Voler en drone au Népal : enregistrement, autorisations et zones interdites

Par Louis-Simon Roy, qui a vécu au total 8 ans au Népal au cours des 15 dernières années · Informations vérifiées le

En bref

  • Tout drone qui vole au Népal doit être enregistré auprès de l’Autorité de l’aviation civile (CAAN) ; un étranger demande un enregistrement temporaire à Katmandou, pour 50 USD plus 13 % de TVA.
  • L’enregistrement n’autorise pas à voler : il faut aussi l’accord de l’administration du district (drone jusqu’à 2 kg) ou du ministère de l’Intérieur (plus de 2 kg).
  • Vol interdit à moins de 5 km d’un aéroport ou d’une frontière, au-dessus des trois Durbar Squares, de Pashupatinath, Boudhanath, Swayambhunath et près des casernes.
  • Conditions standard : à vue, de jour, 100 m de hauteur et 300 m de distance au maximum, jamais à moins de 30 m d’une personne étrangère au vol.
  • Parcs nationaux et aires de conservation : autorisations supplémentaires (DNPWC, district, bureau du parc ou ACAP). Les drones en infraction sont saisis.

Peut-on faire voler un drone au Népal ? Oui, mais jamais librement. Avant le premier décollage, un voyageur doit faire enregistrer son appareil auprès de l’Autorité de l’aviation civile du Népal (CAAN), obtenir une autorisation de vol de l’administration compétente et, dans les parcs et les aires protégées, des accords supplémentaires. De nombreux lieux sont tout simplement interdits, dont les sites les plus photogéniques de la vallée de Katmandou. Ce guide résume les règles officielles, les démarches, les zones à éviter et les sanctions, pour que vous décidiez en connaissance de cause si votre drone mérite une place dans la valise. Informations vérifiées le 14 octobre 2026.

Le cadre légal du drone au Népal

Trois textes encadrent l’usage des drones. La CAAN applique ses Unmanned Aircraft System Requirements (UASR), publiées en avril 2021 en vertu des règlements de l’aviation civile de 2002 et fondées sur la procédure drone du ministère de l’Intérieur (MoHA). Cette procédure, adoptée en février 2019 selon le Kathmandu Post, confie les autorisations de vol au ministère et, par délégation, aux administrations de district. Enfin, les gestionnaires des parcs nationaux et des aires de conservation ajoutent leurs propres accords.

Les UASR classent les drones selon leur masse maximale au décollage :

CatégorieMasse au décollageCe que cela implique
A, « très faible risque »Moins de 250 gEnregistrement exigé, comme pour les autres catégories
B, « faible risque »De 250 g à 2 kgEnregistrement ; autorisation de vol du district
C, « faible risque réglementé »De 2 à 25 kgAssurance obligatoire, inspection physique, autorisation du ministère
D, « risque élevé réglementé »Plus de 25 kgExploitation interdite au-delà de 25 kg de masse brute

La plupart des drones de voyage appartiennent aux catégories A ou B. Ne comptez pas sur l’exemption des petits appareils : les UASR imposent l’enregistrement à toute personne qui fera voler un drone au Népal, et le Nepali Times rappelait en août 2026 que les drones de moins de 250 g doivent désormais être enregistrés. En juin 2026, la police a d’ailleurs saisi un drone de 240 g dans le Mustang.

Étape 1 : enregistrer son drone auprès de la CAAN

Les étrangers obtiennent un enregistrement temporaire auprès du département des normes de sécurité des vols (FSSD) de la CAAN, à Sinamangal, près de l’aéroport de Katmandou. Il faut s’y présenter en personne avec le drone. La liste officielle des pièces, publiée par la CAAN en 2025, comprend :

  • le formulaire de demande RPA/Form/001 et une photo d’identité en couleur ;
  • une photo du drone montrant son numéro de série ;
  • la copie du passeport avec un visa népalais valide ;
  • la déclaration en douane du drone faite à l’aéroport international Tribhuvan ;
  • la lettre d’engagement RPA/Form/002, qui précise le but du vol, les lieux et la durée ;
  • les frais : 50 USD plus 13 % de TVA, payés à la Rastriya Banijya Bank par dépôt ou par Connect IPS.

