Népal ou Pérou : quel trek choisir pour votre prochain voyage ?

Par Louis-Simon Roy, qui a vécu au total 8 ans au Népal au cours des 15 dernières années · Informations vérifiées le

En bref

  • Saisons opposées : le Népal se marche surtout de mi-septembre à mi-décembre et au printemps ; les Andes péruviennes d’avril ou mai à octobre, pendant la mousson népalaise (mi-juin à début octobre).
  • Altitude : 5 364 m au camp de base de l’Everest et 5 416 m au col de Thorong La ; au Pérou, le col de Punta Unión (trek de Santa Cruz) atteint 4 750 m, mais l’avion vous dépose d’emblée à Cusco, vers 3 350 m.
  • Encadrement : au Népal, guide licencié et carte TIMS (2 000 NPR) obligatoires sur la plupart des itinéraires protégés ; au Pérou, le chemin de l’Inca ne s’emprunte qu’avec une agence autorisée.
  • Hébergement : lodges de village en village au Népal ; camping dans des aires désignées sur le chemin de l’Inca.
  • Budget : le niveau général des prix est plus de deux fois plus élevé au Pérou qu’au Népal (Banque mondiale, données 2025).

Népal ou Pérou : lequel choisir pour votre prochain trek ? Les deux pays comptent parmi les grandes destinations mondiales de la randonnée en montagne, mais ils n’offrent pas la même expérience. Le Népal, c’est la très haute altitude, de longues marches de village en village et des nuits en lodge. Le Pérou, ce sont des treks plus courts, en camping sur le chemin de l’Inca, où l’archéologie compte autant que les sommets. Bonne nouvelle : leurs saisons sont opposées, ce qui permet de faire l’un puis l’autre. Voici un comparatif concret, puis tout ce qu’il faut prévoir si vous choisissez le Népal. Informations vérifiées le 14 octobre 2026.

Népal ou Pérou : le comparatif en un tableau

Ce tableau résume les différences qui pèsent vraiment dans la décision. Les tarifs et les règles sont donnés au 14 octobre 2026.

CritèreNépalPérou
Altitude des treks phares5 364 m (camp de base de l’Everest), 5 416 m (Thorong La), 4 130 m (camp de base de l’Annapurna)4 750 m (col de Punta Unión, trek de Santa Cruz) ; chemin de l’Inca par le col de Warmiwañusca
Plus haut sommetEverest, 8 849 mHuascarán, 6 768 m
Durée type8 jours de marche de Lukla au camp de base de l’Everest (aller) ; treks courts possibles, comme Poon Hill4 jours et 3 nuits pour le chemin de l’Inca classique (33,7 km) ; 3 à 4 jours pour Santa Cruz
HébergementLodges (teahouses) dans les villagesCamping dans des aires prévues sur le chemin de l’Inca
EncadrementGuide licencié et carte TIMS obligatoires dans la plupart des aires protégées (sauf région de l’Everest)Chemin de l’Inca uniquement par une agence autorisée
Meilleure saisonMi-septembre à mi-décembre ; printempsAvril ou mai à octobre selon la région
Arrivée en altitudeMontée progressive, à piedCusco, vers 3 350 m, dès l’atterrissage
VisaVisa à l’arrivée ou en ligne : 30 USD (15 jours), 50 USD (30 jours), 125 USD (90 jours)Pas de visa pour un séjour touristique court (Canadiens et Français)
Niveau des prixBasPlus de deux fois celui du Népal

En résumé : le Népal l’emporte pour l’altitude, la durée et l’immersion dans les villages de montagne ; le Pérou pour la combinaison d’un trek court et d’un site archéologique majeur.

L’altitude : l’Himalaya joue dans une autre catégorie

Huit des plus hauts sommets du monde, tous au-dessus de 8 000 m, se trouvent sur le territoire népalais, rappelle l’office du tourisme du Népal (Nepal Tourism Board), à commencer par l’Everest (8 849 m). Les grands treks y montent donc très haut : 5 364 m au camp de base de l’Everest, 5 416 m au col de Thorong La sur le circuit des Annapurnas, 4 130 m au camp de base de l’Annapurna. Même le trek court de Poon Hill culmine à 3 210 m.

