d’étranglement sont les ponts suspendus et les postes de contrôle. Alton Byers décrivait en 2019 dans le Nepali Times des embouteillages aux postes de contrôle et aux ponts entre Lukla et Namche, et l’impression d’être pris dans un « embouteillage perpétuel ». Quelques réflexes :
La région de l’Everest (Khumbu) est le royaume des caravanes. Selon Alton Byers, les mules y sont arrivées une dizaine d’années avant 2019 pour répondre à l’essor du tourisme ; environ 500 d’entre elles étaient alors basées à Kharikhola, vers 2 500 m, au sud de Lukla, d’où leurs convois montent les vivres et les marchandises jusqu’à Namche (3 440 m). Elles ont largement remplacé les dzos sur la section entre Lukla et Namche Bazaar, par Phakding : sur un seul trajet entre Phakding et Lukla, il en avait compté plus de cent, en convois d’une quinzaine de bêtes en moyenne. Au-delà de Namche, vers Tengboche, Dingboche et le camp de base, ce sont les yaks et les dzos qui portent les charges.
Les autres vallées de haute montagne ont aussi leurs troupeaux : selon la FAO, les yaks sont cantonnés aux districts du nord du Népal, à haute altitude, et les hybrides vivent un peu plus bas, parfois à leurs côtés. La vallée du Langtang, où le Suisse Werner Schulthess, arrivé au Népal en 1952, a installé la première fromagerie du pays, alimentée en lait de nak selon le Kathmandu Post, en est un exemple célèbre ; notez qu’elle se trouve dans le district de Rasuwa, où le Canada déconseille tout voyage non essentiel depuis la crue de la Bhote Koshi du 26 août 2026. Voyez notre page sur le trek du Langtang avant tout projet.
Selon la FAO, des études ont montré qu’un yak peut parcourir 20 à 30 km par jour avec une charge de 60 à 80 kg ; il sert notamment d’animal de bât aux expéditions himalayennes et peut porter sa charge sur de longues distances pendant deux ou trois jours sans eau ni fourrage. Cela explique sa place dans la logistique des expéditions… et la taille des charges qui dépassent de ses flancs sur un sentier étroit : gardez vos distances.
Le yak recule au Népal. Selon une estimation reprise par la FAO, le pays comptait au début des années 2000 environ 20 000 yaks et 40 000 hybrides répartis dans 18 districts de haute montagne, contre quelque 200 000 yaks et hybrides en 1961. Le mouvement se poursuit : en 2023, le Nepali Times notait que les éleveurs du Khumbu se détournent du pastoralisme traditionnel, d’où moins de yaks et de jokpe, et en mai 2026, le Kathmandu Post expliquait que les jeunes générations délaissent l’élevage du yak et du chaunri, faute de conditions de vie supportables, de services vétérinaires et de pâturages suffisants.
Pour le voyageur, soutenir ce mode de vie est simple : goûtez les produits des éleveurs, comme le fromage de yak et le chhurpi présentés sur notre page fromage de yak, demandez la permission avant de photographier un bouvier, et ne vous approchez pas des troupeaux en pâture. Notre page sur les Sherpas présente les communautés qui vivent de ces troupeaux dans le Khumbu.
Un guide expérimenté connaît les endroits sûrs où s’effacer et parle aux muletiers. Le gouvernement du Canada recommande de ne jamais randonner seul et d’engager un guide expérimenté d’une entreprise réputée ; il rappelle que les randonneurs indépendants sont tenus d’engager un guide local agréé. La région de l’Everest fait exception à l’obligation de guide en vigueur depuis le 1er avril 2023 : le guide y est recommandé mais pas obligatoire. Les permis y coûtent, au 14 octobre 2026, 3 000 NPR pour le parc national de Sagarmatha et 3 000 NPR pour le permis local du Khumbu, détaillés sur notre page permis de l’Everest.
Une chute sur un sentier de montagne peut exiger une évacuation : vérifiez que votre contrat couvre le trek en altitude et le sauvetage par hélicoptère, comme l’explique notre guide assurance voyage et sauvetage en hélicoptère. Pour la liste complète des bons réflexes, lisez notre page sécurité en trek, et pour l’itinéraire où vous croiserez le plus de caravanes, notre page sur le trek du camp de base de l’Everest.
Toujours du côté de la montagne, contre la paroi, jamais du côté du vide, et immobile jusqu’au passage du dernier animal. C’est la règle de base rappelée par les guides : un animal chargé peut vous pousser sans le vouloir.
Ils chargent rarement, mais leurs cornes et leurs charges peuvent déséquilibrer un marcheur mal placé. Le principal risque est la chute du côté du ravin, d’où la règle du côté montagne.
Surtout au-dessus de 3 000 m, dans les districts du nord. Dans la région de l’Everest, on croise surtout des mules entre Lukla et Namche Bazaar, puis des yaks et des dzos au-delà de Namche.
Le yak est un bovin de haute altitude ; le dzo, appelé chaunri en népali, est un hybride de yak et de vache, qui vit un peu plus bas et sert lui aussi d’animal de bât.
Au printemps, quand les yaks montent le matériel des expéditions vers le camp de base, et pendant les hautes saisons du trek, au printemps et en automne, pour ravitailler les lodges.
Selon la FAO, un yak peut parcourir 20 à 30 km par jour avec 60 à 80 kg de charge, ce qui en fait un auxiliaire précieux des expéditions himalayennes.
Vous préparez un voyage au Népal ? Retrouvez toutes nos réponses dans le guide complet, ou partez avec un petit groupe francophone accompagné par Louis-Simon Roy, du 3 au 23 novembre 2027.
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