Le drone doit porter le marquage CE ou disposer d’un certificat d’homologation. Au-delà de 2 kg, une assurance valide et une vérification physique au FSSD sont obligatoires. Le certificat remis porte un numéro d’identification unique, à afficher de façon lisible sur l’appareil, et le pilote doit l’avoir sur lui pendant le vol. Ce certificat précise noir sur blanc qu’il ne constitue pas une autorisation de vol.

Conséquence pratique : comme la demande exige un visa népalais et la déclaration en douane, elle se fait une fois arrivé à Katmandou. Déclarez donc votre drone dès votre passage à la douane de l’aéroport de Katmandou.

Étape 2 : obtenir l’autorisation de vol

Selon le ministère de l’Intérieur, cité par le Himalayan Times, un drone pesant jusqu’à 2 kg doit obtenir l’autorisation de l’administration du district concerné (District Administration Office), et un drone plus lourd celle du ministère lui-même. Un vol à but commercial ou de tournage relève en outre d’autorisations spécifiques. Le Nepali Times décrivait en août 2026 des démarches longues, même pour les créateurs népalais, et une application jugée inégale : prévoyez de la marge et ne promettez à personne des images aériennes avant d’avoir vos papiers en main.

Les zones interdites aux drones

Même avec un enregistrement et une autorisation, certaines zones restent fermées. Le ministère de l’Intérieur et la CAAN interdisent notamment :

ZoneRègleExemples concrets
Aéroports et routes aériennesPas de vol à moins de 5 km d’un aérodrome sans accord des services de la circulation aérienneKatmandou, Pokhara, Lukla, Jomsom
Frontières internationalesPas de vol à moins de 5 km de la frontièreMustang, routes vers le Tibet, Teraï
Sites religieux et patrimoniauxInterdiction, espace aérien comprisDurbar Square de Katmandou, Bhaktapur, Patan, Pashupatinath, Boudhanath, Swayambhunath, Budhanilkantha
Lieux de pouvoirInterdictionSingha Durbar, Maitighar Mandala, résidences du président, du vice-président et du premier ministre
Sites de sécuritéEnviron 1 000 m des bureaux de l’armée, 500 m des autres forces de sécuritéCasernes, postes de police
Zones désignéesZone restreinteKagbeni, dans le Mustang, selon le Kathmandu Post

En clair, les grands monuments de la vallée, comme le temple de Pashupatinath ou le stupa de Boudhanath, se photographient depuis le sol. Le ministère interdit aussi tout vol qui trouble la paix, la sécurité ou la vie privée des personnes.

Les règles de vol à respecter

Les UASR définissent des « conditions standard » d’exploitation. Concrètement, votre drone doit :

  • rester à vue directe (lunettes de vue admises, jumelles exclues), sous la base des nuages ; un retour vidéo n’est permis qu’avec un observateur qui garde le drone en vue ;
  • voler de jour uniquement, jamais dans un nuage ;
  • rester à 100 m de hauteur au plus au-dessus du sol et à 300 m au plus du pilote ;
  • se tenir à 30 m au moins de toute personne étrangère au vol, et ne pas survoler de zone habitée ;
  • céder le passage à tous les aéronefs, ce qui compte dans les vallées parcourues par les hélicoptères ;
  • être le seul drone de son pilote, qui ne doit ni conduire un véhicule en même temps, ni voler dans les 8 heures qui suivent la consommation d’alcool.

Tout vol ayant blessé quelqu’un ou endommagé un bien doit être signalé à la CAAN dans les 48 heures.

Parcs nationaux, Annapurna et Everest

Dans les espaces protégés, d’autres accords s’ajoutent. Le parc national de Sagarmatha (Everest) publie sa procédure : enregistrement à la CAAN, lettre d’approbation du Département des parcs nationaux (DNPWC) à Babarmahal, à Katmandou, lettre de l’administration du district à Salleri, puis autorisation délivrée par le bureau du parc sur la base de ces deux lettres. Le tout s’ajoute aux permis de l’Everest habituels.

Au camp de base, le Département du tourisme a rappelé en mai 2026 qu’aucune photo ni vidéo ne doit être prise ou diffusée au camp de base et au-dessus sans approbation préalable, après avoir annulé des autorisations de drones lourds. Pour un tournage, le Nepali Times évoque près de 5 000 USD d’autorisation à l’Everest, en plus des droits du parc. Si vous préparez le trek du camp de base de l’Everest, laissez plutôt le drone à la maison.