Au Pérou, le point culminant est le Huascarán (6 768 m), au cœur du parc national du même nom, dans la cordillère Blanche. Le trek classique de Santa Cruz, en trois à quatre jours, y franchit le col de Punta Unión à 4 750 m, selon le service péruvien des aires naturelles protégées (SERNANP). Le chemin de l’Inca, lui, franchit le col de Warmiwañusca sur la route de Machu Picchu.

Dans les deux pays, le mal aigu des montagnes est le premier risque. Le CDC américain le juge possible dès que l’on dort à 2 450 m ou plus sans acclimatation. Il recommande, au-dessus de 3 000 m, de ne pas monter son lieu de nuit de plus de 500 m par jour et de prévoir une nuit supplémentaire tous les 1 000 m gagnés. La différence se joue à l’arrivée :

  • Au Pérou, l’avion vous dépose à Cusco, porte d’entrée du chemin de l’Inca, vers 3 350 m selon le CDC, qui suggère de redescendre dormir plus bas une ou deux nuits.
  • Au Népal, l’essentiel de la montée se fait à pied, étape par étape : le gouvernement népalais compte 8 jours de marche, soit 65 km, entre Lukla et le camp de base de l’Everest.

Préparez cette progression avec notre guide de l’acclimatation en altitude, et parlez de votre projet à un professionnel de santé ou dans une clinique santé-voyage avant le départ.

Des saisons opposées : on peut faire les deux

C’est souvent l’argument décisif. Au Népal, la mousson s’installe en moyenne vers le 13 juin et se retire vers le 2 octobre, selon le service météorologique népalais ; en 2025, elle a duré du 29 mai au 10 octobre, un record. Le gouvernement népalais situe la meilleure période pour le camp de base de l’Everest de mi-septembre à mi-décembre ; pour Poon Hill, il ajoute la période de mi-février à mi-mai. Tous les détails mois par mois sont sur notre page climat et meilleure période pour le Népal.

Dans les Andes péruviennes, le calendrier est inversé :

  • pour le sanctuaire historique de Machu Picchu, le SERNANP recommande la période d’avril à octobre et situe la saison des pluies de novembre à mars ;
  • pour le parc national Huascarán, la meilleure période va de mai à octobre, saison sèche et froide, et les pluies d’octobre à avril ;
  • le gouvernement du Canada signale en outre un épisode El Niño 2026-2027 : il prévoit de fortes pluies et invite les voyageurs qui iront au Pérou entre septembre 2026 et avril 2027 à s’attendre à un risque élevé de perturbations.

En pratique, le Pérou se marche idéalement de juin à août, en pleine saison sèche andine, pendant que le Népal est sous la mousson, et le Népal reprend la main d’octobre à mi-décembre. Rien n’empêche donc de faire les deux, à quelques mois d’écart.

Permis, guide et agence : deux systèmes très encadrés

Au Népal, l’époque du trekkeur totalement autonome est révolue sur la plupart des grands itinéraires. Depuis le 1er avril 2023, les trekkeurs étrangers doivent être accompagnés d’un guide licencié et posséder une carte TIMS (2 000 NPR), obtenue par une agence enregistrée, dans les parcs nationaux et les aires de conservation. La région de l’Everest (municipalité rurale de Khumbu Pasang Lhamu) fait exception : le guide y est recommandé, pas obligatoire. S’ajoutent les droits d’entrée, au 14 octobre 2026 :

  • 3 000 NPR pour l’aire de conservation de l’Annapurna (ACAP), le double si vous l’achetez au poste de contrôle ;
  • 3 000 NPR pour le parc national de Sagarmatha et 3 000 NPR pour le permis local du Khumbu, sur la route de l’Everest.

Tout est détaillé sur nos pages permis de trek au Népal en 2026 et guide obligatoire au Népal.

