Freak Street (Jhochhen) : la rue des hippies de Katmandou, hier et aujourd’hui

Par Louis-Simon Roy, qui a vécu au total 8 ans au Népal au cours des 15 dernières années · Informations vérifiées le

En bref

  • Freak Street est le surnom de Jhochhen Tole, une courte rue de la vieille ville de Katmandou, juste au sud de Durbar Square ; on la parcourt en 5 à 10 minutes à pied.
  • Des années 1960 au milieu des années 1970, c’était l’étape mythique de la route des hippies : le haschich s’y vendait légalement, et Katmandou comptait plus de trois douzaines de boutiques sous licence.
  • L’interdiction, annoncée le 2 juillet 1973, est entrée en vigueur le 16 juillet 1973 ; le cannabis reste illégal au Népal et les peines sont sévères.
  • Il reste une rue calme bordée de maisons newar, avec quelques cafés de l’époque, des guesthouses simples, un sanctuaire de Bhairab et une librairie d’occasion.
  • Durbar Square, au bout de la rue, est payant : 1 000 NPR pour les étrangers hors ASACR et 500 NPR pour l’ASACR (tarifs rapportés en septembre 2025).

Freak Street, c’est le surnom que les années 1960 ont donné à Jhochhen Tole, une courte rue de la vieille ville de Katmandou, juste au sud de Durbar Square. Pendant une quinzaine d’années, elle a été l’étape mythique de la « route des hippies », quand de jeunes Occidentaux arrivaient d’Europe par la route pour trouver au Népal du haschich vendu légalement. Cette époque s’est achevée en 1973. Aujourd’hui, Freak Street est une rue calme, bordée de maisons newar, où l’on vient pour l’histoire, quelques cafés à l’ancienne et l’atmosphère de la vieille ville. Voici son histoire, ce qu’il reste à voir, ce que dit la loi sur le cannabis et nos conseils pratiques. Informations vérifiées le 14 octobre 2026.

Freak Street en bref

RepèreCe qu’il faut savoir
Nom népalaisJhochhen Tole (ou Jhochhen Tol)
SituationVieille ville de Katmandou, juste au sud de Durbar Square (Basantapur)
LongueurMoins d’un kilomètre : 5 à 10 minutes à pied (Nepal Traveller)
Âge d’orDu début des années 1960 au milieu des années 1970
Fin du haschich légalInterdiction annoncée le 2 juillet 1973, appliquée le 16 juillet 1973
Aujourd’huiRue calme : cafés, guesthouses simples, boutique de masques, librairie d’occasion
Billet à prévoirDurbar Square : 1 000 NPR (étrangers hors ASACR), 500 NPR (ASACR)

D’où vient le nom de Freak Street ?

Selon Nepal Traveller, ce sont les habitants qui, dans les années 1960, ont commencé à appeler la rue « Freak Street », en raison de l’allure jugée étrange, « freak », des hippies qui s’y retrouvaient. Le surnom est resté, au point d’éclipser chez les voyageurs le nom népalais de Jhochhen Tole. Si vous demandez votre chemin ou prenez un taxi, donnez les deux noms.

L’âge d’or de la route des hippies

Dans les années 1960 et au début des années 1970, de jeunes Occidentaux gagnaient Katmandou par la route, depuis l’Europe, via l’Afghanistan et l’Inde (Kathmandu Post). Le Népal faisait alors figure d’exception : le cannabis s’y vendait légalement, dans des boutiques sous licence. Selon le Kathmandu Post, la ville comptait plus de trois douzaines de ces échoppes.

La plus célèbre, l’Eden Hashish Centre, occupait un bâtiment traditionnel de cinq étages à l’entrée de Jhochhen. Son fondateur, arrivé en bus de Baitadi en 1967, éditait des calendriers illustrés de dieux et de déesses, devenus depuis des objets de collection (Kathmandu Post, 2018).

Les autorités toléraient ces petites colonies tant qu’elles ne causaient pas de troubles. Un diplomate américain, consul à Katmandou de 1969 à 1971, raconte dans les archives orales de l’ADST que les fauteurs de troubles étaient parfois embarqués dans des camions et reconduits vers l’Inde, et que certains revenaient à Katmandou à bord du même camion, qui les attendait un peu plus loin sur la route après le poste frontière.

