Le dauphin du Gange au Népal : où l’observer, quand et comment

Par Louis-Simon Roy, qui a vécu au total 8 ans au Népal au cours des 15 dernières années · Informations vérifiées le

En bref

  • Le dauphin du Gange, classé « en danger » par l’UICN, survit au Népal dans quelques rivières du Teraï : surtout la Mohana et la Pathariya, affluents de la Karnali dans le district de Kailali, et la Koshi à l’Est.
  • Derniers comptages publiés : 54 dauphins dans la Mohana, mais 3 seulement dans la Karnali et 1 dans la Geruwa, au bord du parc de Bardia (Kathmandu Post, décembre 2025) ; 22 dans la Koshi, à Koshi Tappu (Kantipur, juin 2025).
  • Où tenter sa chance : la Koshi, dans la réserve de Koshi Tappu (1 000 NPR par jour pour un étranger), et la Mohana, à Kailali ; dans la Karnali, au bord du parc national de Bardia (1 500 NPR), les observations sont devenues rares.
  • Meilleure période dans les grandes rivières : la saison sèche, de fin octobre à avril ; pendant la mousson, de juillet à septembre, beaucoup de dauphins remontent dans les petits affluents.
  • L’animal, presque aveugle, ne montre qu’un bout de dos ou de bec en venant respirer : patience, jumelles et distance respectueuse sont de rigueur.

Voir un dauphin du Gange au Népal est l’une des rencontres les plus rares qu’offre le pays : à des centaines de kilomètres de la mer, ce dauphin d’eau douce survit dans quelques rivières du Teraï, surtout la Mohana, affluent de la Karnali à l’extrême ouest, et la Koshi, à l’est. Les observations ne sont jamais garanties : la réserve de Koshi Tappu, où 22 dauphins ont été comptés en 2025, et la Mohana, où une étude en a recensé 54, sont aujourd’hui les secteurs les plus prometteurs, alors que la Karnali, au bord du parc national de Bardia, n’en abritait plus que trois fin 2025. Voici où aller, quand, comment l’observer sans le déranger, et ce que dit son statut. Informations vérifiées le 14 octobre 2026.

Pour organiser l’ensemble de votre séjour, commencez par notre page pilier voyage au Népal.

Le dauphin du Gange en bref

Le dauphin du Gange (Platanista gangetica) vit dans les grands systèmes fluviaux du Gange, du Brahmapoutre et de la Meghna, entre l’Inde, le Bangladesh et le Népal. Il a un long bec étroit garni de dents et de tout petits yeux : vivant dans des eaux très troubles, il voit très mal et se repère grâce à l’écholocalisation, en émettant des clics. Il nage le plus souvent seul ou par deux, saute rarement hors de l’eau et se montre farouche à l’approche des bateaux. Ce que vous verrez, la plupart du temps, c’est un bout de dos ou la pointe du bec, le temps d’une respiration.

Au Népal, une synthèse scientifique publiée en 2014 dans la revue Ambio par Ravindra K. Sinha et Kurunthachalam Kannan recense des signalements dans quatre bassins : la Mahakali, la Karnali, la Narayani et la Koshi. Aucun dauphin n’a toutefois été observé dans la section népalaise de la Mahakali lors des relevés cités par les auteurs, et sur la Narayani, l’espèce était autrefois signalée jusqu’à Devghat, vers 250 m d’altitude. Les populations suivies aujourd’hui sont celles de la Mohana et de la Pathariya, affluents de la Karnali dans le district de Kailali, et de la Koshi ; dans la Karnali elle-même, l’espèce est devenue très rare.

Un statut d’espèce en danger

Le dauphin du Gange est classé « en danger » sur la liste rouge de l’UICN. La Convention sur la conservation des espèces migratrices (CMS) l’a inscrit à son annexe II en 1991, puis à son annexe I en 2002. Au Népal, il figure parmi les espèces protégées par la loi de 1973 sur les parcs nationaux et la conservation de la faune, selon Wikipédia.

