Par Louis-Simon Roy, qui a vécu au total 8 ans au Népal au cours des 15 dernières années · Informations vérifiées le
En bref
Le gavial au Népal est l’un des animaux les plus étonnants que l’on puisse observer lors d’un safari dans le Teraï : un crocodilien au museau long et étroit comme un bec, qui ne vit plus que dans quelques rivières du Népal et de l’Inde. On le croise avec un cousin au museau large, le crocodile des marais. Cette page vous aide à les reconnaître, explique où et quand les observer, comment visiter le centre d’élevage de Kasara et quelles précautions prendre au bord de l’eau. Informations vérifiées le 14 octobre 2026.
Pour organiser votre séjour dans le sud du pays, consultez notre page pilier voyage au Népal et notre présentation du parc national de Chitwan.
Deux crocodiliens vivent au Népal. Le site officiel de l’Office du tourisme du Népal (NTB) les cite tous deux parmi les 49 espèces de reptiles et d’amphibiens du parc national de Chitwan.
| Critère | Gavial du Gange | Crocodile des marais |
|---|---|---|
| Museau | Très long et étroit, armé de 110 dents fines et acérées | Large : le plus large de tous les crocodiles actuels |
| Signe distinctif | Les mâles adultes portent une excroissance sur le bout du museau, le ghara | Crocodile de taille moyenne, souvent posé sur les berges sableuses |
| Taille | 2,6 à 4,5 m pour les femelles, 3 à 6 m pour les mâles | 2 à 2,5 m pour les femelles, 3 à 3,5 m pour les mâles |
| Régime | Essentiellement des poissons | Poissons, reptiles, oiseaux et mammifères |
| Habitat au Népal | Grandes rivières : Rapti, Narayani, Babai, Karnali | Rivières, lacs et marais : Chitwan, Bardia, Shuklaphanta, Koshi Tappu, lac de Ghodaghodi |
| Statut UICN | En danger critique depuis 2007 | Vulnérable depuis 1982 |
| Protection au Népal | Sur la liste des reptiles protégés du DNPWC | Absent de cette liste |
Sources : Wikipédia pour la morphologie et les statuts, Département des parcs nationaux et de la conservation de la faune (DNPWC) pour la liste des espèces protégées. Selon l’évaluation de l’UICN de 2019 reprise par Wikipédia, il resterait au plus 900 gavials dans le monde.
Le gavial revient de loin. Lors de la création du programme d’élevage, en 1978, on estimait qu’il en restait moins de 100 dans tout le pays, selon l’agence de presse nationale RSS. Les comptages réalisés depuis montrent une remontée lente :
| Année | Gavials comptés | Précision |
|---|---|---|
| 2011 | 102 | Total cité par Onlinekhabar |
| 2016 | 198 | Narayani 84, Rapti 82, Babai 31, Karnali 1 |
| 2023 | 239 | Rapti et Narayani (Chitwan) |
| Début 2024 | 265 | Rapti et Narayani (Chitwan) |
Sources : Onlinekhabar (2023) pour 2011 et 2016 ; Mongabay, repris par Onlinekhabar en février 2024, pour 2023 et 2024. En janvier 2025, l’agence RSS citait de son côté 152 gavials dans la Rapti et 103 dans la Narayani lors du dernier relevé. Les comptages se font en hiver, en décembre et en janvier, depuis des pirogues ; le WWF Népal indique que des drones ont récemment été utilisés.
La progression reste fragile : entre le premier et le dernier relevé de l’étude rapportée par Mongabay, 404 gavials élevés en captivité ont été relâchés, mais la population n’a augmenté que de 80 individus. En 2019, Onlinekhabar estimait à moins de 100 le nombre de gavials adultes dans le pays.
Le centre d’élevage des gavials (Gharial Breeding Center) se trouve à Kasara, au siège du parc national de Chitwan, à environ 21 km de Bharatpur par la route selon le NTB. Il a été fondé en 1978, et le programme d’élevage qu’il porte est crédité d’avoir sauvé l’espèce de la disparition au Népal, selon l’étude rapportée par Mongabay. Son principe est simple :
En janvier 2025, le centre abritait 759 gavials : 195 nouveau-nés, 432 juvéniles, 100 subadultes et 32 adultes, selon la RSS. Depuis août 2026, l’entrée y est gratuite, comme celle du centre d’élevage des éléphants de Khorsor, selon Ekantipur. Le centre se trouvant à l’intérieur du parc, renseignez-vous sur le droit d’entrée du parc (2 000 NPR par jour pour les étrangers au 14 octobre 2026) et sur les modalités d’accès auprès de votre hébergement.
La visite est l’occasion idéale de voir de près des gavials de tous âges, de comprendre le ghara des mâles et de photographier des animaux presque impossibles à approcher dans la nature. Restez derrière les barrières et ne nourrissez pas les animaux.
Le cœur de la population se trouve dans la Rapti et la Narayani, qui bordent le parc national de Chitwan. La Rapti sépare le village de Sauraha de la forêt, et le crocodile des marais s’y chauffe le plus souvent sur les berges sableuses : les sorties en pirogue, l’une des activités du parc citées par le NTB, permettent de l’observer au ras de l’eau. Voyez notre page pirogue sur la Rapti. Des gavials sont aussi observés de façon saisonnière dans la Reu, la Khageri et la Budhi Rapti.