1973 : la fin du haschich légal

Le vent tourne au début des années 1970. Les États-Unis font pression sur Katmandou pour mettre fin à ce commerce : le Kathmandu Post rappelle la visite du vice-président américain Spiro Agnew en 1970 pour négocier sur la politique antidrogue. Le 2 juillet 1973, le Premier ministre Kirti Nidhi Bista annonce l’interdiction du cannabis, avec un délai de deux semaines. Le 16 juillet 1973, une ordonnance révoque toutes les licences de culture et de vente.

Le fondateur de l’Eden Hashish Centre peint alors en noir les murs de sa boutique, en signe de protestation (Kathmandu Post). La scène s’éteint peu à peu : à la fin des années 1970, la route des hippies s’est largement dissoute (Nepal Traveller). Les voyageurs se tournent vers le trek et le tourisme culturel, et le quartier de Thamel devient le nouveau centre des voyageurs (The Longest Way Home). Selon ce même guide, Freak Street est restée calme jusque vers 2015, quand quelques nouveaux restaurants ont ouvert ; la pandémie les a durement frappés, et beaucoup servent désormais surtout une clientèle locale ou ont fermé.

Ce qu’il reste à voir aujourd’hui

Ne vous attendez pas à un musée de la contre-culture : Freak Street est aujourd’hui « plus calme, mais pas oubliée », résume Nepal Traveller (avril 2026). Sa longueur se parcourt en 5 à 10 minutes, mais elle se savoure lentement. Ouvrez l’œil :

  • les maisons newar en brique qui bordent la rue ;
  • un sanctuaire de Bhairab et quelques chaityas bouddhistes, petits stupas de pierre ;
  • une boutique de masques tibétains sculptés dans le bois et une librairie d’occasion, « la dernière de son genre » selon The Longest Way Home ;
  • quelques cafés de l’époque hippie, qui servent toujours gâteaux et crumble aux pommes ;
  • les ruelles latérales, qui s’enfoncent dans la vieille ville.

Les amateurs de livres anciens prolongeront la balade avec notre page librairies à Katmandou.

Le cannabis au Népal aujourd’hui : ce que dit la loi

Malgré la légende de la rue, le cannabis est interdit au Népal depuis 1973. Le gouvernement du Canada rappelle que les peines pour la possession, l’usage ou le trafic de drogues illicites sont sévères, avec de longues peines de prison pouvant aller jusqu’à la perpétuité, et de lourdes amendes. Le débat sur une éventuelle légalisation revient régulièrement dans la presse népalaise, comme dans une tribune du Kathmandu Post en 2019, mais au 14 octobre 2026 la règle est simple pour le voyageur : n’achetez rien, ne transportez rien, et refusez poliment toute proposition dans la rue.

Le détail des règles est expliqué sur notre page cannabis et drogues au Népal : ce que dit la loi.

Visiter Freak Street et Durbar Square : billet et conseils

Freak Street mène à Basantapur, la partie sud de Durbar Square, l’ensemble de palais et de temples de l’ancienne cour royale. Nous n’avons trouvé aucune source mentionnant un billet propre à Freak Street ; l’accès au site de Durbar Square, en revanche, est payant pour les étrangers :

VisiteurDroit d’entrée à Durbar SquareSource
Étranger hors ASACR1 000 NPRRSS, repris par Onlinekhabar (septembre 2025)
Ressortissant d’un pays de l’ASACR500 NPRRSS, repris par Onlinekhabar (septembre 2025)
Citoyen népalaisGratuit (le musée reste payant)RSS, repris par Onlinekhabar (septembre 2025)
Enfant de moins de 10 ansGratuitNepal Traveller (juillet 2026)

Au taux de la référence commune (1 € ≈ 171 NPR ; 1 $ CA ≈ 107 NPR), 1 000 NPR représentent un peu moins de 6 € ou un peu plus de 9 $ CA. Selon Nepal Traveller, le billet couvre le complexe principal, dont le musée Tribhuvan ; gardez-le sur vous, car il peut être demandé quand vous passez d’une partie du site à l’autre. Si vous logez dans le quartier plusieurs jours, demandez au bureau du site s’il existe une formule valable plusieurs jours.

