Par Louis-Simon Roy, qui a vécu au total 8 ans au Népal au cours des 15 dernières années · Informations vérifiées le
En bref
Le parc national de Shivapuri, officiellement parc national de Shivapuri-Nagarjun, est la réponse la plus simple à une envie fréquente des voyageurs : quitter le bruit de Katmandou pour une vraie journée de marche en forêt, sans prendre l’avion ni passer une nuit dehors. Depuis le nord de la ville, on monte à pied jusqu’à une nonnerie bouddhiste perchée dans les chênes, puis jusqu’au sommet de Shivapuri, à 2 732 m, d’où la vue file vers l’Himalaya par temps clair. Voici les randonnées possibles, le droit d’entrée, les règles de sécurité et nos conseils pratiques. Informations vérifiées le 14 octobre 2026.
Le parc s’étend sur la bordure nord de la vallée de Katmandou. Le Département des parcs nationaux et de la conservation de la faune (DNPWC) lui attribue 159 km² et une création comme parc national en 2002. La zone était auparavant une réserve protégée pour ses bassins versants : ces forêts alimentent en eau une partie de la vallée. La forêt de Nagarjun, à l’ouest de Katmandou, y a été rattachée en 2009, d’où le nom actuel de Shivapuri-Nagarjun.
Le parc touche plusieurs districts : Katmandou au sud, mais aussi Nuwakot et Sindhupalchok au nord, avec un prolongement vers Dhading. Ce détail compte pour votre sécurité, comme nous le verrons plus bas. Son point culminant est le sommet de Shivapuri, à 2 732 m.
C’est un parc très fréquenté par les habitants de la vallée, surtout le week-end : en 2017, le Kathmandu Post le présentait comme le parc national le plus visité du pays, avec plus de 200 000 visiteurs sur l’année fiscale 2016-2017. On y croise des familles en pique-nique, des pèlerins et des randonneurs, mais en semaine les sentiers redeviennent calmes.
Plusieurs portes donnent accès au parc. Les trois sorties les plus courantes au départ de Katmandou sont résumées ci-dessous ; les durées sont des ordres de grandeur tirés de récits de randonneurs et de descriptions d’itinéraires, qui varient fortement selon le rythme.
| Randonnée | Départ | Points forts | Durée indicative |
|---|---|---|---|
| Nagi Gompa | Budhanilkantha (porte nord de la ville) | Nonnerie bouddhiste, forêt, vue sur la vallée | Demi-journée aller-retour |
| Sommet de Shivapuri (2 732 m) | Budhanilkantha, par Nagi Gompa et Baghdwar | Point culminant du parc, panorama himalayen par temps clair | 5 à 8 heures selon les sources |
| Colline de Nagarjun (Jamacho) | Porte de Phulbari, près de Balaju | Petit monastère et stupa au sommet, vue sur la vallée | 2 à 3 heures de montée |
Le départ le plus classique se fait à Budhanilkantha, célèbre pour sa statue de Vishnou couché. On marche jusqu’à la porte du parc, où l’on paie l’entrée, puis le sentier grimpe dans la forêt jusqu’à Nagi Gompa. Cette nonnerie, accrochée au versant sud de Shivapuri, fut longtemps le siège du maître tibétain Tulku Urgyen Rinpoché ; une communauté de nonnes y étudie et y médite toujours. Visitez-la en silence, en tenue couvrante, et demandez avant de photographier.
Au-delà de la nonnerie, le sentier devient nettement plus raide à travers chênes, rhododendrons et bambous. Les descriptions d’itinéraires évoquent environ trois heures de montée supplémentaires jusqu’au sommet. Beaucoup de randonneurs passent par Baghdwar, lieu sacré présenté comme l’une des sources de la Bagmati, la rivière qui longe le temple de Pashupatinath. Un randonneur a mesuré pour cette boucle plus de 16 km et environ 1 585 m de dénivelé positif : c’est une vraie journée de montagne, pas une promenade.
À l’ouest de Katmandou, la partie Nagarjun du parc se parcourt depuis la porte de Phulbari, près de Balaju. Le sentier monte en forêt jusqu’au sommet de Jamacho, couronné d’un petit monastère et d’un stupa. Son altitude varie selon les sources, entre 2 095 et 2 128 m. C’est une bonne alternative si vous logez à l’ouest de la ville ou si vous voulez une sortie plus courte.
À l’est, Sundarijal est le point de départ habituel du trek d’Helambu et de Gosainkunda, qui traverse le parc vers Chisapani. Si ce trek de plusieurs jours vous tente, lisez notre page trek de Gosainkunda et d’Helambu : les règles de permis et de guide n’y sont pas les mêmes que pour une simple sortie d’un jour.
Un droit d’entrée se paie à la porte du parc (Budhanilkantha, Phulbari, Sundarijal…). Nous n’avons pas trouvé de barème officiel récent en ligne du DNPWC pour ce parc, et les sources secondaires divergent : la plupart des guides récents indiquent 500 NPR plus TVA, soit 565 NPR, pour un adulte étranger, tandis qu’un guide mis à jour en janvier 2026 donne 1 000 NPR. Prévoyez donc entre 565 et 1 000 NPR en liquide, et fiez-vous au tarif affiché au poste. À la porte, on vous demandera aussi votre nom et parfois votre adresse ou votre numéro de téléphone.
