Cannabis et drogues au Népal : ce que dit la loi, les sanctions et les pièges à éviter

Par Louis-Simon Roy, qui a vécu au total 8 ans au Népal au cours des 15 dernières années · Informations vérifiées le

En bref

  • Au 14 octobre 2026, le cannabis reste interdit au Népal : culture, achat, vente, détention, transport et consommation tombent sous la loi sur les stupéfiants de 1976.
  • La simple consommation de cannabis est passible de jusqu’à un mois de prison ; la vente, le transport ou le stockage, de jusqu’à trois mois sous 50 g et jusqu’à dix ans au-delà de 10 kg.
  • La loi de la province de Gandaki (août 2026) n’autorise que la culture médicale et industrielle sous licence : l’usage récréatif reste illégal, à Pokhara comme ailleurs.
  • Le Canada et la France décrivent une législation très sévère : selon les cas, les peines peuvent aller jusqu’à la prison à vie.
  • Les contrôles visent aussi les petites quantités : en mars 2026, deux voyageurs arrivant de Bangkok ont été arrêtés à l’aéroport de Katmandou pour un peu plus de 3 grammes.
  • Médicaments : emballage d’origine, copie de l’ordonnance et note du médecin ; cannabis médical et produits au CBD restent à la maison.

Le cannabis au Népal entretient bien des malentendus. La plante est originaire du pays, des fidèles la fument ouvertement pendant la fête de Shivaratri, la route des hippies passait par Katmandou dans les années 1970, et une province vient d’en légaliser la culture médicale. Pourtant, la loi népalaise est sans ambiguïté : le cannabis est interdit, et un voyageur pris à en acheter, en transporter ou en consommer s’expose à la prison, à une amende, voire à l’expulsion. Voici ce que dit la loi, les sanctions prévues, ce que change réellement la nouvelle loi du Gandaki et les précautions à prendre, y compris pour vos médicaments. Informations vérifiées le 14 octobre 2026.

Cannabis au Népal : ce que dit la loi

Le texte de référence est la loi sur le contrôle des stupéfiants (Narcotic Drugs Control Act), adoptée en 1976, soit 2033 dans le calendrier népalais. Elle range le cannabis parmi les stupéfiants, aux côtés de l’opium et de la coca, et interdit de le cultiver, de le produire, de le préparer, de l’acheter, de le vendre, de l’importer, de l’exporter, de le stocker, de le transporter et de le consommer. Selon le résumé publié par le média népalais Onlinekhabar, deux points méritent l’attention du voyageur :

  • la loi s’applique à tous, citoyens népalais comme étrangers présents dans le pays ;
  • lorsque de la drogue est trouvée sur une personne ou chez elle, c’est à cette personne de prouver qu’elle la détenait légalement : faute de quoi, l’infraction est présumée.

L’agence Associated Press le rappelait encore le 5 août 2026 : au niveau national, la culture, la détention et l’usage du cannabis sont interdits au Népal. La loi ne prévoit aucune tolérance pour l’usage personnel, contrairement à ce que laissent croire certains récits de voyage.

Quelles sanctions pour le cannabis ?

La loi prévoit des peines graduées selon l’acte et la quantité. Voici le barème pour le cannabis, tel que résumé par Onlinekhabar :

Infraction liée au cannabisPeine prévue par la loi de 1976
ConsommationJusqu’à 1 mois de prison ou amende jusqu’à 2 000 NPR
Culture de 25 plants au plusJusqu’à 3 mois de prison ou amende jusqu’à 3 000 NPR
Culture de plus de 25 plants3 ans de prison ou amende de 5 000 à 25 000 NPR
Achat, vente, transport, stockage : jusqu’à 50 gJusqu’à 3 mois de prison ou amende jusqu’à 3 000 NPR
De 50 à 500 gDe 1 mois à 1 an de prison ; amende de 1 000 à 5 000 NPR
De 500 g à 2 kgDe 6 mois à 2 ans de prison ; amende de 2 000 à 10 000 NPR
De 2 à 10 kgDe 1 à 3 ans de prison ; amende de 5 000 à 25 000 NPR
10 kg et plusDe 2 à 10 ans de prison ; amende de 15 000 à 100 000 NPR

L’agence AP résume la même échelle en 2026 : jusqu’à un mois de prison pour la détention de cannabis à usage personnel, jusqu’à dix ans pour la distribution et la vente, selon la quantité saisie. Pour le trafic d’opium, de cocaïne et des autres stupéfiants, les peines sont bien plus lourdes : au-delà de 100 grammes, elles vont de 15 ans à la prison à perpétuité. Le gouvernement du Canada résume la situation sans détour : les peines pour la possession, l’usage ou le trafic de drogues illicites sont sévères et peuvent aller jusqu’à l’emprisonnement à perpétuité, avec de lourdes amendes. La France parle, elle, d’une législation « très sévère » sur la consommation et le trafic, avec des peines qui peuvent aller jusqu’à la prison à vie.