Les effectifs népalais sont faibles. La synthèse de 2014 avançait plus de 50 dauphins pour la Karnali, ses affluents et la Koshi, en précisant que ce chiffre ne reposait pas sur une méthode scientifique. Les comptages récents sont plus précis : selon le Kathmandu Post (décembre 2025), une étude a recensé 54 dauphins dans la Mohana, dans le district de Kailali, alors que le parc national de Bardia n’en a trouvé que 3 dans le sud de la Karnali et 1 dans la Geruwa, un bras de la Karnali, contre 5 dans la Karnali lors d’un recensement gouvernemental de 2016. Le parc attribue ce déclin à la baisse du niveau de l’eau dans le bras oriental de la rivière. Dans la Koshi, la réserve de Koshi Tappu a compté 22 dauphins fin mai 2025, dont 2 petits, contre 19 l’année précédente, selon Kantipur. Nous n’avons pas trouvé de total national récent. Le système de la Karnali est par ailleurs coupé de l’aval par le barrage de Girijapuri, situé à environ 16 km en aval de la frontière, selon un rapport du WWF cité par Wikipédia. Les menaces recensées pour l’espèce sont connues : barrages, fragmentation des rivières, prélèvements d’eau, sédimentation, pollution et mortalité liée à la pêche.

Où observer le dauphin du Gange au Népal ?

SecteurRivièreAccèsÀ savoir
Réserve de Koshi Tappu (Est)Sapta Koshi40 km et environ 1 h 30 de route depuis Biratnagar, à 50 minutes de vol de Katmandou22 dauphins comptés fin mai 2025, selon Kantipur ; droit d’entrée : 1 000 NPR par jour pour un étranger
District de Kailali (Ouest)Mohana et Pathariya, affluents de la Karnali—54 dauphins recensés dans la Mohana (comptage publié fin 2025), le chiffre le plus élevé publié au Népal ; aucune offre touristique documentée trouvée
Parc national de Bardia (Ouest)KarnaliEnviron une heure de vol depuis Katmandou, puis environ deux heures de route depuis NepalgunjToujours signalé par l’Office du tourisme, mais 3 dauphins seulement dans la Karnali et 1 dans la Geruwa au dernier comptage du parc (décembre 2025) ; droit d’entrée : 1 500 NPR pour un étranger
Chitwan (Centre)Narayani—Présence historique jusqu’à Devghat ; observations seulement occasionnelles aujourd’hui, selon le Kathmandu Post

La Karnali, le parc national de Bardia et la Mohana

Le parc national de Bardia est bordé à l’ouest par la Karnali, que l’Office du tourisme du Népal présente comme le plus long fleuve du pays, et l’office y signale toujours le dauphin du Gange, « parfois vu le long de la surface », au même titre que les gavials qui se chauffent sur les berges. Les comptages récents invitent pourtant à la prudence : en décembre 2025, le parc n’a trouvé que 3 dauphins dans le sud de la Karnali et 1 dans la Geruwa, alors qu’ils étaient courants dans le parc jusque dans les années 1980, notamment à Manaughat, Golaghat et Kothiyaghat, selon le Kathmandu Post. Venez donc à Bardia d’abord pour le tigre et la forêt ; le parc propose des safaris en jeep, des marches avec un naturaliste et des descentes en rafting. Plus à l’ouest, dans le district de Kailali, la Mohana, un affluent de la Karnali, abrite la population la plus importante recensée au Népal, avec 54 dauphins lors d’un comptage publié fin 2025 ; nous n’y avons trouvé aucune offre touristique documentée, renseignez-vous auprès d’un guide naturaliste de la région. Les scientifiques ont montré que, sur la Karnali, les dauphins fréquentent toujours les mêmes secteurs : des fosses profondes, au courant faible et riches en poissons, avec des contre-courants. Demandez à votre guide où se trouvent ces fosses, souvent en aval des confluences et dans les méandres marqués. Tous les détails pratiques sont sur notre page consacrée au parc national de Bardia.