Quelques conseils pour une visite réussie :

  • Venez tôt le matin pour la lumière et le calme, comme le conseille Nepal Traveller.
  • Ne photographiez pas la Kumari, la déesse vivante, lorsqu’elle apparaît à sa fenêtre : c’est interdit.
  • Habillez-vous sobrement : Durbar Square reste un lieu de culte.
  • Surveillez vos affaires : le gouvernement du Canada signale des vols à la tire fréquents près des sites touristiques et une nette hausse de la criminalité pendant la saison des festivals, de septembre à novembre. Nos conseils sont sur la page vols et pickpockets au Népal.

Pour vivre le quartier en fête, Nepal Traveller suggère de faire coïncider la visite avec une célébration comme Indra Jatra, la grande fête de Katmandou.

Dormir à Freak Street ?

Quelques guesthouses économiques subsistent dans la rue et ses abords, héritières des lodges bon marché de l’époque hippie. The Longest Way Home note que très peu acceptent les réservations en ligne : le plus simple est de passer et de demander à voir la chambre avant de payer. C’est une option pour qui veut loger au cœur de la vieille ville, au calme, à deux pas de Durbar Square, avec un confort simple.

Pour un choix plus large, Thamel reste le quartier le plus pratique, surtout avant un trek. Notre comparatif où dormir à Katmandou vous aidera à choisir.

Une promenade de Freak Street à Thamel

Freak Street est le point de départ idéal d’une promenade à pied dans la vieille ville, du sud vers le nord :

  1. Freak Street, lentement, avec un détour par les ruelles latérales ;
  2. Basantapur et Durbar Square, billet en poche, pour les temples, le palais et la maison de la Kumari ;
  3. Indra Chowk et Asan, les vieux marchés de la ville (voir notre page marchés d’Asan et d’Indra Chowk) ;
  4. Thamel, pour finir la journée.

Notre page promenade à pied dans Katmandou détaille ce parcours étape par étape. Comptez une demi-journée en prenant le temps de visiter Durbar Square.

Freak Street dans votre voyage

Freak Street ne justifie pas un détour à elle seule, mais elle donne de la profondeur à la visite de Durbar Square : en quelques minutes de marche, on passe des palais royaux aux souvenirs d’une génération venue chercher au Népal une autre façon de vivre. Prenez un thé dans un vieux café, regardez les façades, et laissez la vieille ville vous emmener plus loin. Si vous préférez découvrir Katmandou accompagné, pensez à notre voyage guidé francophone de 21 jours, du 3 au 23 novembre 2027, accompagné par Louis-Simon Roy. Et pour préparer tout le reste, rendez-vous sur notre page pilier voyage au Népal.

Questions fréquentes

Où se trouve Freak Street à Katmandou ?

Freak Street, de son nom népalais Jhochhen Tole, est une courte rue de la vieille ville, juste au sud de Durbar Square (Basantapur). On la parcourt en 5 à 10 minutes à pied.

Pourquoi s’appelle-t-elle Freak Street ?

Dans les années 1960, les habitants l’ont surnommée ainsi à cause de l’allure jugée étrange, « freak », des hippies qui s’y retrouvaient pour le haschich, alors vendu légalement dans des boutiques sous licence.

Quand le haschich a-t-il été interdit au Népal ?

L’interdiction a été annoncée le 2 juillet 1973 par le Premier ministre Kirti Nidhi Bista et appliquée le 16 juillet 1973, date à laquelle toutes les licences de culture et de vente ont été révoquées.

Le cannabis est-il légal au Népal aujourd’hui ?

Non. Au 14 octobre 2026, le cannabis reste illégal et le gouvernement du Canada rappelle que les peines pour possession, usage ou trafic sont sévères, jusqu’à la prison à perpétuité.

Faut-il un billet pour visiter Freak Street ?

Nous n’avons trouvé aucune source mentionnant un billet propre à la rue. Durbar Square, au bout de la rue, est payant pour les étrangers : 1 000 NPR hors ASACR et 500 NPR pour l’ASACR, selon les tarifs rapportés en septembre 2025.

Peut-on dormir à Freak Street ?

Oui, quelques guesthouses économiques subsistent. Peu acceptent les réservations en ligne : passez demander à voir la chambre. Pour un choix plus large, Thamel reste plus pratique.

Vous préparez un voyage au Népal ? Retrouvez toutes nos réponses dans le guide complet, ou partez avec un petit groupe francophone accompagné par Louis-Simon Roy, du 3 au 23 novembre 2027.

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Sources consultées