Au Pérou, le chemin de l’Inca est encore plus contrôlé : selon le SERNANP, on n’entre sur le réseau de chemins incas du sanctuaire de Machu Picchu que par l’intermédiaire d’agences de voyage autorisées. Six itinéraires existent, de 10,5 km en une journée à 42,1 km en cinq jours. Le chemin classique part du kilomètre 82 et compte 33,7 km en quatre jours et trois nuits, en passant par les sites incas de Runkurakay, Sayaqmarka, Phuyupatamarka et Wiñaywayna. Le droit d’entrée publié par le SERNANP va de 222 à 292 soles par adulte selon l’itinéraire, soit de 62 à 82 USD au taux de change moyen de 2025 publié par la Banque mondiale (3,57 soles pour 1 USD). Dans la cordillère Blanche, la page officielle du parc national Huascarán précise que les opérateurs touristiques doivent être autorisés par le SERNANP ; le tarif général d’entrée y est de 30 soles pour une journée et de 150 soles pour un séjour de 4 à 30 jours.

Conséquence pour votre organisation : dans les deux pays, prévoyez de passer par un professionnel pour la plupart des treks réputés, à l’exception notable de la région de l’Everest au Népal. Au Népal, vous gardez toutefois une grande liberté sur le rythme, les étapes et la durée, que vous fixez avec votre guide.

Lodges ou camping : la vie quotidienne en trek

La vie sur le sentier diffère tout autant. Les grands treks népalais se font de lodge en lodge : on dort et on mange dans des maisons de thé (teahouses) installées dans les villages. Sur la route de l’Everest, le gouvernement népalais signale des hébergements jusqu’à Gorak Shep, à 5 100 m. Vous n’avez donc ni tente ni réchaud à porter : un bon sac de couchage, des vêtements chauds et l’argent liquide pour les repas suffisent. Le fonctionnement de ces hébergements est expliqué sur notre page lodges et teahouses en trek.

Sur le chemin de l’Inca, le SERNANP recense des aires de camping sur les itinéraires de plusieurs jours : on dort sous la tente, aux emplacements prévus. Si vous aimez l’ambiance des villages, les soirées autour du poêle avec d’autres randonneurs et la possibilité d’allonger une étape quand la vue est belle, le Népal vous conviendra mieux. Si vous préférez un parcours court ponctué de sites incas, le Pérou a une longueur d’avance.

Budget : le Népal reste nettement moins cher

Le Pérou n’est pas une destination hors de prix, mais le Népal reste nettement plus abordable. D’après les données 2025 de la Banque mondiale, en rapportant la parité de pouvoir d’achat au taux de change officiel, le niveau général des prix au Pérou est plus de deux fois plus élevé qu’au Népal. Sur le terrain, cela se traduit ainsi :

  • Au Népal, un trek aux Annapurnas demande 5 000 NPR de permis (ACAP et carte TIMS), soit environ 33 USD au cours du 13 octobre 2026 (1 USD ≈ 153 NPR) ; le guide coûte 25 à 30 USD par jour sur le marché, pour un salaire minimum fixé par la TAAN à 3 100 NPR par jour, et un porteur 20 à 25 USD par jour.
  • Au Pérou, le seul droit d’entrée du chemin de l’Inca représente 62 à 82 USD, avant le prix de l’agence obligatoire.

Ajoutez le billet d’avion international, dont le prix dépend de votre ville de départ et de la saison : comparez les deux destinations au départ de chez vous avant de trancher. Pour chiffrer un trek népalais précis, consultez notre comparatif du coût des treks au Népal.

Sécurité et formalités dans les deux pays

Le gouvernement du Canada recommande de faire preuve d’une grande prudence dans les deux pays. Au Népal, il déconseille tout voyage non essentiel dans les districts de Rasuwa et de Nuwakot, touchés par des crues soudaines et des coulées de boue ; la France y appelle à une vigilance renforcée. Au Pérou, il déconseille tout voyage dans la vallée des rivières Apurímac, Ene et Mantaro (VRAEM), signale des agressions sur le chemin de l’Inca, où il conseille de randonner en groupe, et des accès perturbés à la montagne Arc-en-ciel (Vinicunca) en raison de conflits entre communautés.

