Par Louis-Simon Roy, qui a vécu au total 8 ans au Népal au cours des 15 dernières années · Informations vérifiées le
En bref
Népal ou Pérou : lequel choisir pour votre prochain trek ? Les deux pays comptent parmi les grandes destinations mondiales de la randonnée en montagne, mais ils n’offrent pas la même expérience. Le Népal, c’est la très haute altitude, de longues marches de village en village et des nuits en lodge. Le Pérou, ce sont des treks plus courts, en camping sur le chemin de l’Inca, où l’archéologie compte autant que les sommets. Bonne nouvelle : leurs saisons sont opposées, ce qui permet de faire l’un puis l’autre. Voici un comparatif concret, puis tout ce qu’il faut prévoir si vous choisissez le Népal. Informations vérifiées le 14 octobre 2026.
Ce tableau résume les différences qui pèsent vraiment dans la décision. Les tarifs et les règles sont donnés au 14 octobre 2026.
| Critère | Népal | Pérou |
|---|---|---|
| Altitude des treks phares | 5 364 m (camp de base de l’Everest), 5 416 m (Thorong La), 4 130 m (camp de base de l’Annapurna) | 4 750 m (col de Punta Unión, trek de Santa Cruz) ; chemin de l’Inca par le col de Warmiwañusca |
| Plus haut sommet | Everest, 8 849 m | Huascarán, 6 768 m |
| Durée type | 8 jours de marche de Lukla au camp de base de l’Everest (aller) ; treks courts possibles, comme Poon Hill | 4 jours et 3 nuits pour le chemin de l’Inca classique (33,7 km) ; 3 à 4 jours pour Santa Cruz |
| Hébergement | Lodges (teahouses) dans les villages | Camping dans des aires prévues sur le chemin de l’Inca |
| Encadrement | Guide licencié et carte TIMS obligatoires dans la plupart des aires protégées (sauf région de l’Everest) | Chemin de l’Inca uniquement par une agence autorisée |
| Meilleure saison | Mi-septembre à mi-décembre ; printemps | Avril ou mai à octobre selon la région |
| Arrivée en altitude | Montée progressive, à pied | Cusco, vers 3 350 m, dès l’atterrissage |
| Visa | Visa à l’arrivée ou en ligne : 30 USD (15 jours), 50 USD (30 jours), 125 USD (90 jours) | Pas de visa pour un séjour touristique court (Canadiens et Français) |
| Niveau des prix | Bas | Plus de deux fois celui du Népal |
En résumé : le Népal l’emporte pour l’altitude, la durée et l’immersion dans les villages de montagne ; le Pérou pour la combinaison d’un trek court et d’un site archéologique majeur.
Huit des plus hauts sommets du monde, tous au-dessus de 8 000 m, se trouvent sur le territoire népalais, rappelle l’office du tourisme du Népal (Nepal Tourism Board), à commencer par l’Everest (8 849 m). Les grands treks y montent donc très haut : 5 364 m au camp de base de l’Everest, 5 416 m au col de Thorong La sur le circuit des Annapurnas, 4 130 m au camp de base de l’Annapurna. Même le trek court de Poon Hill culmine à 3 210 m.
Au Pérou, le point culminant est le Huascarán (6 768 m), au cœur du parc national du même nom, dans la cordillère Blanche. Le trek classique de Santa Cruz, en trois à quatre jours, y franchit le col de Punta Unión à 4 750 m, selon le service péruvien des aires naturelles protégées (SERNANP). Le chemin de l’Inca, lui, franchit le col de Warmiwañusca sur la route de Machu Picchu.
Dans les deux pays, le mal aigu des montagnes est le premier risque. Le CDC américain le juge possible dès que l’on dort à 2 450 m ou plus sans acclimatation. Il recommande, au-dessus de 3 000 m, de ne pas monter son lieu de nuit de plus de 500 m par jour et de prévoir une nuit supplémentaire tous les 1 000 m gagnés. La différence se joue à l’arrivée :
Préparez cette progression avec notre guide de l’acclimatation en altitude, et parlez de votre projet à un professionnel de santé ou dans une clinique santé-voyage avant le départ.
