Par Louis-Simon Roy, qui a vécu au total 8 ans au Népal au cours des 15 dernières années · Informations vérifiées le
En bref
Corps couverts de cendre, longues dreadlocks, visage peint de jaune et de rouge : les sadhus sont parmi les figures les plus saisissantes d’un voyage au Népal, et parmi les plus photographiées. Derrière l’image se cache une tradition religieuse ancienne, faite de renoncement et de discipline spirituelle, mais aussi une réalité plus terre à terre autour des sites touristiques. Voici qui sont les sadhus, où les rencontrer, quand venir pour Maha Shivaratri et comment se comporter, en particulier avec un appareil photo. Informations vérifiées le 14 octobre 2026.
Selon l’Encyclopædia Britannica, un sadhu est un ascète ou un saint homme religieux de l’hindouisme. Les sadhus font généralement vœu de pauvreté et de chasteté et dépendent de la charité des laïcs pour se nourrir. Certains vivent dans des monastères (mathas) rattachés à un ordre précis, d’autres errent seuls ou en petits groupes, d’autres encore s’isolent dans des huttes ou des grottes. Le mot vient du sanskrit et renvoie à la discipline spirituelle (sadhana) qu’ils pratiquent.
Il existe de nombreux ordres, que l’on reconnaît en partie à leur apparence :
| Courant | Dieu principal | Ce qui les distingue |
|---|---|---|
| Shivaïtes | Shiva | Le terme préféré pour les désigner est sannyasi ; ce sont les plus nombreux à Pashupatinath |
| Vishnouites | Vishnou et ses incarnations | On les appelle plutôt vairagi |
| Naga | Shiva | Sous-groupe shivaïte, souvent nus et couverts de cendre, organisés en ordres monastiques (akharas) qui furent autrefois armés |
Au Népal, pays où Shiva est particulièrement vénéré sous la forme de Pashupati, « seigneur des êtres vivants », la majorité des sadhus que vous croiserez sont shivaïtes. Beaucoup viennent d’Inde. Pour situer ces dieux, lisez notre page dieux hindous du Népal et notre présentation de l’hindouisme.
Le lieu par excellence est Pashupatinath, sur les rives de la Bagmati, à l’est de Katmandou. Le temple et son ensemble forment l’une des sept zones du site UNESCO de la vallée de Katmandou, inscrit en 1979. Des sadhus y vivent toute l’année ou y séjournent, notamment dans les abris et petits temples qui bordent la rive est, face aux ghats de crémation.
Quelques points pratiques :
Vous croiserez aussi des sadhus, plus ponctuellement, autour de la place Durbar de Katmandou, dans les temples de Bhaktapur et de Patan, ou sur les lieux de pèlerinage comme Muktinath. Tous les détails de visite sont sur notre page temple de Pashupatinath.
La fête de Maha Shivaratri, la « grande nuit de Shiva », est le moment où les sadhus affluent à Pashupatinath par milliers. Dates selon le calendrier officiel :
| Année | Date | Date népalaise |
|---|---|---|
| 2026 | 15 février 2026 (passée) | Falgun 2082 |
| 2027 | Samedi 6 mars 2027 | Falgun 22, 2083 |
Pour l’édition 2026, le Pashupati Area Development Trust prévoyait au moins 800 000 fidèles et environ 4 000 sadhus venus du Népal, d’Inde et d’autres pays. Le Trust leur fournit un hébergement temporaire, de la nourriture et des zones réservées, et organise des files d’attente séparées pour canaliser la foule. Le jour même, selon All India Radio, les fidèles faisaient la queue dès 3 heures du matin, et chacune des files des portes nord, sud et ouest s’étirait sur 3 à 4 km. C’est un spectacle extraordinaire, mais aussi une immense bousculade : arrivez très tôt, gardez vos objets de valeur sur vous et fixez un point de rendez-vous si vous êtes en groupe.
Shivaratri est un jour férié au Népal. Programme détaillé, foule et conseils : voyez notre page Maha Shivaratri à Pashupatinath.
