Par Louis-Simon Roy, qui a vécu au total 8 ans au Népal au cours des 15 dernières années · Informations vérifiées le
En bref
Photographier au Népal est un bonheur : lumières dorées sur l’Himalaya, visages expressifs, temples sculptés, fêtes colorées. Mais l’appareil photo engage aussi votre comportement. La règle d’or tient en une phrase : on demande avant de photographier une personne, et l’on renonce si elle refuse. Ce n’est pas seulement une question de politesse : la loi népalaise protège le droit à l’image, et plusieurs lieux sacrés ou sensibles interdisent toute photo. Voici ce que dit la loi, où l’appareil reste dans le sac, comment se comporter aux crémations de Pashupatinath et avec les sadhus, et quelques conseils pour réussir vos images sans froisser personne. Informations vérifiées le 14 octobre 2026.
Le Code pénal national de 2017 consacre un chapitre aux atteintes à la vie privée. Son article 295 interdit de photographier une personne sans son consentement, ou de fabriquer une image en mêlant sa photo à celle d’une autre. La sanction prévue peut aller jusqu’à un an d’emprisonnement, une amende de 10 000 NPR au plus, ou les deux. Le même article interdit de créer ou de publier une photo dénaturée qui combine les images de plusieurs personnes, avec une peine plus lourde.
Une exception compte pour les voyageurs : photographier un lieu public où des personnes apparaissent incidemment n’est pas une infraction. Une vue d’ensemble d’une place animée est donc permise ; un portrait serré d’un inconnu, non. Dans les faits, ce sont surtout le respect et le bon sens qui guident la pratique, mais connaître la règle aide à comprendre pourquoi un refus doit être accepté sans discuter.
Demander ne prend que quelques secondes et change toute la relation avec la personne photographiée. Quelques réflexes simples :
Notre page sur les usages et l’étiquette au Népal complète ces conseils.
Les lieux de culte sont des espaces vivants, pas des musées. Le Rough Guide recommande de ne pas photographier dans un temple hindou sans en avoir demandé la permission, d’y retirer ses chaussures et de laisser le cuir hors de l’enceinte. Dans un monastère bouddhiste, demandez avant de photographier l’intérieur d’une salle de prière, surtout pendant les offices, et faites le tour des stupas dans le sens des aiguilles d’une montre. Notre page sur les monastères bouddhistes à visiter donne les codes de chaque lieu.
| Lieu | Règle photo | Bon réflexe |
|---|---|---|
| Pashupatinath, sanctuaire principal | Interdit aux non-hindous ; aucune photo à l’intérieur | Observer depuis les ghats et la rive opposée |
| Pashupatinath, ghats et extérieurs | Ouverts à tous ; photos permises « avec respect » | Pas de gros plan sur les familles ni les bûchers |
| Kumari Ghar, Durbar Square de Katmandou | Photographier la Kumari est strictement interdit | Appareil rangé dans la cour de la résidence |
| Temples hindous | Sur demande ; certaines parties réservées aux hindous, comme à Pashupatinath | Chaussures retirées, pas de cuir |
| Monastères et stupas | Demander, surtout pour l’intérieur des salles de prière | Pas de flash pendant les offices |
La Kumari, la jeune déesse vivante de Katmandou, réside dans la Kumari Ghar, sur le Durbar Square de Katmandou. Visiteurs et fidèles se rassemblent dans sa cour dans l’espoir de l’apercevoir, et elle apparaît en public surtout lors des fêtes religieuses, dont Indra Jatra. La revue Nepal Traveller rappelle que la photographier est strictement interdit : profitez de l’instant sans appareil.
Au temple de Pashupatinath, les crémations se déroulent en public, sur les ghats qui bordent la Bagmati. Le site du Pashupati Area Development Trust, qui gère le lieu, précise que le sanctuaire principal est réservé aux hindous, que la photographie y est interdite, que les ghats sont ouverts à tous et que les espaces extérieurs peuvent être photographiés avec respect.
Ce respect se traduit concrètement :
Pour comprendre le rite et ses étapes, lisez notre page crémations à Pashupatinath.