La question du guide est moins claire qu’on ne le croit. Depuis le 1er avril 2023, un guide licencié et une carte TIMS obtenue par une agence sont obligatoires pour les trekkeurs étrangers dans les parcs nationaux et aires de conservation. Cette règle vise d’abord les treks, et son application aux simples randonnées à la journée dans le parc de Shivapuri n’est pas documentée de façon officielle. Plusieurs récits indiquent que des postes exigent un guide pour les étrangers, notamment côté Nagarjun. Renseignez-vous la veille auprès de votre hébergement, et lisez notre page sur le guide obligatoire au Népal. Pour les trekkeurs, la carte TIMS coûte 2 000 NPR.
Le parc protège aussi des espèces sauvages : l’encyclopédie Wikipédia rapporte des relevés de léopard, d’ours noir de l’Himalaya et de plus de 300 espèces d’oiseaux. Les règles habituelles s’appliquent : pas de feu, pas de cueillette, pas de déchets laissés derrière soi. Les amateurs d’oiseaux trouveront d’autres sites sur notre page observation des oiseaux au Népal.
La proximité de la ville donne une fausse impression de sécurité. Le parc est vaste, boisé, et certains sentiers sont peu fréquentés en semaine. Des incidents y ont été rapportés : la presse népalaise a relaté le vol de pique-niqueuses dans la forêt de Shivapuri, ainsi qu’une agression d’une randonneuse étrangère sur le sentier de Sundarijal. Le gouvernement du Canada rappelle que des vols à main armée visent à l’occasion les randonneurs seuls, et recommande de ne jamais randonner seul. Nos règles :
Un point d’actualité : le gouvernement du Canada déconseille tout voyage non essentiel dans les districts de Rasuwa et de Nuwakot, après la crue soudaine et la coulée de boue majeure de la Bhote Koshi du 26 août 2026. Le versant nord du parc se trouve en partie dans le district de Nuwakot. Pour une sortie à la journée, restez donc sur le versant de Katmandou (Budhanilkantha, Nagi Gompa, sommet, Nagarjun) et ne basculez pas vers le nord sans vous être renseigné. Le tableau complet est sur notre page sécurité au Népal en 2026, et les numéros utiles sur notre page numéros d’urgence au Népal.
La saison idéale va d’octobre à mai. Après le retrait de la mousson, que le service météorologique népalais situe normalement vers le 2 octobre, l’automne offre le ciel le plus limpide et les meilleures chances de voir les sommets depuis le haut du parc. L’hiver est sec et ensoleillé, mais les matins sont froids et la brume ou la pollution de la vallée voilent souvent l’horizon. Au printemps, les rhododendrons fleurissent, mais la brume de chaleur limite les vues lointaines.
Pendant la mousson, de mi-juin à début octobre, les sentiers deviennent glissants, les sangsues apparaissent et les nuages bouchent la vue. La randonnée reste possible, mais l’intérêt panoramique disparaît. Évitez aussi les jours de pluie forte, où les ravines peuvent devenir dangereuses.
Shivapuri se combine bien avec une demi-journée à Budhanilkantha, ou sert de « test » avant un trek : si la montée vous paraît rude, prévoyez un entraînement avant de partir en altitude. Pour d’autres collines autour de la capitale, voyez Nagarkot et Kakani, et pour organiser votre séjour, notre programme Katmandou en 3 jours.
Le parc national de Shivapuri ne remplace pas un trek dans les Annapurnas ou au Khumbu, mais il offre, aux portes de la ville, une forêt himalayenne, un lieu de pratique bouddhiste vivant et un sommet à plus de 2 700 m. Pour un voyageur qui dispose d’une journée libre à Katmandou, c’est souvent la meilleure façon de comprendre que la capitale est entourée de montagnes. Retrouvez tous nos dossiers pour préparer votre itinéraire sur notre page voyage au Népal.
Le droit d’entrée se paie à la porte. Au 14 octobre 2026, les sources récentes donnent de 565 NPR (500 NPR plus TVA) à 1 000 NPR pour un adulte étranger ; fiez-vous au tarif affiché au poste et prévoyez du liquide.
Depuis Budhanilkantha, par Nagi Gompa et Baghdwar, comptez une longue journée de 5 à 8 heures de marche aller-retour selon votre rythme. Le sommet culmine à 2 732 m.
L’obligation de guide de 2023 vise les treks dans les parcs nationaux ; pour une sortie à la journée, la pratique varie selon les postes, et certains exigent un guide pour les étrangers. Renseignez-vous la veille et, de toute façon, ne marchez jamais seul.
Des vols ont été signalés sur certains sentiers, et le Canada rappelle que les randonneurs seuls sont parfois visés. Partez à plusieurs ou avec un guide, prévenez votre hébergement et redescendez avant la nuit.
Oui, la nonnerie se trouve sur le sentier du sommet, à l’intérieur du parc. Visitez-la en silence, en tenue couvrante, sans déranger les nonnes et en demandant avant toute photo.
D’octobre à mai, par temps sec. L’automne offre les vues les plus dégagées sur l’Himalaya ; pendant la mousson, de mi-juin à début octobre, les sentiers sont glissants et la vue souvent bouchée.
Vous préparez un voyage au Népal ? Retrouvez toutes nos réponses dans le guide complet, ou partez avec un petit groupe francophone accompagné par Louis-Simon Roy, du 3 au 23 novembre 2027.
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