Ne vous fiez pas au montant modeste de certaines amendes : pour un étranger, une interpellation peut aussi déboucher sur une procédure d’expulsion. Le ministère français des Affaires étrangères prévient que les étrangers visés par une décision d’expulsion peuvent rester plusieurs semaines en rétention administrative, dans des conditions particulièrement rigoureuses.

La loi du Gandaki : ce qu’elle change, et ce qu’elle ne change pas

C’est l’actualité qui sème le trouble. L’assemblée de la province de Gandaki, celle de Pokhara et des Annapurnas, a adopté en juillet 2026 une loi sur la culture du cannabis à des fins médicales et industrielles. Le chef de la province l’a authentifiée le lundi 3 août 2026, après un second vote sans amendement. Selon le Kathmandu Post, elle prévoit :

  • une culture réservée aux titulaires d’une licence, dans des zones désignées par le gouvernement provincial ;
  • un taux de THC limité à 0,3 %, à respecter avant toute récolte, tout stockage, tout transport ou toute vente ;
  • des licences de cinq ans, accordées après une procédure en trois étapes et sous contrôle strict de la récolte et du transport.

Ce que la loi ne change pas : l’usage récréatif et la culture non autorisée restent illégaux, et toute infraction grave relève toujours de la loi nationale sur les stupéfiants. Début août 2026, aucune licence ne pouvait encore être délivrée, faute des règlements d’application. Le gouverneur avait d’ailleurs d’abord renvoyé le texte en raison de possibles conflits avec la loi fédérale. Pour un voyageur à Pokhara, rien n’a donc changé : acheter ou fumer du cannabis y reste un délit. Pour découvrir la région sous un meilleur jour, lisez notre page sur la province de Gandaki.

Shivaratri, sadhus et vieux souvenirs hippies

Le cannabis reste associé à certaines fêtes religieuses. Pendant Maha Shivaratri, la grande fête de Shiva, des fidèles fument du cannabis dans les temples dédiés au dieu, et les autorités le tolèrent généralement, rapporte l’agence AP. Cette tolérance tient à un contexte religieux précis : elle ne rend pas le cannabis légal et ne couvre pas un touriste qui partagerait une pipe avec un sadhu devant l’objectif. Notre page sur Maha Shivaratri à Pashupatinath explique comment assister à la fête avec respect, et celle sur les sadhus comment les photographier sans impair.

Quant aux années hippies, elles appartiennent à l’histoire : selon AP, le Népal a rejoint dans les années 1970 les pays qui interdisaient le cannabis, ce qui a fait fuir les hippies venus jusqu’ici. Pour revivre cette époque à Katmandou sans risque, voyez notre page sur Freak Street.

Dealers, colis et bagages : les pièges à éviter

Le ministère français des Affaires étrangères note que de nombreux vendeurs de rue proposent de la drogue au Népal, et que les voyageurs qui acceptent mettent en jeu leur santé et prennent des risques importants. Vous ne savez ni ce que contient le produit, ni à qui vous avez affaire : refusez poliment et passez votre chemin.

Le transport est l’autre piège. Le gouvernement du Canada martèle deux règles : ne transportez jamais de cadeau, de colis ou de bagage pour le compte d’une autre personne, et faites toujours vos valises vous-même. Les contrôles à l’aéroport de Katmandou visent aussi les petites quantités : le 17 mars 2026, Radio Nepal rapportait l’arrestation de deux ressortissants indiens arrivés de Bangkok avec 3,16 grammes d’une substance assimilée au cannabis. Si votre itinéraire passe par un pays où le cannabis est légal ou toléré, ne rapportez rien, pas même un emballage oublié au fond d’un sac. Nos conseils généraux sont réunis dans nos pages le Népal est-il sûr en 2026 ? et arnaques touristiques au Népal.

Médicaments, cannabis médical et CBD

Un traitement légal chez vous peut poser problème à la frontière. Pour les médicaments, le gouvernement du Canada recommande :

  • de garder chaque médicament dans son emballage d’origine étiqueté, avec une liste de tous vos traitements ;
  • d’emporter une copie de l’ordonnance indiquant les noms génériques et commerciaux, ainsi qu’une note du médecin expliquant pourquoi vous les prenez ;
  • de prévoir une quantité suffisante pour tout le voyage ;
  • de vérifier la légalité de vos médicaments dans le pays de destination auprès de ses représentants, ici l’ambassade ou le consulat du Népal.