C’est souvent l’argument décisif. Au Népal, la mousson s’installe en moyenne vers le 13 juin et se retire vers le 2 octobre, selon le service météorologique népalais ; en 2025, elle a duré du 29 mai au 10 octobre, un record. Le gouvernement népalais situe la meilleure période pour le camp de base de l’Everest de mi-septembre à mi-décembre ; pour Poon Hill, il ajoute la période de mi-février à mi-mai. Tous les détails mois par mois sont sur notre page climat et meilleure période pour le Népal.
Dans les Andes péruviennes, le calendrier est inversé :
En pratique, le Pérou se marche idéalement de juin à août, en pleine saison sèche andine, pendant que le Népal est sous la mousson, et le Népal reprend la main d’octobre à mi-décembre. Rien n’empêche donc de faire les deux, à quelques mois d’écart.
Au Népal, l’époque du trekkeur totalement autonome est révolue sur la plupart des grands itinéraires. Depuis le 1er avril 2023, les trekkeurs étrangers doivent être accompagnés d’un guide licencié et posséder une carte TIMS (2 000 NPR), obtenue par une agence enregistrée, dans les parcs nationaux et les aires de conservation. La région de l’Everest (municipalité rurale de Khumbu Pasang Lhamu) fait exception : le guide y est recommandé, pas obligatoire. S’ajoutent les droits d’entrée, au 14 octobre 2026 :
Tout est détaillé sur nos pages permis de trek au Népal en 2026 et guide obligatoire au Népal.
Au Pérou, le chemin de l’Inca est encore plus contrôlé : selon le SERNANP, on n’entre sur le réseau de chemins incas du sanctuaire de Machu Picchu que par l’intermédiaire d’agences de voyage autorisées. Six itinéraires existent, de 10,5 km en une journée à 42,1 km en cinq jours. Le chemin classique part du kilomètre 82 et compte 33,7 km en quatre jours et trois nuits, en passant par les sites incas de Runkurakay, Sayaqmarka, Phuyupatamarka et Wiñaywayna. Le droit d’entrée publié par le SERNANP va de 222 à 292 soles par adulte selon l’itinéraire, soit de 62 à 82 USD au taux de change moyen de 2025 publié par la Banque mondiale (3,57 soles pour 1 USD). Dans la cordillère Blanche, la page officielle du parc national Huascarán précise que les opérateurs touristiques doivent être autorisés par le SERNANP ; le tarif général d’entrée y est de 30 soles pour une journée et de 150 soles pour un séjour de 4 à 30 jours.
Conséquence pour votre organisation : dans les deux pays, prévoyez de passer par un professionnel pour la plupart des treks réputés, à l’exception notable de la région de l’Everest au Népal. Au Népal, vous gardez toutefois une grande liberté sur le rythme, les étapes et la durée, que vous fixez avec votre guide.
La vie sur le sentier diffère tout autant. Les grands treks népalais se font de lodge en lodge : on dort et on mange dans des maisons de thé (teahouses) installées dans les villages. Sur la route de l’Everest, le gouvernement népalais signale des hébergements jusqu’à Gorak Shep, à 5 100 m. Vous n’avez donc ni tente ni réchaud à porter : un bon sac de couchage, des vêtements chauds et l’argent liquide pour les repas suffisent. Le fonctionnement de ces hébergements est expliqué sur notre page lodges et teahouses en trek.
Sur le chemin de l’Inca, le SERNANP recense des aires de camping sur les itinéraires de plusieurs jours : on dort sous la tente, aux emplacements prévus. Si vous aimez l’ambiance des villages, les soirées autour du poêle avec d’autres randonneurs et la possibilité d’allonger une étape quand la vue est belle, le Népal vous conviendra mieux. Si vous préférez un parcours court ponctué de sites incas, le Pérou a une longueur d’avance.
