Par Louis-Simon Roy, qui a vécu au total 8 ans au Népal au cours des 15 dernières années · Informations vérifiées le
En bref
La réserve de Koshi Tappu est la destination rêvée des amateurs d’oiseaux au Népal. Sur les bancs de sable, les îles et les marais de la Saptakoshi, la plus grande rivière du pays, des milliers d’oiseaux d’eau viennent hiverner chaque année, tandis que le dernier troupeau népalais de buffles sauvages, l’arna, pâture dans les prairies. Moins connue que Chitwan, la réserve accueille peu de visiteurs étrangers et se découvre au calme, à pied ou en bateau. Voici tout ce qu’il faut savoir : faune, saison, accès, tarifs et précautions. Informations vérifiées le 14 octobre 2026.
Créée en 1976, la réserve de faune de Koshi Tappu (Koshi Tappu Wildlife Reserve) s’étend sur environ 175 km² de zones humides dans les districts de Sunsari, Saptari et Udayapur, dans la province de Koshi. Elle occupe la plaine inondable de la Saptakoshi, au nord du barrage de la Koshi, à une altitude comprise entre 75 et 81 m. Une zone tampon de 173 km² l’entoure, portant l’ensemble à environ 348 km² selon les chiffres de la réserve rapportés en 2026.
Le 17 décembre 1987, Koshi Tappu a été inscrite sur la liste des zones humides d’importance internationale de la convention de Ramsar. Elle est aussi reconnue, avec le barrage de la Koshi, comme une zone importante pour la conservation des oiseaux. D’autres anciennes réserves, comme Shuklaphanta en 2017, sont devenues des parcs nationaux, et la presse népalaise présente aujourd’hui Koshi Tappu comme la seule réserve de faune du pays.
La réserve a été créée pour sauver l’arna (Bubalus arnee), le buffle d’eau sauvage, ancêtre du buffle domestique. Lors de la création de la réserve, en 1976, on n’en comptait qu’environ 63. Le comptage national de 2021, mené par l’administration de la réserve et ses partenaires, dont le National Trust for Nature Conservation, en a recensé 498 (221 mâles adultes, 162 femelles adultes, 48 subadultes et 67 jeunes), soit une hausse de 12,9 % par rapport aux 441 de 2018. Une quinzaine d’individus ont par ailleurs été transférés en 2017 vers le parc national de Chitwan pour y créer une seconde population.
Ces chiffres font de Koshi Tappu un succès de conservation, mais l’espèce reste menacée : l’administration de la réserve, citée par le quotidien Republica, s’inquiète du croisement avec les buffles domestiques que certains éleveurs font pâturer dans la réserve, et de la perte de prairies au profit du bétail. Sur le terrain, gardez vos distances : un buffle sauvage peut charger. Notre page sur la faune du Népal présente les autres grands mammifères du pays.
Avec environ 485 espèces d’oiseaux recensées, Koshi Tappu est l’un des hauts lieux de l’ornithologie népalaise. Son intérêt culmine en hiver, quand les canards et de nombreux autres oiseaux d’eau migrateurs viennent hiverner sur la rivière et dans les marais. En 1999 déjà, des naturalistes y avaient compté plus de 35 000 canards de 20 espèces, selon le Nepali Times.
Chaque année, le recensement hivernal des oiseaux d’eau, mené à partir du premier samedi de janvier, donne une idée de cette richesse. En 2025, l’administration de la réserve a compté 9 250 oiseaux de 76 espèces, contre 5 527 oiseaux de 53 espèces l’année précédente, avec plusieurs observations d’espèces rares, dont certaines inédites pour le site. Les effectifs varient fortement d’une année à l’autre selon le niveau de l’eau et les conditions de migration.
Les ornithologues viennent notamment pour des espèces menacées des prairies et des zones humides du Teraï, comme le florican du Bengale, observé près du barrage. Pour préparer vos sorties, lisez notre page sur l’observation des oiseaux au Népal.