Le cannabis médical et les produits au CBD sont un cas à part. Le gouvernement du Canada rappelle qu’il est illégal de faire passer la frontière canadienne à du cannabis ou à des produits contenant du cannabis, CBD compris, sans autorisation, et qu’une autorisation canadienne ne garantit pas que le pays de destination l’accepte. Nous n’avons trouvé aucune exception pour le CBD dans les textes népalais consultés : laissez ces produits chez vous. Pour composer votre trousse, voyez nos pages trousse à pharmacie pour le Népal et pharmacies au Népal. Pour un traitement particulier, consultez un professionnel de santé ou une clinique santé-voyage avant le départ.

Si vous êtes arrêté

Votre passeport ne vous protège pas : à l’étranger, vous êtes entièrement soumis aux lois du pays, rappelle le gouvernement du Canada, et votre nationalité ne vous confère ni immunité ni traitement préférentiel. Demandez immédiatement à joindre votre ambassade. Ses agents peuvent vous aider à joindre votre famille et vous fournir une liste d’avocats locaux, mais ils ne peuvent pas vous faire sortir de prison, intervenir dans une enquête ni payer vos frais de justice. Gardez sur vous les coordonnées de votre représentation : elles figurent sur nos pages ambassades et consulats francophones à Katmandou et numéros d’urgence au Népal.

Nos conseils pour un voyage sans ennuis

  1. N’achetez rien, ne consommez rien, même dans un contexte festif ou religieux.
  2. Refusez les offres de rue sans engager la conversation.
  3. Faites vos bagages vous-même et ne transportez rien pour personne, même un « cadeau ».
  4. Voyagez avec des médicaments en règle : emballage d’origine, ordonnance, note du médecin.
  5. Laissez le CBD et le cannabis médical chez vous.
  6. Méfiez-vous des récits anciens : la tolérance de Shivaratri et la nouvelle loi du Gandaki ne valent pas autorisation.

Le Népal se vit très bien sans tout cela : ses fêtes, ses sentiers et ses temples offrent bien assez d’émotions. Pour préparer le reste de votre séjour, notre page pilier voyage au Népal réunit tous nos guides.

Questions fréquentes

Le cannabis est-il légal au Népal ?

Non. Au 14 octobre 2026, la loi sur les stupéfiants de 1976 interdit la culture, l’achat, la vente, la détention, le transport et la consommation de cannabis dans tout le pays. La loi du Gandaki de 2026 ne vise que la culture médicale et industrielle sous licence.

Que risque-t-on pour avoir fumé du cannabis au Népal ?

La consommation est passible d’un mois de prison au plus ou d’une amende pouvant atteindre 2 000 NPR. La vente, le transport ou le stockage exposent à des peines allant de trois mois au plus sous 50 g jusqu’à dix ans au-delà de 10 kg, et un étranger risque en plus l’expulsion.

Le cannabis est-il légal à Pokhara depuis la loi du Gandaki ?

Non. La loi de la province de Gandaki, authentifiée le 3 août 2026, n’autorise que la culture à des fins médicales et industrielles par des titulaires de licence, avec un taux de THC limité à 0,3 %. L’usage récréatif reste illégal.

Les fidèles fument-ils légalement du cannabis à Shivaratri ?

Pendant Maha Shivaratri, des fidèles fument du cannabis dans les temples de Shiva et les autorités le tolèrent généralement, selon l’agence AP. Cette tolérance ne rend pas le cannabis légal et ne protège pas un touriste.

Peut-on apporter des médicaments contenant des stupéfiants au Népal ?

Gardez-les dans leur emballage d’origine avec une copie de l’ordonnance et une note du médecin, et vérifiez leur légalité auprès de l’ambassade du Népal avant de partir. Laissez chez vous le cannabis médical et les produits au CBD.

Que faire si l’on est arrêté pour drogue au Népal ?

Demandez à joindre votre ambassade : elle peut vous aider à contacter vos proches et fournir une liste d’avocats, mais elle ne peut ni vous faire libérer ni payer vos frais de justice. Les étrangers expulsés peuvent passer plusieurs semaines en rétention.

Vous préparez un voyage au Népal ? Retrouvez toutes nos réponses dans le guide complet, ou partez avec un petit groupe francophone accompagné par Louis-Simon Roy, du 3 au 23 novembre 2027.

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Sources consultées