Dans la zone tampon du parc, le lac de Bishazari (ou Beeshazar Tal), zone humide d’importance internationale (site Ramsar) depuis août 2003 selon le parc, forme un vaste ensemble de bras morts où vit le crocodile des marais.
Dans l’ouest, le parc national de Bardia abrite une petite population sur la Babai et la Karnali. En 2019, des chercheurs y ont confirmé trois nids de gavial sur la Babai, la première reproduction connue dans le parc depuis 1982 ; deux nids y ont encore produit une soixantaine de petits en 2022, selon une étude publiée dans la revue Oryx. Bardia possède aussi un centre d’élevage des crocodiles, cité parmi les visites proposées autour du parc, et le rafting figure parmi les activités les plus prisées des visiteurs.
Le crocodile des marais vit également dans les zones humides du parc national de Shuklaphanta, du lac de Ghodaghodi et de la réserve de Koshi Tappu. Historiquement, le gavial peuplait aussi les systèmes de la Koshi, de la Gandaki, de la Karnali et de la Mahakali. Pour une vue d’ensemble, lisez notre page sur les rivières du Népal.
Les crocodiliens se chauffent au soleil sur les berges et les bancs de sable. Les chercheurs font leurs comptages en hiver, en décembre et en janvier, depuis des pirogues : c’est une bonne période pour les voir immobiles au bord de l’eau. Selon le NTB, la saison d’octobre à mars est douce à Chitwan, avec des températures moyennes autour de 25 °C ; d’avril à juin, la chaleur peut atteindre 43 °C ; de juillet à septembre, c’est la saison des pluies, pendant laquelle les crues modifient les berges. Les nids se creusent au printemps sur les bancs de sable, et les petits éclosent au début de l’été. Notre page quand aller à Chitwan détaille chaque saison.
Le gavial se nourrit surtout de poissons, mais le crocodile des marais a un régime beaucoup plus large, qui inclut des mammifères. En juillet 2025, un jeune homme parti pêcher de nuit dans la Budhi Rapti, dans le district de Chitwan, a été tué par un crocodile, selon la police citée par Onlinekhabar. Quelques règles :
Selon Onlinekhabar (2023), les principales menaces qui pèsent sur le gavial au Népal sont les barrages, qui bloquent ses déplacements, l’extraction de sable, qui détruit les sites de ponte, la pollution, les crues de mousson, les filets de pêche en monofilament, dans lesquels les jeunes se prennent (un mâle reproducteur s’y est noyé à Chitwan), ainsi que le braconnage des œufs et le commerce des peaux. L’étude rapportée par Mongabay souligne aussi l’effet de l’extraction de sable et de roches sur le cours de la Narayani, et celui d’un barrage situé en aval, en Inde. Le Népal s’est doté d’un plan d’action pour la conservation du gavial pour 2018-2022.
Votre rôle de voyageur : choisissez des sorties qui respectent les distances, ne laissez aucun déchet sur les berges et n’achetez aucun objet en peau de reptile. Pour d’autres conseils, voyez notre page sur les éléphants du Népal et l’éthique des safaris.
Pour voir un gavial au Népal, le plus simple est de combiner une visite du centre de Kasara, gratuite depuis août 2026, et une sortie en pirogue sur la Rapti en hiver, quand les crocodiliens se chauffent sur les berges. Les voyageurs qui ont plus de temps tenteront Bardia, beaucoup moins fréquenté que Chitwan (27 025 visiteurs en 2025-2026 selon le Kathmandu Post), où l’espèce se reproduit de nouveau. Si vous préférez découvrir le Népal accompagné, notre voyage guidé francophone de 21 jours, du 3 au 23 novembre 2027, accompagné par Louis-Simon Roy, vous fait découvrir le pays en groupe.
Le comptage du début 2024 a recensé 265 gavials dans la Rapti et la Narayani, à Chitwan, contre 239 l’année précédente. Une petite population vit aussi dans la Babai et la Karnali, à Bardia.
Au centre d’élevage de Kasara, dans le parc national de Chitwan, et dans la nature lors d’une sortie en pirogue sur la Rapti. À Bardia, l’espèce vit dans la Babai et la Karnali.
Selon Ekantipur, l’entrée des centres d’élevage des gavials et des éléphants de Chitwan est gratuite depuis août 2026. Le centre se trouve dans le parc, dont le droit d’entrée est de 2 000 NPR par jour pour les étrangers.
Le gavial a un museau très long et fin et se nourrit surtout de poissons ; le crocodile des marais, au museau large, mange aussi reptiles, oiseaux et mammifères. Le premier est en danger critique, le second vulnérable.
Non. Le crocodile des marais y vit, et un pêcheur a été tué par un crocodile dans la Budhi Rapti en juillet 2025. Restez à distance des berges.
En hiver, quand ils se chauffent au soleil sur les berges : c’est aussi la saison des comptages, de décembre à janvier. D’octobre à mars, le climat de Chitwan est doux.
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