La Koshi et la réserve de Koshi Tappu

À l’autre bout du pays, la réserve de Koshi Tappu protège une plaine inondable de la Sapta Koshi, célèbre pour ses oiseaux : l’Office du tourisme y recense 441 espèces, dont des migrateurs venus de Sibérie en hiver, et l’une des dernières populations de buffles sauvages. La réserve a compté 22 dauphins du Gange dans la Koshi lors de son comptage de fin mai 2025, dont 2 petits, contre 19 l’année précédente, selon Kantipur : c’est aujourd’hui le site protégé et ouvert aux visiteurs où les comptages récents sont les plus encourageants. Ouvrez l’œil lors des sorties au bord de l’eau. Voyez notre page sur la réserve de Koshi Tappu et, pour l’accès, celle sur Biratnagar.

Quand partir pour voir des dauphins ?

La saison sèche est de loin la plus favorable. Pendant la mousson, de juillet à septembre, les dauphins quittent les chenaux principaux pour remonter dans les petits affluents, et les eaux hautes et boueuses rendent toute observation aléatoire ; c’est d’ailleurs à cette période qu’un centre de conservation fondé par un militant local à Kailali invitait les villageois à signaler les dauphins entrés dans les petits affluents de la Karnali, selon la synthèse de 2014. Quand le niveau baisse, on les retrouve plutôt dans les fosses profondes, leur habitat de prédilection. Le calendrier touristique va dans le même sens :

  • Bardia : l’Office du tourisme conseille l’automne, l’hiver et le début de l’été, quand le temps est chaud et sec sans être trop chaud.
  • Koshi Tappu : la meilleure période va d’octobre à mars, saison fraîche et saison des oiseaux migrateurs ; d’avril à juin, la chaleur devient forte, et de juillet à septembre, c’est la saison des pluies.

La mousson s’installe normalement vers le 13 juin et se retire vers le 2 octobre, selon le service météorologique népalais : visez donc la période de fin octobre à avril. Pour situer ces cours d’eau, voyez notre page sur les rivières du Népal, qui présente les grands bassins de la Koshi, de la Gandaki et de la Karnali.

Comment observer le dauphin du Gange sans le déranger

L’animal est farouche et menacé : votre comportement compte. Quelques règles simples :

  1. Restez à distance : ne demandez jamais au batelier de poursuivre ou d’encercler un dauphin, et faites couper le moteur quand un animal est repéré.
  2. Observez depuis la berge quand c’est possible : un point haut au-dessus d’une fosse profonde et une paire de jumelles valent mieux qu’une approche en bateau.
  3. Soyez patient : un dauphin ne reste en surface que le temps de respirer ; scrutez la même zone plusieurs minutes.
  4. Ne jetez rien à l’eau, ni nourriture ni déchet.
  5. Laissez le drone dans son étui : il dérange la faune ; avant d’en emporter un au Népal, lisez notre page sur la réglementation des drones.
  6. Choisissez une embarcation sûre : le gouvernement du Canada rappelle que les accidents de bateau sont courants au Népal, notamment à cause d’embarcations surchargées et mal entretenues ; exigez un gilet de sauvetage et refusez un bateau bondé.

Côté photo, réglez votre appareil en rafale et gardez l’objectif pointé sur la zone où l’animal a fait surface. Ne comptez pas sur un saut spectaculaire : l’espèce en fait rarement.