Dans le Mustang, qui fait partie de l’aire de conservation de l’Annapurna, il faut l’accord préalable de l’administration du district et du projet ACAP, et le secteur de l’aéroport de Jomsom est interdit. Pour le Haut-Mustang, la frontière tibétaine toute proche ajoute la règle des 5 km. Dans les autres parcs, comme celui de Chitwan, filmer suppose l’autorisation du DNPWC, et le Nepali Times signale un coût de plus de 10 000 NPR pour un permis de zone.

Les sanctions : saisie et amendes

Les forces de sécurité peuvent confisquer un drone qui vole dans une zone interdite et poursuivre son pilote. Le Kathmandu Post rapportait en 2019 que les drones saisis étaient rendus après des amendes de 5 000 à 25 000 NPR ; le Nepali Times indiquait en 2026 qu’une première infraction peut dépasser 25 000 NPR. Exemple récent : en juin 2026, la police du Mustang a saisi le drone d’un touriste qui volait sans autorisation près d’un pont, et l’a remis au bureau de la CAAN de Jomsom. Une infraction peut donc vous coûter l’appareil, une amende et des démarches imprévues en plein voyage.

Voyager avec son drone : nos conseils

  • Déclarez-le à l’arrivée : la déclaration de douane fait partie du dossier d’enregistrement. Notre page douane du Népal détaille les formalités.
  • Batteries en cabine : les batteries au lithium de rechange sont interdites dans les bagages en soute ; voyagez avec elles dans votre bagage à main.
  • Prévenez votre guide et votre agence avant le départ : ils connaissent les postes de contrôle et les règles locales.
  • Vérifiez votre assurance : la responsabilité civile liée au drone est rarement incluse par défaut ; lisez notre guide assurance voyage au Népal.
  • Respectez les personnes : ne survolez ni villages, ni monastères, ni cérémonies.
  • Posez-vous la question : pour un séjour court ou un trek, le temps des démarches dépasse souvent le bénéfice. Un bon appareil photo au sol suffit pour la plupart des voyageurs.

Pour vos images prises au sol, lisez notre guide photographier au Népal, et retrouvez tous nos dossiers pratiques sur notre page voyage au Népal. Règles en vigueur au 14 octobre 2026 : elles changent souvent, vérifiez-les auprès de la CAAN avant de voler.

Questions fréquentes

Peut-on emporter un drone au Népal ?

Oui, mais il doit être déclaré à la douane à l’arrivée, puis enregistré auprès de la CAAN (enregistrement temporaire pour les étrangers, 50 USD plus 13 % de TVA au 14 octobre 2026). Il faut ensuite une autorisation de vol.

Un drone de moins de 250 g doit-il être enregistré au Népal ?

Oui. Les règles de la CAAN imposent l’enregistrement à tout drone utilisé au Népal, et la presse népalaise rappelait en 2026 que les drones de moins de 250 g sont concernés. Un drone de 240 g a été saisi dans le Mustang en juin 2026.

Qui délivre l’autorisation de vol d’un drone au Népal ?

L’administration du district concerné pour un drone jusqu’à 2 kg, le ministère de l’Intérieur au-delà. Dans les parcs nationaux et les aires de conservation, il faut aussi l’accord du DNPWC ou de l’ACAP et du bureau du parc.

Peut-on faire voler un drone à Katmandou ?

Pas au-dessus des grands sites : les Durbar Squares de Katmandou, Patan et Bhaktapur, Pashupatinath, Boudhanath, Swayambhunath et Budhanilkantha sont interdits, comme la zone de 5 km autour de l’aéroport.

Peut-on faire voler un drone pendant le trek de l’Everest ?

Seulement avec l’enregistrement CAAN, une lettre du DNPWC, une lettre de l’administration de Salleri et l’autorisation du parc de Sagarmatha. Au camp de base et au-dessus, photos et vidéos demandent une approbation préalable depuis mai 2026.

Que risque-t-on en volant sans autorisation au Népal ?

La saisie du drone et une amende : de 5 000 à 25 000 NPR selon des cas rapportés en 2019, et plus de 25 000 NPR pour une première infraction selon le Nepali Times en 2026, sans compter d’éventuelles poursuites.

Vous préparez un voyage au Népal ? Retrouvez toutes nos réponses dans le guide complet, ou partez avec un petit groupe francophone accompagné par Louis-Simon Roy, du 3 au 23 novembre 2027.

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Sources consultées