Par Louis-Simon Roy, qui a vécu au total 8 ans au Népal au cours des 15 dernières années · Informations vérifiées le
En bref
Peut-on faire voler un drone au Népal ? Oui, mais jamais librement. Avant le premier décollage, un voyageur doit faire enregistrer son appareil auprès de l’Autorité de l’aviation civile du Népal (CAAN), obtenir une autorisation de vol de l’administration compétente et, dans les parcs et les aires protégées, des accords supplémentaires. De nombreux lieux sont tout simplement interdits, dont les sites les plus photogéniques de la vallée de Katmandou. Ce guide résume les règles officielles, les démarches, les zones à éviter et les sanctions, pour que vous décidiez en connaissance de cause si votre drone mérite une place dans la valise. Informations vérifiées le 14 octobre 2026.
Trois textes encadrent l’usage des drones. La CAAN applique ses Unmanned Aircraft System Requirements (UASR), publiées en avril 2021 en vertu des règlements de l’aviation civile de 2002 et fondées sur la procédure drone du ministère de l’Intérieur (MoHA). Cette procédure, adoptée en février 2019 selon le Kathmandu Post, confie les autorisations de vol au ministère et, par délégation, aux administrations de district. Enfin, les gestionnaires des parcs nationaux et des aires de conservation ajoutent leurs propres accords.
Les UASR classent les drones selon leur masse maximale au décollage :
| Catégorie | Masse au décollage | Ce que cela implique |
|---|---|---|
| A, « très faible risque » | Moins de 250 g | Enregistrement exigé, comme pour les autres catégories |
| B, « faible risque » | De 250 g à 2 kg | Enregistrement ; autorisation de vol du district |
| C, « faible risque réglementé » | De 2 à 25 kg | Assurance obligatoire, inspection physique, autorisation du ministère |
| D, « risque élevé réglementé » | Plus de 25 kg | Exploitation interdite au-delà de 25 kg de masse brute |
La plupart des drones de voyage appartiennent aux catégories A ou B. Ne comptez pas sur l’exemption des petits appareils : les UASR imposent l’enregistrement à toute personne qui fera voler un drone au Népal, et le Nepali Times rappelait en août 2026 que les drones de moins de 250 g doivent désormais être enregistrés. En juin 2026, la police a d’ailleurs saisi un drone de 240 g dans le Mustang.
Les étrangers obtiennent un enregistrement temporaire auprès du département des normes de sécurité des vols (FSSD) de la CAAN, à Sinamangal, près de l’aéroport de Katmandou. Il faut s’y présenter en personne avec le drone. La liste officielle des pièces, publiée par la CAAN en 2025, comprend :
Le drone doit porter le marquage CE ou disposer d’un certificat d’homologation. Au-delà de 2 kg, une assurance valide et une vérification physique au FSSD sont obligatoires. Le certificat remis porte un numéro d’identification unique, à afficher de façon lisible sur l’appareil, et le pilote doit l’avoir sur lui pendant le vol. Ce certificat précise noir sur blanc qu’il ne constitue pas une autorisation de vol.
Conséquence pratique : comme la demande exige un visa népalais et la déclaration en douane, elle se fait une fois arrivé à Katmandou. Déclarez donc votre drone dès votre passage à la douane de l’aéroport de Katmandou.
Selon le ministère de l’Intérieur, cité par le Himalayan Times, un drone pesant jusqu’à 2 kg doit obtenir l’autorisation de l’administration du district concerné (District Administration Office), et un drone plus lourd celle du ministère lui-même. Un vol à but commercial ou de tournage relève en outre d’autorisations spécifiques. Le Nepali Times décrivait en août 2026 des démarches longues, même pour les créateurs népalais, et une application jugée inégale : prévoyez de la marge et ne promettez à personne des images aériennes avant d’avoir vos papiers en main.
Même avec un enregistrement et une autorisation, certaines zones restent fermées. Le ministère de l’Intérieur et la CAAN interdisent notamment :
| Zone | Règle | Exemples concrets |
|---|---|---|
| Aéroports et routes aériennes | Pas de vol à moins de 5 km d’un aérodrome sans accord des services de la circulation aérienne | Katmandou, Pokhara, Lukla, Jomsom |
| Frontières internationales | Pas de vol à moins de 5 km de la frontière | Mustang, routes vers le Tibet, Teraï |
| Sites religieux et patrimoniaux | Interdiction, espace aérien compris | Durbar Square de Katmandou, Bhaktapur, Patan, Pashupatinath, Boudhanath, Swayambhunath, Budhanilkantha |
| Lieux de pouvoir | Interdiction | Singha Durbar, Maitighar Mandala, résidences du président, du vice-président et du premier ministre |
| Sites de sécurité | Environ 1 000 m des bureaux de l’armée, 500 m des autres forces de sécurité | Casernes, postes de police |
| Zones désignées | Zone restreinte | Kagbeni, dans le Mustang, selon le Kathmandu Post |
En clair, les grands monuments de la vallée, comme le temple de Pashupatinath ou le stupa de Boudhanath, se photographient depuis le sol. Le ministère interdit aussi tout vol qui trouble la paix, la sécurité ou la vie privée des personnes.