Combiner les dauphins avec le reste de votre voyage

Un séjour à Bardia ou à Koshi Tappu ne se résume pas aux dauphins, qu’il ne faut jamais considérer comme acquis :

  • À Bardia, on vient surtout pour le tigre, que l’Office du tourisme dit plus souvent observé ici que dans les autres parcs nationaux, mais aussi pour les éléphants, le rhinocéros unicorne et les oiseaux.
  • Sur la Karnali, les descentes en rafting de plusieurs jours offrent une autre manière de parcourir la rivière : voyez notre page sur le rafting sur la Karnali, la Kali Gandaki et la Sun Kosi.
  • À Koshi Tappu, l’ornithologie est reine : voyez notre guide de l’observation des oiseaux au Népal.
  • Partout dans le Teraï, les gavials et les crocodiles des marais partagent les mêmes rivières : notre page sur le gavial vous aidera à les reconnaître.

Budget et formalités au 14 octobre 2026

Nous n’avons trouvé aucun permis propre à l’observation des dauphins : vous payez le droit d’entrée de l’aire protégée et le prix de votre guide ou de votre embarcation. Repères :

  • Parc national de Bardia : 1 500 NPR pour un étranger, 750 NPR pour un ressortissant de l’ASACR et 100 NPR pour un Népalais, selon la presse népalaise (juillet 2025).
  • Réserve de Koshi Tappu : 1 000 NPR par personne et par jour pour un étranger, 500 NPR pour un ressortissant de l’ASACR et 50 NPR pour un Népalais, selon l’Office du tourisme.
  • Guides, bateaux et rafting : tarifs fixés par les prestataires ; demandez un prix écrit, gilet de sauvetage compris.

Pour convertir : 1 USD vaut environ 153 NPR, 1 € environ 171 NPR et 1 $ CA environ 107 NPR (Nepal Rastra Bank, 13 octobre 2026). Pour l’accès à l’Ouest, notre page sur Nepalgunj, porte de Bardia, vous aidera à préparer le trajet, et notre page sur la faune du Népal présente les autres espèces à guetter.

Questions fréquentes

Y a-t-il des dauphins au Népal ?

Oui : le dauphin du Gange, un dauphin d’eau douce, vit dans quelques rivières du Teraï, surtout la Mohana et la Pathariya, affluents de la Karnali dans l’Ouest, et la Koshi à l’Est ; il est devenu très rare dans la Karnali elle-même.

Où voir le dauphin du Gange au Népal ?

Dans la Koshi, à la réserve de Koshi Tappu, où 22 dauphins ont été comptés en 2025, et dans la Mohana, dans le district de Kailali (54 recensés). Au bord du parc national de Bardia, le parc n’en a plus trouvé que 3 dans la Karnali fin 2025. Aucune observation n’est garantie.

Combien reste-t-il de dauphins du Gange au Népal ?

Nous n’avons pas trouvé de total national récent. Les derniers comptages publiés donnent 54 dauphins dans la Mohana, 3 dans la Karnali et 1 dans la Geruwa (Kathmandu Post, décembre 2025), et 22 dans la Koshi à Koshi Tappu (Kantipur, juin 2025).

Quelle est la meilleure saison pour observer les dauphins ?

La saison sèche, de fin octobre à avril. Pendant la mousson, de juillet à septembre, les dauphins se dispersent dans les petits affluents et l’eau trouble rend l’observation aléatoire.

Le dauphin du Gange est-il menacé ?

Oui. Il est classé « en danger » par l’UICN et inscrit aux annexes I et II de la Convention sur les espèces migratrices ; barrages, pollution, prélèvements d’eau et pêche le menacent.

Combien coûte l’entrée à Bardia et à Koshi Tappu ?

Pour un étranger, 1 500 NPR à Bardia selon la presse népalaise (juillet 2025) et 1 000 NPR par jour à Koshi Tappu selon l’Office du tourisme ; guides et bateaux sont en sus.

Vous préparez un voyage au Népal ? Retrouvez toutes nos réponses dans le guide complet, ou partez avec un petit groupe francophone accompagné par Louis-Simon Roy, du 3 au 23 novembre 2027.

Je découvre le voyage guidé Le guide complet du Népal

Sources consultées