La Saptakoshi abrite aussi des reptiles et des mammifères aquatiques remarquables :
Les grands carnivores y sont rares : le léopard est le seul cité par l’administration. Koshi Tappu n’est donc pas une destination pour voir des tigres, mais pour l’observation lente d’un écosystème de rivière.
| Visiteur | Droit d’entrée | Validité |
|---|---|---|
| Étrangers | 1 500 NPR | 12 heures |
| Ressortissants de l’Asie du Sud (SAARC) | 750 NPR | 12 heures |
Ces montants sont ceux communiqués par l’administration de la réserve en 2024 ; vérifiez-les au guichet, car d’anciens tarifs circulent encore en ligne. Les activités (sorties guidées, bateau, safaris) sont facturées en plus. Selon la réserve, une part importante de ses recettes provient de la billetterie, des safaris et de l’écotourisme. Pour repère, 1 500 NPR représentaient environ 14 $ CA au taux de la Nepal Rastra Bank du 13 octobre 2026 (1 $ CA ≈ 107 NPR).
La meilleure façon de découvrir Koshi Tappu est de combiner :
Engagez un guide naturaliste local : il connaît les sites où se tiennent les espèces rares et sait évaluer les risques liés aux buffles sauvages.
Le siège de la réserve se trouve à Kusaha, dans le district de Sunsari, à quelques kilomètres de la route principale où s’arrêtent les bus.
Koshi Tappu se combine facilement avec Dharan, Itahari ou le secteur de Triyuga et de la Koshi. L’Agence canadienne des conseils aux voyageurs recommande d’éviter les bus de nuit et de ne pas circuler après la tombée du jour.
La plaine de la Koshi est sujette aux crues : renseignez-vous sur l’état des routes et des berges après de fortes pluies, et lisez notre dossier mousson, glissements de terrain et inondations.
Une nuit sur place est un minimum : les meilleures heures d’observation sont l’aube et la fin d’après-midi, et une simple excursion à la journée depuis Biratnagar fait perdre la lumière du matin. Deux nuits permettent de combiner une sortie en bateau, une marche sur les digues et un passage au barrage de la Koshi. Les passionnés d’ornithologie, qui viennent chercher des espèces rares, restent souvent davantage, en particulier en janvier et février, au cœur de l’hivernage.
Koshi Tappu reste peu fréquentée par les étrangers : sur l’exercice en cours rapporté en mai 2026, la réserve avait accueilli 11 603 visiteurs, dont 11 214 Népalais, 87 ressortissants de l’Asie du Sud et seulement 302 visiteurs d’autres pays. C’est tout le charme du lieu, mais cela signifie aussi des hébergements simples et peu nombreux autour de la réserve. Réservez à l’avance en haute saison ornithologique.
Koshi Tappu complète idéalement un voyage centré sur la faune, avec le parc national de Chitwan ou le parc national de Bardia. Pour organiser l’ensemble, consultez notre page pilier voyage au Népal.
Dans l’est du Teraï, sur la plaine inondable de la Saptakoshi, dans les districts de Sunsari, Saptari et Udayapur. Son siège est à Kusaha, à environ 1 h 30 de route de Biratnagar.
1 500 NPR pour les étrangers et 750 NPR pour les ressortissants de l’Asie du Sud, pour une visite de 12 heures, selon l’administration de la réserve. Les activités sont en sus.
Le comptage de 2021 a recensé 498 buffles d’eau sauvages (arna), contre 441 en 2018 et environ 63 lors de la création de la réserve en 1976.
De novembre à mars, quand les oiseaux migrateurs hivernent sur la Saptakoshi. Le recensement hivernal de 2025 y a compté 9 250 oiseaux d’eau de 76 espèces.
Environ 485 espèces d’oiseaux y ont été recensées, ce qui en fait l’un des meilleurs sites ornithologiques du Népal.
Oui, la réserve a été inscrite le 17 décembre 1987 sur la liste des zones humides d’importance internationale de la convention de Ramsar.
Vous préparez un voyage au Népal ? Retrouvez toutes nos réponses dans le guide complet, ou partez avec un petit groupe francophone accompagné par Louis-Simon Roy, du 3 au 23 novembre 2027.
Je découvre le voyage guidé Le guide complet du Népal