Par Louis-Simon Roy, qui a vécu au total 8 ans au Népal au cours des 15 dernières années · Informations vérifiées le
En bref
La cuisine sherpa est une cuisine d’altitude, simple et réconfortante, née dans les hautes vallées du Solu-Khumbu, au pied de l’Everest. Sur le trek du camp de base, elle se cache souvent derrière le dal bhat des menus : il suffit de la demander pour découvrir galettes de pommes de terre, soupes de boulettes et thé au beurre salé. Voici les plats à connaître, ce qu’ils contiennent, où les goûter en trek ou à Katmandou, et les précautions à prendre en altitude. Informations vérifiées le 14 octobre 2026.
Les Sherpas, peuple d’origine tibétaine installé surtout dans le Solu-Khumbu (voir notre page sur le peuple sherpa), vivaient traditionnellement de cultures, d’élevage et de commerce. Selon l’Encyclopedia of World Cultures, la pomme de terre est leur aliment de base, avec l’orge et quelques variétés de blé ; l’élevage fournit surtout du beurre et une sorte de yaourt, et l’on boit du thé importé, mélangé à du beurre et à du sel, ainsi que du chhang, une bière locale de maïs ou d’autres céréales.
La pomme de terre est pourtant récente : selon le Kathmandu Post, elle n’est arrivée chez les Sherpas du Khumbu qu’au milieu du XIXe siècle, avant de devenir très vite un aliment de base. On la mange en galettes, en boulettes, en soupes, en ragoûts ou en purée ; on en faisait autrefois de la farine et de l’alcool, et des pommes de terre séchées étaient même vendues au Tibet.
Un mot sur la viande : bouddhistes, les Sherpas n’abattent pas eux-mêmes les animaux et ne sont en général pas de grands mangeurs de viande, note la même encyclopédie ; ils consomment celle d’animaux abattus par d’autres, au marché ou lors d’occasions particulières.
| Plat ou boisson | Ce que c’est |
|---|---|
| Riki kur | Galette de pommes de terre finement râpées, liée d’un peu de farine |
| Rildok | Soupe de boulettes de pommes de terre bouillies puis pilées |
| Shyakpa (thenthuk) | Soupe de pâtes tirées à la main |
| Phalgi | Ragoût d’hiver de maïs vert séché, de haricots blancs, de radis, de pommes de terre et de viande |
| Tsampa | Farine d’orge grillée |
| Khapse | Pâtisseries frites |
| Sucha | Thé au beurre, salé |
| Chhang | Bière locale de maïs ou d’autres céréales |
En langue sherpa, riki signifie pomme de terre et kur, pain ou galette, explique le Kathmandu Post. Le riki kur est un plat de petit-déjeuner : des pommes de terre finement râpées, mêlées d’un peu de farine et cuites à la poêle. On le sert avec du beurre de nak, la femelle du yak, et une sauce aigre et pimentée à base de serkam, le résidu solide obtenu en faisant bouillir le babeurre ; les connaisseurs y ajoutent un peu de somar (serkam fermenté) ou de soshim (crème caillée fermentée), au goût puissant. Un conseil du journal : mangez-le chaud, car froid, il garde un goût de pomme de terre crue.
Le rildok est une soupe garnie de boulettes de pommes de terre bouillies, pilées dans un mortier de bois appelé tsomgok, façonnées à la main puis plongées dans un bouillon d’oignon vert, d’ail, de piment, de curcuma et de sel. Selon le Kathmandu Post, beaucoup y ajoutent de l’airmong, le poivre du Sichuan, vendu en sachets venus du Solu. C’est le plat idéal après une longue étape.
Le shyakpa, appelé aussi thenthuk, est une soupe de pâtes tirées à la main, selon le Kathmandu Post, qui note que les gargotes de Boudha ont rendu le thenthuk très populaire à Katmandou. Sa garniture varie d’une cuisine à l’autre, avec ou sans viande, et les menus en anglais des lodges traduisent souvent le nom des plats : demandez ce qu’il contient, car en altitude, la version végétarienne est la plus sûre (voir plus bas).
Plus rare, le phalgi est un ragoût d’hiver de maïs vert séché au soleil, de haricots blancs, de radis, de pommes de terre et de viande, selon le Kathmandu Post, qui l’a trouvé au menu d’une gargote sherpa de Boudha, à Katmandou.
Dans les cuisines des hautes vallées, on croise aussi la tsampa, farine d’orge grillée, les khapse, pâtisseries frites, et le chhurpi, un fromage dur, cités par le Kathmandu Post parmi les spécialités des cuisines d’altitude ; notre page sur le fromage de yak et le chhurpi raconte son histoire.
Le thé au beurre, appelé sucha, se boit salé : c’est un thé mélangé à du beurre et à du sel. Le Kathmandu Post décrivait en 2020 les petites gargotes de Boudha où moines et habitants le sirotent. Son goût surprend la première fois ; goûtez-le au moins une fois, dans un lodge ou chez l’habitant, de préférence bien chaud.