Shiva est souvent associé au cannabis, et certains sadhus en fument dans un cadre rituel. Mais le cannabis est interdit au Népal depuis 1976. Pendant Shivaratri, la police tolère un usage limité, selon l’AP ; cette tolérance n’a rien d’une autorisation : en 2019, selon le Kathmandu Post, la police avait interpellé 30 personnes, dont des sadhus, pour petit trafic dans la semaine précédant la fête. Le Trust avait déclaré la zone de Pashupati « sans marijuana » en janvier 2018, avec une application inégale selon le même journal, qui rappelle aussi que le Trust distribuait autrefois du cannabis aux sadhus venus pour la fête et qu’il a cessé en 1995, après que certains se sont mis à en revendre aux visiteurs. Lors de l’édition du 15 février 2026, l’AP décrivait encore des saints hommes couverts de cendre et de jeunes fidèles fumant ouvertement sur les collines qui font face au temple, et notait que les projets de dépénalisation restaient bloqués.
Ce contexte explique pourquoi, autour de Shivaratri, des inconnus peuvent vous proposer de « partager » avec un sadhu ou vous vendre du cannabis. C’est illégal pour vous, et c’est aussi une porte ouverte aux ennuis : arnaque, contrôle de police ou malaise dans une foule compacte.
La règle pour le voyageur est simple : n’en achetez pas, n’en acceptez pas, même si un sadhu vous en propose. Les conseils aux voyageurs du Canada rappellent que les peines pour possession, usage ou trafic de drogues sont sévères au Népal et peuvent aller jusqu’à l’emprisonnement à perpétuité.
C’est la question qui crée le plus de malentendus. Autour de Pashupatinath et de la place Durbar, une partie des sadhus a fait de la pose photo une source de revenus : ils se placent sur le passage des touristes et demandent de l’argent après le cliché. Le site d’information Onlinekhabar décrivait dès 2018 de jeunes « babas » qui posent pour les photographes en réclamant de l’argent, ou vendent des cigarettes de cannabis présentées comme une offrande sacrée (prasad). Poser contre une offrande n’a rien de scandaleux, puisque les sadhus vivent de la charité, mais il vaut mieux être clair dès le départ :
Certains sadhus proposent aussi une bénédiction et une tika rouge sur le front contre une offrande. Rien ne vous oblige à accepter ; si vous acceptez, une petite somme suffit (voir notre page rituels, puja et tika). Pour l’ensemble des règles, consultez notre page photographier au Népal.
Pour voir des sadhus dans leur contexte, venez à Pashupatinath tôt le matin ou en fin d’après-midi, installez-vous sur la rive est et observez avant de sortir l’appareil. Si votre voyage tombe début mars 2027, réservez la journée du 6 mars pour Maha Shivaratri, en connaissance de cause : foule immense, transports saturés, mais une ferveur que l’on n’oublie pas. Pour approfondir la dimension spirituelle de votre séjour, lisez notre page voyage spirituel au Népal et retrouvez tous nos dossiers sur la page pilier voyage au Népal.
Un sadhu est un ascète hindou qui a renoncé à la vie familiale et matérielle. Il fait généralement vœu de pauvreté et de chasteté et vit de la charité des fidèles.
Surtout à Pashupatinath, le grand temple de Shiva au bord de la Bagmati, où des sadhus vivent ou séjournent toute l’année, et ponctuellement autour de la place Durbar.
Le samedi 6 mars 2027 (Falgun 22, 2083) selon le calendrier officiel des jours fériés. En 2026, la fête a eu lieu le 15 février et le Trust attendait environ 4 000 sadhus.
Beaucoup de sadhus des sites touristiques demandent une offrande pour poser. Demandez avant de photographier, convenez de la somme avant le cliché et donnez une petite coupure.
Non pour les visiteurs. Le cannabis est illégal au Népal depuis 1976 ; la police tolère un usage limité pendant la fête, mais des personnes, dont des sadhus, ont déjà été interpellées pour trafic.
Ils peuvent visiter les espaces publics et la rive est de la Bagmati avec un billet d’entrée, mais le sanctuaire principal est réservé aux hindous.
Vous préparez un voyage au Népal ? Retrouvez toutes nos réponses dans le guide complet, ou partez avec un petit groupe francophone accompagné par Louis-Simon Roy, du 3 au 23 novembre 2027.
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