Les sadhus, ascètes hindous au visage peint, attirent beaucoup d’objectifs, notamment à Pashupatinath. Onlinekhabar a décrit des sadhus qui prennent la pose dès qu’un objectif se lève et réclament de l’argent, ou qui posent une tika sur le front des visiteurs, après quoi une offrande est attendue. Ce n’est pas une arnaque si les règles sont claires :
Avec les enfants, en revanche, évitez toute transaction : un sourire, un échange et l’accord des parents suffisent.
Loin des villes, l’appareil photo attire encore plus l’attention, et la vie privée se joue souvent à ciel ouvert : on se lave à la fontaine, on cuisine devant la maison, on fait sécher le linge sur le toit. Ces scènes ne sont pas un décor. Avant de photographier une cour, une cuisine ou l’intérieur d’une maison qui vous accueille en homestay, demandez à vos hôtes. Évitez de cadrer les personnes qui se lavent aux points d’eau, même de loin. Dans les gompas de montagne, demandez à un moine ou au gardien si l’intérieur peut être photographié, et acceptez sa réponse. Enfin, votre guide est votre meilleur allié : il peut demander pour vous, expliquer votre démarche dans la langue locale et vous signaler les moments où il vaut mieux ranger l’appareil, par exemple pendant une cérémonie funéraire ou un rite de guérison.
Le drone obéit à des règles beaucoup plus strictes que l’appareil photo. Il doit être enregistré auprès de l’Autorité de l’aviation civile (CAAN), puis autorisé par l’administration du district ou le ministère de l’Intérieur. Selon le ministère, cité par le Himalayan Times, les vols sont interdits au-dessus des Durbar Squares de Katmandou, Patan et Bhaktapur, de Pashupatinath, Boudhanath, Swayambhunath et Budhanilkantha, ainsi qu’à moins de 5 km des aéroports et des frontières. Tout est détaillé sur notre page drone au Népal.
Le consentement vaut aussi pour la suite. Avant de publier le portrait d’une personne identifiable, demandez-vous si elle serait d’accord de se voir en ligne, surtout s’il s’agit d’un moment intime, d’une cérémonie ou d’une situation de pauvreté. Pour un usage commercial (vente, publicité, banque d’images), faites signer une autorisation écrite : c’est une précaution de base, au Népal comme ailleurs. Évitez les photomontages qui dénaturent l’image d’une personne, explicitement visés par la loi.
Pour les meilleurs lieux et le matériel, voyez notre page photographie au Népal, et retrouvez l’ensemble de nos guides sur notre page voyage au Népal. En résumé : demandez, respectez les refus, rangez l’appareil dans les lieux sacrés, et vos photos raconteront un voyage dont vous serez fier.
Oui, avec leur accord. Le Code pénal népalais interdit de photographier une personne sans son consentement, sous peine d’un an de prison ou de 10 000 NPR d’amende au plus ; une vue d’un lieu public où des passants apparaissent n’est pas visée.
Les ghats sont ouverts à tous et les espaces extérieurs peuvent être photographiés avec respect, selon le trust qui gère le site. Restez en retrait, sans flash ni gros plan sur les familles, et ne photographiez pas l’intérieur du sanctuaire principal.
Non. Photographier la Kumari, la jeune déesse vivante, est strictement interdit, y compris depuis la cour de sa résidence, la Kumari Ghar, sur le Durbar Square.
Beaucoup de sadhus posent en échange d’une contribution. Demandez avant de photographier et convenez d’un petit montant à l’avance ; si vous ne voulez pas payer, ne prenez pas la photo.
Les installations, postes de contrôle et personnels militaires, la Kumari, l’intérieur du sanctuaire principal de Pashupatinath et toute personne qui refuse. Au camp de base de l’Everest, photos et vidéos demandent une approbation préalable depuis mai 2026.
Seulement avec un enregistrement auprès de la CAAN et une autorisation de vol. Les vols sont interdits au-dessus des Durbar Squares, de Pashupatinath, Boudhanath et Swayambhunath, et à moins de 5 km des aéroports et des frontières.
Vous préparez un voyage au Népal ? Retrouvez toutes nos réponses dans le guide complet, ou partez avec un petit groupe francophone accompagné par Louis-Simon Roy, du 3 au 23 novembre 2027.
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