Le chhang, bière de maïs ou d’autres céréales, est l’autre boisson traditionnelle des Sherpas. En trek, prudence : le CDC recommande d’éviter l’alcool pendant les 48 premières heures en haute altitude. Gardez-le pour la descente, et lisez notre page sur les alcools traditionnels du Népal pour connaître les risques des alcools artisanaux.
Le Khumbu est le pays sherpa : vous y dormez dans des lodges tenus par des familles, de Namche Bazaar aux villages de Khumjung et Kunde. Les menus laissent une large place au dal bhat, plat complet souvent resservi, mais n’hésitez pas à demander un riki kur au petit-déjeuner ou un rildok le soir : c’est aussi une façon de soutenir la cuisine des familles qui vous hébergent.
Au 14 octobre 2026, l’accès au Khumbu demande le permis du parc national de Sagarmatha (3 000 NPR) et le permis local de la municipalité rurale de Khumbu Pasang Lhamu (3 000 NPR) ; depuis 2023, cette municipalité n’applique ni l’obligation de guide ni la carte TIMS, et un guide y reste simplement recommandé. Nuance importante : la page TIMS du Nepal Tourism Board cite encore des itinéraires de l’Everest parmi ceux qui exigent guide et carte TIMS ; si vous comptez partir sans guide, faites confirmer la règle par écrit auprès de la municipalité de Khumbu Pasang Lhamu, du bureau du parc de Sagarmatha à Monjo ou du Nepal Tourism Board. Notre page sur le trek du camp de base de l’Everest décrit l’itinéraire et les étapes.
Pas de trek au programme ? Selon le Kathmandu Post, des gargotes sherpas se cachent dans les ruelles étroites, au-delà des restaurants qui entourent le stupa de Boudhanath, et l’on y sert riki kur, rildok ou phalgi. Le journal rappelle que, depuis des décennies, de nombreuses familles des hautes vallées passent l’hiver à Boudha, et que des communautés sherpas, tamang et d’autres peuples de montagne s’y sont installées : l’hiver est donc une belle saison pour y manger comme au village.
Le Gyalpo Lhosar marque le début de l’année du calendrier sherpa ; il commence le premier jour de la lune croissante du mois de Falgun et les festivités durent jusqu’à la pleine lune, selon Onlinekhabar, qui a photographié la communauté sherpa réunie à Boudhanath pour l’occasion. En 2027, il tombe le 9 mars, jour férié national selon la liste officielle des jours fériés de l’année 2083. Pour connaître les trois Losar du Népal, lisez notre page sur le Losar.
La cuisine des lodges est cuite et servie chaude, ce qui est un atout : le CDC rappelle que les aliments bien cuits et servis chauds sont les plus sûrs, et que les crudités, les fruits non pelés et les jus non pasteurisés sont à éviter. En pratique :
Côté rythme, le CDC conseille, au-delà de 3 000 m, de ne pas monter son lieu de nuit de plus de 500 m par jour. Les traitements préventifs du mal des montagnes se discutent avec un professionnel de santé ou une clinique santé-voyage avant le départ.
Le souvenir le plus simple est un livre : « Timmur: Stories and Flavors of Nepal », de Prashanta Khanal (Fine Print, 2022), consacre un chapitre aux Sherpas, selon le Nepali Times, et son auteur a publié une recette du riki kur dans le Kathmandu Post. Pour les produits, attention à la douane :
Pour les épices comme l’airmong, voyez notre page sur les épices népalaises, et retrouvez tous nos dossiers sur notre page pilier voyage au Népal.
Le riki kur, une galette de pommes de terre râpées servie au petit-déjeuner avec du beurre de nak et une sauce au serkam, et le shyakpa, ou thenthuk, une soupe de pâtes tirées à la main que les gargotes de Boudha ont rendue populaire à Katmandou.
Une soupe garnie de boulettes de pommes de terre bouillies et pilées dans un mortier de bois, cuites dans un bouillon d’oignon vert, d’ail, de piment et de curcuma, souvent relevé de poivre du Sichuan.
Non : le sucha est un thé mélangé à du beurre et à du sel. Son goût salé surprend, mais il se boit chaud, notamment dans les lodges et à Boudha.
Autour du stupa de Boudhanath : selon le Kathmandu Post, de petites gargotes sherpas se cachent dans les ruelles, au-delà des restaurants qui entourent le stupa. L’hiver, beaucoup de familles des hautes vallées séjournent à Boudha.
Mieux vaut attendre : le CDC recommande d’éviter l’alcool pendant les 48 premières heures en haute altitude. Gardez la bière de céréales pour la descente ou pour Katmandou.
Non : les produits laitiers venant d’un pays hors Union européenne sont interdits dans les bagages. Au Canada, seuls certains produits laitiers, dont les fromages pasteurisés, sont admis, et tous les aliments doivent être déclarés.
Vous préparez un voyage au Népal ? Retrouvez toutes nos réponses dans le guide complet, ou partez avec un petit groupe francophone accompagné par Louis-Simon Roy, du 3 au 23 novembre 2027.
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