Côté formalités, le Népal délivre un visa touristique à l’arrivée ou en ligne (30 USD pour 15 jours, 50 USD pour 30 jours, 125 USD pour 90 jours), avec un passeport valide six mois ; depuis septembre 2025, les étrangers doivent aussi s’enregistrer à l’arrivée sur le système NepaliPort. Le Pérou n’exige pas de visa des Canadiens pour un séjour de moins de 90 jours par période de 365 jours, ni des Français pour un séjour touristique de moins de trois mois, dans la limite de 90 jours sur une période de 183 jours. Le passeport doit y être valide au moins six mois : après la date de départ prévue selon le Canada, à compter de l’arrivée selon la France.

Népal ou Pérou : quel pays choisir selon votre profil ?

  • Choisissez le Népal si vous rêvez de très haute montagne, si vous pouvez consacrer une à deux semaines à la marche, si vous préférez dormir en lodge plutôt que sous la tente et si vous partez en automne ou au printemps.
  • Choisissez le Pérou si votre fenêtre de voyage tombe entre mai et septembre, si vous voulez combiner un trek de quatre jours avec Machu Picchu et si l’archéologie vous attire autant que les sommets.
  • Faites les deux : les saisons s’enchaînent, le Pérou de juin à août, le Népal d’octobre à mi-décembre.

Si vous optez pour le Népal, commencez par notre page quel trek choisir au Népal, puis comparez les deux grands classiques : le trek du camp de base de l’Everest et le circuit des Annapurnas. Vous hésitez encore entre deux pays himalayens ? Lisez notre comparatif Népal ou Bhoutan. Et pour préparer l’ensemble de votre séjour, notre page pilier voyage au Népal réunit tous nos dossiers.

Questions fréquentes

Népal ou Pérou : quel pays est le plus difficile pour un trek ?

Les grands treks népalais montent plus haut : 5 364 m au camp de base de l’Everest et 5 416 m au Thorong La, contre 4 750 m au col de Punta Unión au Pérou. Mais on arrive à Cusco directement vers 3 350 m, ce qui impose aussi une acclimatation prudente.

Quelle est la meilleure saison pour un trek au Népal et au Pérou ?

Au Népal, de mi-septembre à mi-décembre et au printemps, hors mousson (mi-juin à début octobre). Au Pérou, le SERNANP recommande la période d’avril à octobre pour Machu Picchu et de mai à octobre pour le parc national Huascarán.

Faut-il un guide pour randonner au Népal et au Pérou ?

Au Népal, un guide licencié et la carte TIMS (2 000 NPR) sont obligatoires dans la plupart des parcs et aires de conservation depuis le 1er avril 2023, sauf dans la région de l’Everest. Au Pérou, le chemin de l’Inca n’est accessible que par une agence autorisée par le SERNANP.

Le Népal est-il moins cher que le Pérou ?

Oui. Selon les données 2025 de la Banque mondiale, le niveau général des prix est plus de deux fois plus élevé au Pérou qu’au Népal. Le droit d’entrée du chemin de l’Inca (222 à 292 soles) dépasse à lui seul les permis d’un trek aux Annapurnas (5 000 NPR).

Peut-on faire un trek au Népal et au Pérou la même année ?

Oui, car leurs saisons sont opposées : les Andes péruviennes se marchent surtout de mai à octobre, pendant la mousson népalaise, et le Népal de mi-septembre à mi-décembre. Un trek au Pérou en juillet puis un autre au Népal en novembre est une combinaison logique.

Faut-il un visa pour le Népal et pour le Pérou ?

Le Népal délivre un visa à l’arrivée ou en ligne, 50 USD pour 30 jours au 14 octobre 2026. Le Pérou n’exige pas de visa des Canadiens pour moins de 90 jours, ni des Français pour un séjour touristique de moins de trois mois.

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Sources consultées