Les UASR définissent des « conditions standard » d’exploitation. Concrètement, votre drone doit :
Tout vol ayant blessé quelqu’un ou endommagé un bien doit être signalé à la CAAN dans les 48 heures.
Dans les espaces protégés, d’autres accords s’ajoutent. Le parc national de Sagarmatha (Everest) publie sa procédure : enregistrement à la CAAN, lettre d’approbation du Département des parcs nationaux (DNPWC) à Babarmahal, à Katmandou, lettre de l’administration du district à Salleri, puis autorisation délivrée par le bureau du parc sur la base de ces deux lettres. Le tout s’ajoute aux permis de l’Everest habituels.
Au camp de base, le Département du tourisme a rappelé en mai 2026 qu’aucune photo ni vidéo ne doit être prise ou diffusée au camp de base et au-dessus sans approbation préalable, après avoir annulé des autorisations de drones lourds. Pour un tournage, le Nepali Times évoque près de 5 000 USD d’autorisation à l’Everest, en plus des droits du parc. Si vous préparez le trek du camp de base de l’Everest, laissez plutôt le drone à la maison.
Dans le Mustang, qui fait partie de l’aire de conservation de l’Annapurna, il faut l’accord préalable de l’administration du district et du projet ACAP, et le secteur de l’aéroport de Jomsom est interdit. Pour le Haut-Mustang, la frontière tibétaine toute proche ajoute la règle des 5 km. Dans les autres parcs, comme celui de Chitwan, filmer suppose l’autorisation du DNPWC, et le Nepali Times signale un coût de plus de 10 000 NPR pour un permis de zone.
Les forces de sécurité peuvent confisquer un drone qui vole dans une zone interdite et poursuivre son pilote. Le Kathmandu Post rapportait en 2019 que les drones saisis étaient rendus après des amendes de 5 000 à 25 000 NPR ; le Nepali Times indiquait en 2026 qu’une première infraction peut dépasser 25 000 NPR. Exemple récent : en juin 2026, la police du Mustang a saisi le drone d’un touriste qui volait sans autorisation près d’un pont, et l’a remis au bureau de la CAAN de Jomsom. Une infraction peut donc vous coûter l’appareil, une amende et des démarches imprévues en plein voyage.
Pour vos images prises au sol, lisez notre guide photographier au Népal, et retrouvez tous nos dossiers pratiques sur notre page voyage au Népal. Règles en vigueur au 14 octobre 2026 : elles changent souvent, vérifiez-les auprès de la CAAN avant de voler.
Oui, mais il doit être déclaré à la douane à l’arrivée, puis enregistré auprès de la CAAN (enregistrement temporaire pour les étrangers, 50 USD plus 13 % de TVA au 14 octobre 2026). Il faut ensuite une autorisation de vol.
Oui. Les règles de la CAAN imposent l’enregistrement à tout drone utilisé au Népal, et la presse népalaise rappelait en 2026 que les drones de moins de 250 g sont concernés. Un drone de 240 g a été saisi dans le Mustang en juin 2026.
L’administration du district concerné pour un drone jusqu’à 2 kg, le ministère de l’Intérieur au-delà. Dans les parcs nationaux et les aires de conservation, il faut aussi l’accord du DNPWC ou de l’ACAP et du bureau du parc.
Pas au-dessus des grands sites : les Durbar Squares de Katmandou, Patan et Bhaktapur, Pashupatinath, Boudhanath, Swayambhunath et Budhanilkantha sont interdits, comme la zone de 5 km autour de l’aéroport.
Seulement avec l’enregistrement CAAN, une lettre du DNPWC, une lettre de l’administration de Salleri et l’autorisation du parc de Sagarmatha. Au camp de base et au-dessus, photos et vidéos demandent une approbation préalable depuis mai 2026.
La saisie du drone et une amende : de 5 000 à 25 000 NPR selon des cas rapportés en 2019, et plus de 25 000 NPR pour une première infraction selon le Nepali Times en 2026, sans compter d’éventuelles poursuites.
Vous préparez un voyage au Népal ? Retrouvez toutes nos réponses dans le guide complet, ou partez avec un petit groupe francophone accompagné par Louis-Simon Roy, du 3 au 23 novembre 2027.
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