Le Pérou n’est pas une destination hors de prix, mais le Népal reste nettement plus abordable. D’après les données 2025 de la Banque mondiale, en rapportant la parité de pouvoir d’achat au taux de change officiel, le niveau général des prix au Pérou est plus de deux fois plus élevé qu’au Népal. Sur le terrain, cela se traduit ainsi :
Ajoutez le billet d’avion international, dont le prix dépend de votre ville de départ et de la saison : comparez les deux destinations au départ de chez vous avant de trancher. Pour chiffrer un trek népalais précis, consultez notre comparatif du coût des treks au Népal.
Le gouvernement du Canada recommande de faire preuve d’une grande prudence dans les deux pays. Au Népal, il déconseille tout voyage non essentiel dans les districts de Rasuwa et de Nuwakot, touchés par des crues soudaines et des coulées de boue ; la France y appelle à une vigilance renforcée. Au Pérou, il déconseille tout voyage dans la vallée des rivières Apurímac, Ene et Mantaro (VRAEM), signale des agressions sur le chemin de l’Inca, où il conseille de randonner en groupe, et des accès perturbés à la montagne Arc-en-ciel (Vinicunca) en raison de conflits entre communautés.
Côté formalités, le Népal délivre un visa touristique à l’arrivée ou en ligne (30 USD pour 15 jours, 50 USD pour 30 jours, 125 USD pour 90 jours), avec un passeport valide six mois ; depuis septembre 2025, les étrangers doivent aussi s’enregistrer à l’arrivée sur le système NepaliPort. Le Pérou n’exige pas de visa des Canadiens pour un séjour de moins de 90 jours par période de 365 jours, ni des Français pour un séjour touristique de moins de trois mois, dans la limite de 90 jours sur une période de 183 jours. Le passeport doit y être valide au moins six mois : après la date de départ prévue selon le Canada, à compter de l’arrivée selon la France.
Si vous optez pour le Népal, commencez par notre page quel trek choisir au Népal, puis comparez les deux grands classiques : le trek du camp de base de l’Everest et le circuit des Annapurnas. Vous hésitez encore entre deux pays himalayens ? Lisez notre comparatif Népal ou Bhoutan. Et pour préparer l’ensemble de votre séjour, notre page pilier voyage au Népal réunit tous nos dossiers.
Les grands treks népalais montent plus haut : 5 364 m au camp de base de l’Everest et 5 416 m au Thorong La, contre 4 750 m au col de Punta Unión au Pérou. Mais on arrive à Cusco directement vers 3 350 m, ce qui impose aussi une acclimatation prudente.
Au Népal, de mi-septembre à mi-décembre et au printemps, hors mousson (mi-juin à début octobre). Au Pérou, le SERNANP recommande la période d’avril à octobre pour Machu Picchu et de mai à octobre pour le parc national Huascarán.
Au Népal, un guide licencié et la carte TIMS (2 000 NPR) sont obligatoires dans la plupart des parcs et aires de conservation depuis le 1er avril 2023, sauf dans la région de l’Everest. Au Pérou, le chemin de l’Inca n’est accessible que par une agence autorisée par le SERNANP.
Oui. Selon les données 2025 de la Banque mondiale, le niveau général des prix est plus de deux fois plus élevé au Pérou qu’au Népal. Le droit d’entrée du chemin de l’Inca (222 à 292 soles) dépasse à lui seul les permis d’un trek aux Annapurnas (5 000 NPR).
Oui, car leurs saisons sont opposées : les Andes péruviennes se marchent surtout de mai à octobre, pendant la mousson népalaise, et le Népal de mi-septembre à mi-décembre. Un trek au Pérou en juillet puis un autre au Népal en novembre est une combinaison logique.
Le Népal délivre un visa à l’arrivée ou en ligne, 50 USD pour 30 jours au 14 octobre 2026. Le Pérou n’exige pas de visa des Canadiens pour moins de 90 jours, ni des Français pour un séjour touristique de moins de trois mois.
Vous préparez un voyage au Népal ? Retrouvez toutes nos réponses dans le guide complet, ou partez avec un petit groupe francophone accompagné par Louis-Simon Roy, du 3 au 23 novembre 2027.
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